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 Et refleuriront les lys...(Terminée)

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venusia45

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MessageSujet: Re: Et refleuriront les lys...(Terminée)   Mer 6 Avr 2016 - 12:59

Oui je reçois une notification de temps en temps mais là, il y avait au moins 5 messages que je n'avais pas vus Evil or Very Mad
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Oscar1965

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MessageSujet: Re: Et refleuriront les lys...(Terminée)   Mer 6 Avr 2016 - 16:23

venusia45 a écrit:
Oui je reçois une notification de temps en temps mais là, il y avait au moins 5 messages que je n'avais pas vus Evil or Very Mad

Evil or Very Mad Evil or Very Mad Cela m'arrive souvent.... Rolling Eyes
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Gurendaizä

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MessageSujet: Re: Et refleuriront les lys...(Terminée)   Mer 6 Avr 2016 - 19:22

Cela m'arrive aussi ! Rolling Eyes

_________________
Goldorak, Go !     グレンダイザー    Gurendaizä go ! 
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Kass01

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MessageSujet: Re: Et refleuriront les lys...(Terminée)   Ven 13 Mai 2016 - 11:12

Oscar1965 a écrit:
C'est que je voulais rendre Actaée unique...

Merci Lamarmotte!

J'en ai eu les larmes aux yeux en le lisant. J'ai une fille unique et c'est la seule que je n'aurais jamais, je sais ce qu'ils ont pu ressentir en perdant le bébé, j'ai mis du temps à accepter et à faire la paix avec cela et à faire mon deuil d'une grossesse future.

Je tiens à ma fille comme je n'ai jamais tenu à quelqu'un, par contre j'espère lui donner plus d'espace que ma mère m'en a donner et il semble qu'elle à mon caractère donc on va en baver maintenant qu'elle est au porte de l'adolescence.

Merci pour cette magnifique histoire














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Oscar1965

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MessageSujet: Re: Et refleuriront les lys...(Terminée)   Ven 13 Mai 2016 - 12:05

Kass01 a écrit:
J'en ai eu les larmes aux yeux en le lisant. J'ai une fille unique et c'est la seule que je n'aurais jamais, je sais ce qu'ils ont pu ressentir en perdant le bébé, j'ai mis du temps à accepter et à faire la paix avec cela et à faire mon deuil d'une grossesse future.

Embarassed Embarassed Embarassed Sad Sad Sad Merci beaucoup, to com me touche vraiment. Je te comprend même si j'ai eu la chance d'avoir trois beau enfants. Chacun d'eux m'est aussi précieux que la prunelle de mes yeux.

Si tu as tout lu (ouf!), tu te demandes peut-être l'origine exacte d'Actaée (et de Sayari aussi tiens). J'avais écris Des lendemains qui chantentdont l'histoire se passe tout de suite après les événements du DA Wink

Si tu aimes les fanfics Goldo (ou Albator ou Lady Oscar), tu es sur le bon site, il suffit de creuser! Wink

Merci encore !
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Oscar1965

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MessageSujet: Re: Et refleuriront les lys...(Terminée)   Dim 15 Mai 2016 - 3:19

Voilà! Je ne vous avais pas abandonnés mais il était plus long à pondre celui-là. J'espère que vous aimerez...

Chapitre 25

« Père ? »

Un appel dans l’air du soir.

« Père… »

Un mot, un soupir et le sourire secret d’un prince derrière son masque. Il fut un temps où la jeune femme l’aurait appelé « papa », mais depuis quelques jours, elle avait acquis, à travers les épreuves une aura de maturité qui paradoxalement semblait l’éloigner de lui. Avec un pincement au cœur, Actarus mesura la différence entre la jeune femme grave et intense et la petite sauvageonne qui partait en cavale sur la plage avec sa jument, pieds nus, et revenait le soir avec des coquillages pour lui dans ses poches et des étoiles dans les yeux. Le respect avait doucement remplacé la familiarité. Tout naturellement, elle avait adopté cette appellation qu’il avait toujours utilisé lui-même avec le professeur Procyon.

Un éclair bleuté balafrant le coucher du soleil : Fossoirak était en approche.

« Actaée, ça va ? Comment as-tu pu approcher l’île ? La lance de feu…»

La jeune femme l’interrompit :

« Je ne crois pas qu’elle nous causera encore des ennuis. »

Elle était embarrassée. Comment expliquer en quelques mots l’aventure qu’elle venait de vivre ? Et comment justifier le fait qu’elle soit partie sans consulter son chef de patrouille ?Avant qu’elle ait pu formuler une réponse, ce fut Actarus qui reprit :

« Elle s’est arrêtée comme si elle avait manqué d’énergie mais je veux vérifier par moi-même ce qu’il en est. Suis-moi, je crois bien avoir repéré son point d’origine.»

À la fois étonnée de sa réaction et soulagée que les explications soient remises à plus tard, Actaée ne répliqua pas et engagea son appareil dans le sillage de Goldorak. Ce dernier se dirigeait vers une partie escarpée de la côte d’Hatohobei qui dominait la mer. À cet endroit, la forêt semblait cacher une structure massive, difficile à distinguer car bien camouflée par une peinture bariolée imitant le sous-bois. Actarus grogna :

- On dirait qu’ils ont utilisé un ancien bunker laissé ici par l’armée japonaise et datant de la dernière guerre mondiale. Très astucieux… Personne ne pourrait se douter que cette ouverture surplombant la mer cache la Yari.
- La…Yari ? Comment connais-tu son nom ? Et comment peux-tu être certain qu’elle part d’ici ?
- Par Sadir, il nous a tout raconté. Et regarde tous ces morceaux allongés de lave solidifiée tombés au pied de la falaise. Ils sont en ligne droite avec l’endroit où la lance m’a attaqué. Allons, finissons-en maintenant : Mégavolt !

Le bunker s’embrasa sous les rayons de la soucoupe et quelques arbres alentour se transformèrent en torches géantes mais lorsque le béton eut disparu, ils virent que la structure principale du la lance, cachée à l’intérieur du bunker et sans doute faite d’un alliage extra-terrestre, avait résisté à l’assaut. Cela ressemblait à un canon relié au sol par deux gros tuyaux et qui pouvait pivoter sur sa base sur trois-cent-soixante degrés. Actarus refit un passage au-dessus de la structure et lança :

-Planitronks !

Mais ceux-ci rebondirent sur la chose sans lui faire le moindre dommage. Actarus eut une exclamation de dépit :

- Ah mais ça suffit hein ! Transfert !

Et un petit moment plus tard :

- Autolargue !

Goldorak mit lourdement pied sur le bord de la falaise, entre les troncs encore brûlants.

- Astérohache !

La lame formidable fendit l’air avant de s’abattre sur l’énorme fût du canon. Le métal tint bon durant ce premier assaut mais le robot recommença, s’acharnant, déchiquetant petit à petit le tube qui finit par fendre et décrocher. Les débris retombèrent avec fracas parmi les morceaux de lave répandus au pied de la falaise.

Actarus respira profondément, satisfait de s’être enfin débarrassé de la Yari d’Hatohobei. Rappelant à lui la soucoupe, il s’adressa à sa fille :

- Allez, on rentre.
- Mais père, tu ne voudrais pas voir ces fameux habitants, descendants des hommes de Véga ?
Le ciel, maintenant d’un profond indigo laissait déjà paraître ses premières étoiles.
- Non, pas maintenant. Il me tarde de rejoindre ta mère.

Et d’une voix un peu sèche :

- Et je suis certain qu’elle apprécierait aussi ta présence. Que pensais-tu donc accomplir en te lançant ainsi toute seule ?

La jeune femme garda le silence. Elle pressentait qu’il était inutile de tenter de se justifier. Le moment n’était certainement pas propice pour qu’elle lui raconte ce qu’elle avait découvert dans les profondeurs de l’île. L’essentiel, c’était que la lance de feu fut définitivement neutralisée. Les explications et tout le reste pourraient venir plus tard.

***
La lave continuait de monter. Elle avait maintenant dépassé la limite maximum que pouvait contenir le réservoir. Sarpédon savait que maintenant les voyants de danger imminent devaient être en train de s’allumer partout sur les panneaux de contrôle en surface. Alpha, même s’il n’y connaissait pas grand-chose se douterait qu’un problème sérieux était survenu. Il tenterait peut-être d’y remédier mais le jeune homme savait qu’il n’y avait personne d’autre que lui qui puisse prévenir le désastre imminent.

Déjà, le liquide visqueux avait atteint le bas de la baie vitrée de son petit repaire. Bientôt, le niveau atteindrait la voûte de la grotte et la pression continuerait à monter. Cherchant une issue, le magma remonterait à travers toutes les fissures, tous les passages disponibles vers la surface. À quelle vitesse et avec quelle force cela se produirait, le jeune homme n’aurait su le dire. Mais les conséquences sur la petite communauté vivant là-haut seraient désastreuses.

Désespéré, Sarpédon frappa le mur du turbo-élévateur défectueux. Le matériau super résistant de la vitre devant lui se fendillait déjà. Des vapeurs sulfureuses envahirent rapidement le petit espace, rendant l’atmosphère irrespirable. Le jeune homme s’écroula lentement, se laissant glisser sur la paroi brûlante, aspirant l’air vicié, cherchant l’oxygène raréfié. Ses muqueuses lui semblaient s’être transformées en tisons ardents.

Ses pensées se portèrent vers sa cousine Shoro : que lui était-il donc arrivé ? Avait-elle été déjouée dans sa mission ? Était-ce pour cela que Goldorak était revenu ? Puis il revit sa mère, aigrie de chagrin et de solitude sur cette île maudite où elle avait dû cacher sa honte, tant d’années auparavant. Et enfin il s’excusa auprès des autres enfants de Véga qui allaient subir le feu de sa Yari.

« Pardonnez-moi…Je n’ai pas voulu… »

Au moment où la lave se déversa dans la petite salle de contrôle, s’immisçant dans les moindres recoins et embrasant les appareils déconnectés, Sarpédon eut tout de même le courage d’ouvrir les yeux une dernière fois sur la bête qu’il avait mise au monde avant que celle-ci ne le dévore tout entier, dans un concert de hurlements que personne ne put entendre.

***
Akai Tsuki* suspendit un instant son geste, laissant le chapeau de paille qu’elle était en train de tresser reposer sur ses genoux. Elle venait de sentir le sol vibrer sous ses pieds nus. La flamme de la bougie fichée sur une assiette ébréchée à ses côté venait de danser comme sous une douce brise. Mais il n’y avait pas de vent. Dans le soir naissant, elle pouvait entendre ses voisines qui préparaient le repas et les jeunes qui revenaient de leurs tâches quotidiennes en discutant. Elle avait dû rêver. Cela lui arrivait de plus en plus souvent, surtout depuis le départ de Shoro. Elle était inquiète pour sa fille qui ne lui avait plus envoyé de nouvelles depuis de nombreux jours. Personne dans la communauté n’avait quitté leur petit archipel depuis vingt ans mais Alpha avait désigné la jeune fille pour cette importante mission et Akai Tsuki était très fière d’elle.

La japonaise que tout le monde ici appelait respectueusement « ma tante » possédait un statut spécial et ce malgré le fait qu’elle ne sortait plus guère de sa maison. Horos avait aimé ce petit surnom pour elle et la jeune femme l’avait définitivement adopté le jour où il l’avait amenée sur cette île. Elle qui avait tout abandonné pour lui, qui lui avait donné une petite fille, ne s’était jamais vraiment remise de sa mort. Elle vivait pratiquement recluse et la réalité des choses et des gens semblait glisser sur elle comme l’eau sur une pierre inerte. Le sol trembla de nouveau mais Akai Tsuki se laissa simplement bercer et reprit son chapeau, chantonnant d’une voix douce.

***
Les jeunes gens, affamés après leur longue journée de travail, devisaient tranquillement sur le chemin du retour lorsque le premier séisme se produisit. Un léger tremblement, suivit d’un autre, bien plus long et plus intense. Aussitôt, lâchant leurs outils, la fille, qui s’appelait Léda, s’élança vers la hutte qu’elle partageait avec sa mère et quatre autres femmes. Cilix, le garçon aux cheveux longs fit de même pour rejoindre sa propre mère qu’on entendait crier à l’autre bout du village. Glaucos, resté seul, lâcha sa boite d’outils et se mit à trembler comme un chiot abandonné.

Soudain, une fissure apparut dans la poussière du sentier. Le jeune homme, fasciné, la vit s’élargir et s’allonger, croissant comme une sorte de plante vénéneuse, créant dans tous les sens des micro-fractures dans un bruit de sable qui glisse.

***
Alpha jura : la moitié des indicateurs de la console principale étaient à zéro alors que l’autre s’affolait. Deux alarmes sifflaient simultanément, hurlant leur message incompréhensible. La Yari n’avait pas fonctionné. Rien ne fonctionnait, Goldorak avait eu dix fois le temps de les retrouver et cet imbécile de Sarpédon ne revenait pas. Et maintenant l’île tremblait sans arrêt, un grondement sourd montant du creux de la terre, comme si la bête qui y résidait se réveillait péniblement en secouant ses chaînes, menaçante et en quête de liberté. Une étrange odeur de soufre commençait à se propager dans la pièce. Puisqu’il n’était pas question d’essayer de comprendre le fouillis d’informations contradictoires qui s’affichaient dans la salle de contrôle, Alpha ouvrit la porte avec la ferme intention de remettre la main sur le jeune homme en charge de cette catastrophe pour la lui faire payer.

Le village n’utilisait que bien peu d’électricité pour s’éclairer, conservant son apparence primitive tout en possédant la technologie et l’énergie rendant possible une arme comme la Yari. Dans le crépuscule, on ne voyait donc habituellement que quelques torches ou bougies devant les portes des cabanes. Mais ce soir, une multitude de lueurs rougeâtres parsemaient le sol, teintant de carmin un décor qui avait perdu toute sa familière apparente tranquillité. Des torches et des lampes de poches dansaient frénétiquement, éclairant des visages marqués par l’angoisse. On entendait des cris de frayeur retentir dans l’air moite et l’on sentait qu’une certaine panique s’emparait des habitants qu’on voyait courir en tous sens, les bras chargés d’improbables bagages.

De la lave s’écoulait lentement de multiples fissures qui apparaissaient un peu partout. Les longs doigts de feu couraient sur le sol, étreignaient les habitations avec une lenteur traîtresse et transformaient ces modestes cabanes en brasier. Le vent charriait des odeurs de bois brûlé et de soufre.

Alpha figea un moment sur place. Pour une fois, la situation demandait un dirigeant qui calmerait les inquiétudes et prendrait la direction des opérations. Mais l’homme était pétrifié de frayeur. Lui qui avait dirigé la puissante lance de feu sur ses ennemis se retrouvait désemparé devant la révolte de cette déesse de feu. Car c’était cela, à n’en point douter : quelque chose s’était détraqué dans les profondeurs de la terre et maintenant le magma, impossible à évacuer par la Yari, cherchait toutes les voies possibles vers la surface, détruisant tout sur son passage et forçant les habitants à s’enfuir.

Gagné par la panique, Alpha courut d’abord vers la cabine qu’il partageait avec les autres magisters avant de s’arrêter net : le sentier qui y menait n’existait tout simplement plus, envahi de craquelures qui allaient en s’élargissant, vomissant elles aussi de la lave bouillonnante. Il lui aurait fallu contourner deux autres cabanes et couper à travers une partie de la forêt pour y parvenir. Changeant de direction, il s’élança vers la plage où se trouvaient les cinq barques de la communauté. La plage grouillait déjà de femmes en pleurs, trainant derrière elles, emballées dans un drap ou entassées dans des paniers, leurs maigres possessions. Plusieurs jeunes gens vigoureux poussaient les barques dans l’eau. La mer était agitée de petites vaguelettes qui se propageaient en tous sens de concert avec les tressaillements du sol lorsque des vagues tout à fait hors de proportion ne venaient pas repousser les lourdes embarcations vers le rivage et détruire tous leurs efforts.

Alpha pouvait distinguer les deux autres magisters, leur haute stature et leur cagoule verte les distinguant facilement dans la cohue, qui s’étaient approprié des places dans l’une des barques. Lorsqu’il voulut les rejoindre, un grand gaillard, qui portait une femme plus âgée dans ses bras, se trouva soudain face à lui, le bousculant dans l’espoir d’arriver à se trouver une place disponible. Tous deux se trouvaient déjà dans l’eau jusqu’à la taille. Alpha les repoussa rudement, faisant tomber la femme des bras de son fils. Un autre jeune homme, qui assistait à la scène, une lourde rame dans les mains cria :

« Glaucos ! »

Aussitôt, il asséna un formidable coup de rame sur la tête du premier magister. Sonné, ce dernier s’écroula. Glaucos se releva et, attrapant de nouveau la vieille femme dans ses bras, il la fit passer dans la barque où l'autre jeune homme l’installa.

Dans les cris et les hurlements de frayeur, les habitants d’Hatohobei remplissaient les petites embarcations, dans le plus grand désordre, menaçant sans cesse de les faire chavirer. Personne ne se soucia du corps cagoulé qui glissait entre les jambes et sous les coques, un filet de sang aussi écarlate que la lave qui les faisait fuir s’échappant de son crâne défoncé.

***
Alors qu’ils avaient laissé l’île maudite depuis une heure à peine, Actaée vit son pyromètre s’emballer :

« Père ! Je détecte une intense chaleur à la surface d’Hatohobei ! »
« En effet, je la voit aussi. Pourtant cela ne ressemble pas à la Yari, c’est plus faible et diffus. »

La jeune fille revit en pensée le lac de lave souterrain et les tuyaux de sortie détruits. Une boule se forma dans son ventre. La gorge nouée, elle souffla :

« La lave… c’est la lave qui est remontée vers la surface… Père, avec la quantité que j’ai vue, l’île entière risque d’être détruite ! »

Actarus garda le silence un court instant, puis :

« Ça va, on y retourne. »

Les deux appareils décrivirent un arc de cercle géant et mirent de nouveau le cap vers l’île maudite.

***
La lave fluide avait voyagé sur toute l’île avec une telle vitesse qu’elle se trouvait maintenant sur la plage, recouvrant le sable, engouffrant les rochers et s’approchant de l’eau. La marée haute réduisait l’espace disponible aux fugitifs qui tentaient encore de s’entasser dans les barques.

Léda prit un instant Cilix à part :

- Ce n’est pas possible. Il n’y aura jamais assez de place pour tout le monde. Il faudrait que les gens cessent de vouloir emporter autant de choses !

Le jeune homme aux longs cheveux secoua la tête de dépit :

- Et la barque des magisters est déjà partie alors qu’il y aurait eu encore de la place !

Un nouveau tremblement de terre secoua l’île, les faisant tous les deux tomber. En se relevant, la jeune fille vit la lave la touchait presque. Cilix et elle allèrent rejoindre Glaucos qui revenait vers eux en marchant péniblement dans l’eau. Léda était effarée :

- Mais voyons Glaucos, tu n’es pas parti avec ta mère ?

Le colosse haussa les épaules :

- Il n’y avait plus de place de toute façon. Et puis… je voulais rester avec vous.

Les trois jeunes gens se retournèrent pour embrasser du regard leur île. La forêt où ils avaient grandi n’était plus qu’un grand brasier qui lançait dans le ciel d’été des millions de tisons à travers une épaisse et suffocante fumée, emportant avec lui le village caché. La lave atteignait enfin la mer en de longs plis et replis noirs et rouges, garnissant la côte comme les froufrous étouffés d’une robe de deuil. L’eau teintée de soufre réagissait en dégageant des vapeurs toxiques sans cesser d’aller et venir en vagues brûlantes.

L’une des barques, manœuvrée dans la panique par des gens aveuglés par les vapeurs alla se fracasser sur les rochers recouverts de lave encore liquide, s’enflammant instantanément. On entendit des cris, des hurlements et des plaintes qui allèrent en diminuant pour être enfin étouffés par le vent. Deux autres embarcations, trop lourdement chargées s’enlisèrent avant d’être rejointes par la lave anormalement liquide et rapide. Personne n’en réchappa. Ceux qui ne périrent pas dans les flammes des barques, finirent d’agoniser dans les flots bouillants. Léda se détourna en tremblant de la scène que cachait par endroit la vapeur poussée vers la côte. Cilix, impuissant, l’entoura de ses bras. Et fut Glaucos, le grand, le doux et si innocent Glaucos qui eut le courage de dire :

- C’est fini hein ? On n’en sortira pas ?

Désespéré, les trois amis se serrèrent les uns contre les autres et fermèrent les yeux alors que ce qui restait de la Yari de feu les rejoignait dans une mortelle embrassade.

***
Goldorak et Fossoirak arrivaient, leurs pilotes se guidant grâce au furieux panache de fumée qui obscurcissait les étoiles. Lorsqu’ils furent directement au-dessus de l’île, le vent repoussa un instant la fumée des nombreux incendies et Actaée aperçut la lave se déversant dans les ruisseaux et empruntant temporairement leur lit, formant des chutes et des torrents qui enflammaient la nuit. Le sol écartelé laissait voir le liquide incandescent bullant avec rage, formant des croûtes aussitôt rejetées, fendues, puis ravalées dans une macabre et incessante danse tectonique.

La jeune fille cherchait frénétiquement la trace des habitants mais le paysage n’avait plus rien de familier avec ce qu’elle avait connu seulement quelques heures plus tôt. On aurait dit quelque chose de vivant et de sauvage, un animal se rebellant d’avoir été domestiqué. Elle faisait des passages en rase-motte, cachée périodiquement par la fumée noire et étouffante. Inquiet de la voir prendre de tels risques, Actarus l’appela:

- Actaée, remonte ! Qu’est-ce que tu fabriques ?
- Le village… Si quelqu’un est encore là-dessous…
- Ils se sont peut-être enfuis par la mer ?

L’espoir s’alluma un instant dans l’âme tourmentée d’Actaée :

- Oh père ! J’espère que tu as raison ! Mais je voudrais m’assurer qu’il ne reste vraiment personne sur la terre ferme.
- D’accord, continue de vérifier par ici et je vais faire un passage au-dessus de l’océan mais je t’en supplie, soit prudente.
- Bien reçu père… et merci !

Goldorak décrivit un large arc, s’éloignant pour patrouiller la périphérie de l’île. Dès qu’il fut hors de vue, Actaée se fraya un passage encore plus bas, espérant repérer des signes de vie dans la clairière qu’elle venait d’apercevoir. Soudain, elle frémit : à la porte d’une hutte dont le toit commençait à s’enflammer, elle avait cru apercevoir une silhouette. Tout autour, des torrents rougeoyants, balayant tout sur leur passage avançaient, bloquant le passage à la personne immobile devant sa porte. Actaée posa en hâte son appareil à quelques mètres du liquide brûlant et en descendit. Une femme, debout devant sa maison l’observait, un chapeau de paille à la main. Elle mit sa main en visière pour mieux distinguer la nouvelle venue à travers les flammes et la fumée mais elle ne bougea point. La jeune fille allait s’élancer vers elle lorsqu’elle sentit le sol vibrer sous ses pieds. Là, sous son regard fasciné, une énorme crevasse venait de fendre le sol entre elle et la femme inconnue. Dans les profondeurs, elle crut voir une ouverture vers les enfers, la terre et les pierres étaient tout bonnement avalées par cette force de la nature, ingrédients tombés dans ce chaudron de sorcière ou de déesse en colère. À sa vue, la femme s’anima et cria :

- Shoro ? Shoro… c’est bien toi ma chérie ?

Actaée serra les poings : la mère de Shoro… C’était la mère de Shoro, cette jeune fille qui les avait tous trahis. Elle ne ressemblait en rien à sa fille. Elle devait bien avoir une tête de moins que la jeune pilote et on pouvait distinguer une longue tresse toute grise sur son épaule. Elle chiffonnait un chapeau de paille en se dandinant sur ses pieds nus à cause, sans doute, de la chaleur du sol. Derrière elle maintenant, sa petite maison n’était plus que flammes. Elle allait s’avancer vers la crevasse lorsqu’Actaée lui cria :

-Non ! Ne bougez surtout pas ! Je… je vais venir vous chercher !

Mais la vieille dame ne semblait pas l’entendre, toute à son illusion et à sa joie de revoir son enfant.

- Shoro ! Oh ma petite fille, je suis si heureuse !

Avant qu’Actaée ait pu faire quoi que ce soit, le sol céda sous les pas hésitants de la femme qui fut avalée par la bête affamée. Dans la nuit on n’entendit qu’un faible cri s’éteignant brusquement. Puis ce fut tout. Une agonie abrégée par le cruel baiser de la terre. La jeune fille allait s’élancer lorsqu’un bras lui encercla la taille et qu’un mot désespéré retentit à son oreille :

- Non !

Elle voulut se débattre, tenter encore de déjouer le sort mais des muscles puissants la retenaient et une voix grave lui murmurait tristement encore et encore :

- Non… c’est inutile, il est trop tard. Non…

Actarus. Il était revenu la chercher. Il la pressait sur son cœur tout en cherchant à détourner son regard de la scène horrible dont elle venait d’être témoin. En cet instant, Actaée sentit ses forces l’abandonner. Elle. Elle était la cause de tout cela. Elle avait cru se débarrasser de la Yari mais le réservoir avait certainement continué à se remplir après son départ. Et maintenant le village était détruit et cette femme venait de mourir sous ses yeux d’une manière atroce. Elle éclata en sanglots. Des sons rauques et sauvages, secs de larmes. La tête enfouie sur l’épaule paternelle, elle sentit ses jambes se dérober. Actarus la soutint, la berçant de mots sans suite, comme lorsqu’elle était enfant :

-Oh ma petite chérie, je suis désolée, là…

***
Quelques minutes plus tard, les deux vaisseaux s’éloignèrent une dernière fois de ce qui avait été Hatohobei. Provoqués par les violentes secousses sismiques sous-marines, des vagues gigantesques tachées de soufre comme d’immenses dentelles jaunes allaient bientôt tout balayer, effaçant pour toujours la présence des habitants venus de l’espace et de leurs descendants. Rapidement, les pilotes ne distinguèrent plus les rivages tourmentés et ne purent repérer l’île que grâce aux éclairs fugitifs crées par la fumée couronnant la naissance lente et inéluctable d’une nouvelle île volcanique qui allait un jour remplacer cette Atlantide des temps modernes.


Terres inconnues

Aux frontières de la folie
le cerveau déploie ses facultés
tatouages étranges
âme daltonienne
ironie du présent
fable inquiétante
Je regarde le monde avec les yeux d’un séraphin
les couleurs se mélangent
se blessent
Je régurgite la douleur
de mes aïeux
J’erre parmi les autres
en sursis
une fine pluie dorée
tombe sur mes rêves
Je suis le gouffre du monde
sans fin.**

*Lune rouge
**Sybille Rembard
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anterak 08

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MessageSujet: Re: Et refleuriront les lys...(Terminée)   Dim 15 Mai 2016 - 11:56

merci Oscar Very Happy
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Oscar1965

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MessageSujet: Re: Et refleuriront les lys...(Terminée)   Dim 15 Mai 2016 - 12:09

Mais de rien Antérak! Wink
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hikaru

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MessageSujet: Re: Et refleuriront les lys...(Terminée)   Dim 15 Mai 2016 - 12:48

Wouah! Quel chapitre difficile et triste à la fois.  Sad 

Malgré l'horreur des images qui naissaient dans ma tête au fur et à mesure de ma lecture, je trouve ce chapitre vraiment superbe et très bien écrit. Les descriptions sont très réalistes.

J'ai ressenti la rage d'Actarus lorsqu'il a détruit la yari, cet engin qui a très gravement blessé celle qui est si chère à son cœur.

J'ai ressenti le désespoir de Sarpédon face à ce monstre qui lui échappe complètement et celui des habitants de l'île face à leur impuissance.

Citation :
 Les longs doigts de feu couraient sur le sol, étreignaient les habitations avec une lenteur traîtresse et transformaient ces modestes cabanes en brasier.

affraid affraid affraid


La scène des gens qui essayent de trouver une place à bord des barques m'a tout de suite rappelée   
le film Titanic, ainsi que celles des 3 jeunes qui se savent condamnés. Sad  

Citation :
- C’est fini hein ? On n’en sortira pas ?

Désespéré, les trois amis se serrèrent les uns contre les autres et fermèrent les yeux alors que ce qui restait de la Yari de feu les rejoignait dans une mortelle embrassade.

Crying or Very sad Crying or Very sad Crying or Very sad

Et puis la fin où Actaée voit cette femme mourir dans la lave.  Crying or Very sad Crying or Very sad Crying or Very sad

J'espère de tout cœur que le prochain chapitre nous apportera de meilleurs nouvelles.

Merci beaucoup Oscar pour cet excellent chapitre. Çà valait vraiment le coup d'attendre. cheers


Dernière édition par hikaru le Dim 15 Mai 2016 - 14:06, édité 1 fois
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Oscar1965

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MessageSujet: Re: Et refleuriront les lys...(Terminée)   Dim 15 Mai 2016 - 13:27

hikaru a écrit:
Wouah! Quel chapitre difficile et triste à la fois.  Sad 

Malgré l'horreur des images qui naissaient dans ma tête au fur et à mesure de ma lecture, je trouve ce chapitre vraiment superbe et très bien écrit. Les descriptions sont très réalistes.

Merci beaucoup Hikaru. Comme je n'ai jamais vu de volcan en action, je me suis servie de Youtube pour m'inspirer...

Citation :
J'ai ressenti la rage d'Actarus lorsqu'il a détruit la yari, cet engin qui a très gravement blessé celle qui est si chère à son cœur.

J'ai ressenti le désespoir de Sarpédon face à ce monstre qui lui échappe complètement et celui des habitants de l'île face à leur impuissance.


Quand on croit maîtriser la nature, il ne faut pas oublier qu'elle est la plus forte à la fin. Toujours.

Citation :
La scène des gens qui essayent de trouver une place à bord des barques m'a tout de suite rappelée
le film Titanic, ainsi que celles des 3 jeunes qui se savent condamnés. Sad

C'est drôle que tu dises cela. J'ai retrouvé deux scènes de la salle des machine du film Titanic pour mes élèves il y a plusieurs jours (pas les chaloupes et la panique des rescapés pourtant). J'ai ensuite écrit ce passage et c'est seulement après que j'ai fait le lien, moi aussi.


Citation :
Et puis la fin où Actaée voit cette femme mourir dans la lave. Crying or Very sad Crying or Very sad Crying or Very sad

Ici ce sont les images du film "Star Trek III: la recherche de Spock" qui m'ont inspirée. Lorsque la planète Genesis s'autodétruit et que le méchant tombe dans la lave... Shocked pale

Citation :
J'espère de tout cœur que le prochain chapitre nous apportera de meilleurs nouvelles.

silent silent silent Wink


Citation :
Merci beaucoup Oscar pour cet excellent chapitre. Çà valait vraiment le temps d'attendre. cheers

Merci à toi pour ta lecture et ta patience!
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hikaru

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MessageSujet: Re: Et refleuriront les lys...(Terminée)   Dim 15 Mai 2016 - 14:47

Citation :
C'est drôle que tu dises cela. J'ai retrouvé deux scènes de la salle des machine du film Titanic pour mes élèves il y a plusieurs jours (pas les chaloupes et la panique des rescapés pourtant). J'ai ensuite écrit ce passage et c'est seulement après que j'ai fait le lien, moi aussi.

Wink Very Happy lol!
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Gurendaizä

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MessageSujet: Re: Et refleuriront les lys...(Terminée)   Dim 15 Mai 2016 - 20:13

merci beaucoup Oscar ! Sad cheers cheers cheers

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Oscar1965

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MessageSujet: Re: Et refleuriront les lys...(Terminée)   Dim 15 Mai 2016 - 20:24

Avec plaisir Gurendaizä! Very Happy

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venusia45

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MessageSujet: Re: Et refleuriront les lys...(Terminée)   Mar 17 Mai 2016 - 22:58

Merci Oscar ! Cela fait quelques jours que je ne me suis pas connectée et je n'avais pas vu le chapitre. Il est très beau et très dur à la fois. Dur à imaginer, mais très bien écrit. J'ai beaucoup apprécié. Merci !
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Oscar1965

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MessageSujet: Re: Et refleuriront les lys...(Terminée)   Mar 17 Mai 2016 - 23:52

Vénusia a écrit:
Il est très beau et très dur à la fois. Dur à imaginer, mais très bien écrit.

Embarassed Embarassed Embarassed

Merci Vénusia! Contente que cela t'aie plu!
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homnorak

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MessageSujet: Re: Et refleuriront les lys...(Terminée)   Mer 18 Mai 2016 - 8:24

et bien ce dernier chapitre. Waouh. Je comprends qu'il ait été plus long à écrire.
Belle description de l'enfer. La lave ne pardonne pas et Actaée va encore moins se pardonner Sad

Dans le truc, ce qui m'énerve c'est que la barque des magisters est partie en avant et que tu n'as pas mentionné qu'elle s'était fracassée. Du coup, je suppose qu'il va y avoir des survivants... Parce que même s'ils sont perdus en pleine mer, ils sont tellement sal... qu'ils vont trouver une solution. (j'espère pas mais parfois les rebondissements...)
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MessageSujet: Re: Et refleuriront les lys...(Terminée)   Mer 18 Mai 2016 - 12:30

homnorak a écrit:
et bien ce dernier chapitre. Waouh. Je comprends qu'il ait été plus long à écrire.Belle description de l'enfer.

pale Oui, j'y allais à petite dos au début mais après la mort de Sarpédon, tout a ét écrit d'un jet ou presque... Il fallait que ça sorte (comme la lave...)

Citation :
La lave ne pardonne pas et Actaée va encore moins se pardonner Sad

Tu mets le doigt sur quelque chose d'important. Crying or Very sad

Citation :
Dans le truc, ce qui m'énerve c'est que la barque des magisters est partie en avant et que tu n'as pas mentionné qu'elle s'était fracassée. Du coup, je suppose qu'il va y avoir des survivants... Parce que même s'ils sont perdus en pleine mer, ils sont tellement sal... qu'ils vont trouver une solution. (j'espère pas mais parfois les rebondissements...)

Ah, tu as emarqué ce détail. Je ne les ai pas oublié, t'inquiète!

Merci Homnorak!
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MessageSujet: Re: Et refleuriront les lys...(Terminée)   Mer 5 Oct 2016 - 4:59

Désolée pour le délai. Pour me faire pardonner, le chapitre est plutôt long. Mais je ne sais pas si vous allez pouvoir me pardonner...

Chapitre 26

Arrivant de son petit pas décidé, le docteur Épioné se planta devant la porte vitrée du bureau du professeur. Ce dernier n’attendit pas le bip annonciateur d’une visite mais fit signe en souriant à la visiteuse. Elle entra, se percha dans l’une des chaises faisant face au bureau et attaqua sans préambule :

- Je suis venue voir comment vous vous portiez et si vous suiviez bien mes instructions professeur.

Avec un nouveau sourire et un regard de connivence vers Sayari qui se tenait derrière son bureau, le professeur rassura la praticienne :

- Ne vous en faites pas, docteur, si je ne faisais pas attention, je me ferais rapidement rappeler à l’ordre par mon garde du corps personnel.

Le docteur fit une petite moue qui s’apparentait vaguement à un sourire. Le bras gauche bariolé de cicatrices violacées était la marque la plus visible de l’épreuve qu’avait dû traverser le professeur. Cependant, Épioné se préoccupait bien davantage de son cœur et de sa réadaptation à la vie active. Depuis deux semaines qu’avait eu lieu son aventure, il avait bien récupéré et cela grâce en grande partie aux soins attentifs de son amie kényane. Mais le docteur reprit aussitôt son sérieux et déposa un dossier sur le bureau ajoutant:

- Voici les résultats des autopsies…C’est bien ce que nous avions cru.

Un silence de plomb accueillit ses paroles. Le professeur posa une main hésitante sur la chemise mais ne l’ouvrit point. Il hocha enfin la tête :

- Des hommes de Véga alors?
- Oui, deux d’entre eux. Quatre autres sont bien humaines, toutes des femmes âgées de quarante ans environ. Et puis quatre jeunes d’une vingtaine d’années dont les caractéristiques physiques sont à mi-chemin entre les humains et les gens de Véga, comme Shoro.

Le ton était neutre, la voix solidement contrôlée d’une femme habituée à donner de mauvaises nouvelles, pourtant, lorsque son regard croisa celui du professeur, ce dernier vit qu’elle avait les yeux humides de larmes. Il secoua la tête :

- Quel gâchis! Et on n’a retrouvé aucun survivant?
- Non, seulement ces quelques corps et les débris d’embarcations qui s’étaient visiblement fracassées sur les récifs.

Sayari se joignit à la conversation :

- Tous les bateaux croisant dans le secteur d’Hatohobei ont cherché mais en vain et toutes les îles, habitées ou non, qui se trouvent dans cette région seront inspectées aussi mais il reste bien peu d’espoir de retrouver quelqu’un de vivant…
- Certains auront tenté de fuir par la mer pour aller heurter les récifs, fit le professeur, et les autres…
- Les autres se sont retrouvés piégés sur leur île.

Le docteur hocha tristement la tête avant de se lever pour prendre congé. Lorsque la porte se fut refermée sur la frêle silhouette, Sayari reprit la parole :

- Il faudra, je suppose, aviser Actarus de ces résultats.
- Oui, il s’y attendait mais voudra avoir la confirmation.

La kényane se posa à son tour dans le fauteuil en face du professeur, elle chercha son regard et ajouta comme à contrecœur :

- Il faudra aussi qu’Actaée soit mise au courant…

Le professeur retira ses lunettes d’un geste las.

- Je n’avais pas l’intention de lui cacher la vérité. Elle se ronge les sangs depuis des jours. S’il n’y avait pas eu sa mère qui a besoin d’elle pour récupérer je suis certain qu’elle aurait voulu participer aux recherches.
- Je suis inquiète pour elle, Umon. Elle s’isole de plus en plus, passe ses journées sur la plage avec sa jument ou bien s’épuise aux gros travaux sur le ranch. Elle mange à peine et à la voir, je suis certaine qu’elle dort très peu aussi.

Le professeur s’était levé pour tenter de se perdre dans la contemplation du paysage qui s’étalait derrière la fenêtre de son bureau. La description que Sayari faisait de leur petite-fille lui rappelait de douloureux souvenirs. Il murmura :

- Actarus avait souvent coutume de s’isoler dans sa musique et dans le travail physique lui aussi, au temps de la guerre contre Véga…
- Heureusement, nous ne sommes pas en guerre. D’après le récit de Shoro, il n’existait qu’une seule colonie de descendants de Véga. Aujourd’hui ils sont tous morts. Même cette pauvre Shoro, qui n’est rien d’autre qu’une coquille vide depuis l’intervention de Sadir. Mais je crains qu’ils aient laissé derrière eux bien des blessures…

***

Errer comme un pan de brume évanescent. Flotter, silencieuse et quasi invisible dans un univers étranger. Toucher le monde des yeux seulement sans le comprendre, ni de l’intellect, ni du cœur. Les pièces du Centre, infirmerie, chambres, bureaux et ateliers comme autant de jalons, de phrases décousues dans une histoire dont la fin restait encore à écrire. Aurait-elle le courage d’écrire justement, le dernier chapitre de cette histoire? Il lui semblait qu’elle n’avait fait que repousser l’échéance en se trouvant des excuses. Mais elle était ici, maintenant, tout près de lui. Oserait-elle aller jusqu’au bout?

Actaée marchait d’un pas léger, hésitant, complètement différent de son habituel démarche vive et énergique. Lorsqu’elle vit la porte menant à la terrasse, elle laissa cette dernière s’écarter et se planta dans l’embrasure, de nouveau indécise, comme surprise par l’air frais du soir qui s’engouffrait dans ses cheveux. Et puis ce fut une autre caresse, accidentelle, inopinée, ce toucher qu’elle évitait par tous les moyens depuis des semaines : le souffle des pensées de Sadir.

Elle eut un mouvement de recul mais c’était trop tard, il l’avait aperçue :

- Actaée! Je… non, ne t’e va pas, je t’en prie!

Elle se força à lui faire face.

- J’ai l’impression que tu m’évites.
- Non, menti-elle.

Un silence. Si seulement le vent qui faisait voler leurs cheveux pouvait effacer le malaise qui les séparait comme une force invisible! Sadir reprit :

- Comment vas-tu? Il y a des jours que je ne t’ai pas vue.
- Comme tu vois, je me porte à merveille.

Mais ses pensées criaient tout autre chose et c’était comme une gifle, comme une insulte lancée au plus fort d’une amère querelle :

« Je souffre! J’ai mal! » criaient ses pensées.

Il tiqua, voulut la toucher mais elle recula telle une bête effarouchée. Il tenta une nouvelle fois :

- Je t’en prie, dis-moi ce qui ne va pas.

La jeune fille se détourna et s’appuya sur la rambarde qui les séparait du vide au-dessus du grand barrage. Elle lui lança, amère :

-Tu pourrais facilement avoir la réponse n’est-ce pas? Ou ne peux-tu pas forcer les défenses mentales sans mon aide comme tu l’as fait avec Shoro? Je t’avais demandé de découvrir la vérité, pas de lui détruire l’intellect! Et certainement pas de me forcer à t’accompagner dans cette torture!

- Je sais. Actaée, je n’ai pas voulu en arriver là! Je n’ai pas désiré sa destruction mais c’était si enivrant ce pouvoir! Notre pouvoir! J’ai perdu le contrôle de la force du Don et j’en suis profondément désolé…

Elle secoua la tête sans oser le regarder. Elle savait bien sûr qu’il avait toujours eu du mal à contrôler ses capacités mentales dans certaines situations mais cette facette du Don, qui permettait de s’immiscer dans les souvenirs profonds puis de détruire la raison de quelqu’un la fascinait, l’effrayait et la dégoûtait tout à la fois. En proie depuis des jours à un véritable maelstrom d’émotions diverses, la jeune fille en était venue à une conclusion terrible qui la déchirait déjà. Elle s’assura que ses barrières mentales étaient fermement en place. Sadir ne devait surtout pas deviner la cause véritable de son attitude.

- Est-ce cela qui m’attend si je continue à développer ce Don? Me transformerai-je en une sorte de sorcière qui peut détruire les esprits, dis-moi?
- Non, bien sûr que non! C’était une malheureuse circonstance, un événement exceptionnel qui ne reproduira plus jamais!
- Mais tu ne peux pas le garantir.
- Non…

Rassemblant tout son courage, elle se tourna enfin vers lui :

- Je ne veux plus poursuivre les leçons. Seule, je n’ai jamais eu de problème mais depuis que je te connais, nos capacités mises ensembles sont devenues dangereuses.

Voilà, c’était dit. Des mots presque logiques marquant le début de cette rupture qu’elle avait tant redouté. Aurait-elle le courage d’aller jusqu’au bout? De lui faire mal pour s’éloigner de lui, pour éviter qu’il ne découvre qu’elle connaissait la vérité sur les sentiments qui le liaient à son père?

- Si c’est ce que tu veux., fit-il d’un ton blessé.
- Nous ne devrions plus nous voir non plus.
- Mais pourquoi?

Il ne savait donc pas. Il semblait qu’il ne pouvait pas lire dans ses pensées si elle utilisait ses pleins pouvoirs comme en ce moment. Jamais il ne devait se douter qu’elle connaissait ses sentiments envers Actarus. Jamais, elle se l’était juré. La brise repoussa la mèche bleue de la jeune fille qui décrivit un large arc dans le ciel étoilé.

- Si tu dois le demander, dit-elle d’une voix blanche, alors ton Don n’est pas aussi fort que tu le crois.

Sans un mot de plus, ses barrières mentales poussées à bout, elle laissa derrière elle le jeune homme confus et s’échappa vers le silence relatif du Centre.

***
Tel un écrin noir et infini, la nuit embrassait la décapotable et son conducteur, se mouvant avec eux au gré de la danse des phares, toujours renouvelée, accueillante malgré l’obscurité. Actarus laissait le vent emmêler ses cheveux, appréciant ce moment de quiétude, apaisé, presqu’heureux.

Il revenait de chez sa sœur où il était allé les reconduire, elle, Alcor et les enfants. Le docteur Épioné leur avait enfin donné aujourd’hui la permission de rentrer chez eux. Tout le monde se portait bien. Cette guérison tout à fait inespérée était la conséquence du remède appliqué par le docteur suite à la découverte par Sadir du poison utilisé par Shoro. Ils lui devaient tous une fière chandelle. Phénicia, qui s’était toujours montrée distante envers le jeune homme, ne lui pardonnant pas facilement son écrasement près de sa maison lors de son arrivée sur Terre, avait discuté avec Actarus de la meilleure façon de lui prouver qu’elle lui était reconnaissante.

- Deviens simplement son amie, lui avait-il répondu. Je crois qu’il se sent bien seul quelquefois.

Le prince d’Euphor sourit, Phénicia était peut-être la solution au problème que lui posait Sadir en ce moment. Son ami s’isolait de plus en plus et semblait de plus en plus triste. Il fuyait même la présence d’Actarus. Quant à Actaée… Comme le professeur, il s’inquiétait pour elle mais s’efforçait de lui laisser le temps de panser ses blessures suite à la destruction d’Hatohobei qu’elle se reprochait si amèrement.

L’automne était arrivé en douce. Les arbres s’étaient parés de couleurs flamboyantes, les jours avaient peu à peu raccourci mais la chaleur demeurait. Le soir arrachait de longs pans de brume aux herbes folles que les phares avaient du mal à transpercer malgré leur apparente fragilité.

Soudain, comme il approchait de la colline où se dressait l’érable centenaire, il eut l’impression de voir bouger une ombre à travers les branches basses. Obéissant à son instinct, il ralentit et se gara sur le bas-côté avant de sauter sur le sol tout humide de rosée.

L’arbre des morts ne se dressait plus seul sur la colline. Valsant au rythme du vent dans les feuilles, une ombre se dessinait, fantôme parmi les âmes qui peuplaient peut-être encore cet endroit.

- Sadir?

Un fantôme se matérialisa devant Actarus. La figure pâle de son ami, encadrée de ces incroyables cheveux blancs qui lui battaient les reins, semblait flotter de façon sinistre alors que le reste de son corps, tout vêtu de noir se fondait dans la nuit.

- Ah c’est toi.

Le ton était presqu’hostile. L’améthyste de ses yeux avait pris une teinte sombre de sang séché. Malgré lui, Actarus frissonna :

- Qu’est-ce que tu fabrique ici en pleine nuit?

Sadir se détourna, attrapant une branche basse au passage. Il en étudia les ramilles en répondant, d’un ton presqu’agressif :

- Qu’est-ce qu’il y a, tu me surveilles maintenant? Je ne suis plus un gamin! Je fais ce que je veux!

Décontenancé et légèrement inquiet, le prince d’Euphor insista:

- Es-tu certain que ça va?

Sadir repéra un petit lambeau de ruban blanc toujours attaché à l’arbre. Étendant le bras, il l’attrapa délicatement et répondit d’une voix sourde :

- Je pensais à mes amis. À Euphor…
- Sadir, c’est ici chez toi maintenant.
-Non, tu te trompes. Ici, je suis encore plus étranger que sur Euphor. Tu te rappelles comment les autres se moquaient de moi ou me craignaient à cause du Don? Mais avec ceux de l’Argo, c’était différent. Malgré la guerre nous étions tous heureux! Nous avions des projets… Ils me manquent tellement! C’étaient des rêveurs mais ils m’acceptaient. Je me sentais à ma place avec eux, plus que partout ailleurs sur Euphor. Plus qu’ici, terré dans cette boîte stérile qu’est le Centre, entouré de gens qui ne me comprennent pas ou à qui je fais peur.

Actarus fit un mouvement de dénégation mais Sadir l’interrompit :

- Non, ne le nie pas! J’ai vu le regard des terriens!

Le jeune homme caressa doucement le ruban qu’il tenait maintenant au creux de sa main en ajoutant :

- Regarde, c’est le ruban au nom de Galatée. Si tu l’avais connue! fit-il avec soudain plus d’animation. Une vraie beauté! Et un charme dévastateur. Elle était déjà en couple avec Danaos lorsqu’ils ont rencontré Idmon… Notre chef dégageait une telle force, un tel magnétisme! C’était un meneur né mais lorsqu’il se trouvait avec Galatée, il devenait comme un agneau. Il était fou amoureux mais Danaos était son meilleur ami. C’était une situation qui aurait pu être catastrophique mais, au lieu de s’entre-déchirer, ils ont décidé de former un mariage multiple. Et ça marchait! Ils s’aiment vraiment tous les trois! Ils étaient heureux! Si seulement…

Ces prunelles rouges, posées soudain sur lui… Actarus souffla :

- Si seulement quoi? Sadir, à quoi penses-tu?
- À toi et Vénusia… et moi.
- Tu n’es pas sérieux? répondit Actarus, consterné. Je croyais… je croyais qu’avec le temps tu avais oublié…ou sans oublier que le temps avait rendu les choses moins difficiles pour toi.

Sadir s’était approché, fixant sur lui son regard de braise :

- Non. Tu oublies Actarus, qu’Euphor pour moi c’était il y a quelques mois à peine. Tu as eu plus de vingt ans pour te refaire une vie, pour nous oublier.

Puis, amèrement :

- Pour m’oublier, moi.
- Arrête! Tu te trompes, je n’ai jamais rien oublié. Mais crois-le ou non, les vieilles blessures ne font presque plus mal aujourd’hui.
- Pas pour moi. Mes sentiments n’ont pas changé Actarus. Si seulement…
- Non, Sadir, cesse de penser à cela, tu te fais du mal!
- C’est d’être ici qui me fait du mal! Ici entre toi et Actaée et Vénusia! Je croyais à un miracle lorsque nous nous sommes retrouvés malgré les ans et les années-lumière. Mais c’était un mirage, une blague cruelle jouée par le destin! Te retrouver… pour réaliser que tu étais encore, plus que jamais, inaccessible. Pour couronner le tout, j’ai fichu en l’air la seule amitié que j’ai eue depuis mon arrivée ici. Et toi… ton cœur est tout à Vénusia. Je le sais, je l’ai senti. Ce Don… c’est une malédiction!

Atterré par la douleur qui transparaissait de ces propos, Actarus laissa le silence s’éterniser. La chanson du vent dans les branches de l’arbre des morts ne lui était d’aucun secours. Il finit par murmurer :

- Je ne sais que te dire. Je serai toujours ton ami. Tu dois le croire mais il ne faut plus espérer autre chose. Je voudrais tant te voir heureux! Quant au Don… avec un peu de chance, tu n’auras plus jamais à l’utiliser. Et que veux-tu dire en parlant d’amitié fichue? De qui parles-tu?

Mais Sadir refusa de répondre. D’un ton las, il dit :

- De personne, laisse, je n’ai rien dit.

Le jeune homme chiffonna le ruban puis le laissa s’envoler avec la brise. Lui prenant doucement le bras, Actarus tenta de l’entraîner :

- Sadir, viens, rentrons maintenant.

Mais Sadir se dégagea, et, reculant contre le mur gris du tronc qu’on distinguait à peine, il ferma les yeux en soupirant :

- Non, laisse-moi, je suis bien ici…

Vaincu, Actarus se résigna à reprendre la route seul. Alors qu’il se dirigeait vers sa voiture, le vent dans les feuilles sèches de l’arbre centenaire masqua cette fois la voix de Sadir:

- Oui, je suis bien ici… dans le monde des morts.

***

La vie sans la Vie. La mort qui respire. L’inutilité organique. Une fille qui n’était plus une fille, qui n’était plus personne. Un corps respectant les rythmes de l’existence… pour rien.

Shoro gisait, les yeux ouverts. Ses oreilles ses puis paupières avaient réagi au bruit qu’il avait fait en entrant dans sa chambre et elle était sortie du sommeil. Ses prunelles ne le fixaient pourtant pas. Le corps privé de raison qui respirait sous le drap mince n’avait cure de sa présence.

Elle était toujours jolie avec ses mèches roses sur l’oreiller blanc mais sous ce non-regard sombre, Sadir frissonna. Il se força à toucher cette main chaude et flasque comme celle d’un cadavre tout neuf. Il l’étreignit avec la force du désespoir en espérant quelle pourrait être un peu de sa rédemption.

Puis, il effleura son front, ferma les yeux et entreprit, laborieusement, minutieusement d’écrire d’une main ferme sur les pages vierges de son esprit.

***

Le jour avait été morne et lourd. Le ciel, trop bas avait grondé son courroux sur la région et écrasé de sa moiteur les hommes aussi bien que les bêtes. Celles du ranch s’était montrées nerveuses et difficiles à contrôler, rendant le travail de tous plus harassant encore que d’habitude. La nuit était tombée comme une demi délivrance car si la température avait fléchit, l’orage tant attendu se faisait encore attendre.

Actaée avait décidé de marcher jusqu’à la maison, histoire profiter un peu de ce moment de solitude avant d’avoir à affronter le regard inquisiteur de son père. Mais dans la nuit naissante, une seule fenêtre était éclairée à la maison et aucun véhicule ne se trouvait devant l’entrée. Elle supposa donc qu’Actarus n’était pas encore revenu de chez Phénicia ou encore qu’il avait décidé, comme cela lui arrivait quelquefois, de passer la nuit à l’infirmerie du Centre, à veiller sur le sommeil de sa femme.

La jeune fille ouvrit la porte, se débarrassa de ses bottes dans un coin et s’étira voluptueusement. Actarus laissait toujours la lampe de lecture de sa mère allumée, même si personne n’était là. Depuis que Vénusia n’y était pas, la demeure était devenue un lieu où dormir et se croiser, un lieu où se restaurer quelquefois mais pas un vrai foyer.
Sale et épuisée d’avoir trimé au ranch toute la journée, la jeune fille songea qu’une douche serait la bienvenue. Demain, elle s’attaquerait au ménage ici même et, pour une fois, elle le ferait avec vigueur et d’un cœur léger. Il lui fallait préparer le retour de sa mère que les médecins laissaient enfin sortir de l’infirmerie.

Car elle allait guérir. Elle l’avait promis à sa fille, les yeux dans les yeux, dans un chuchotement obligé par sa gorge en partie brûlée. Le sang d’Actarus, reçut il y avait bien longtemps, lui permettrait encore cette récupération miraculeuse. Elle aurait des cicatrices aux jambes et au dos. Elle devrait subir encore d’innombrables traitements et prendre encore des quantités de médicaments mais elle allait revenir dans sa maison pour réchauffer par sa présence leur petit univers.

Malgré cette bonne nouvelle, la jeune fille évitait le plus possible de se retrouver ici. Depuis des semaines, elle n’y venait que rarement, préférant son petit futon dans la chambre d’ami au ranch au silence solitaire de la demeure de son enfance. Au ranch, l’activité, le travail physique et la présence constante de plusieurs personnes l’empêchaient de penser. Elle se levait aux aurores, suivait le troupeau dans les champs ou dans la montagne, nettoyait les écuries, réparait les clôtures et nourrissait la volaille, prenant les tâches les plus difficiles pour que Mizar et Léto puissent se concentrer sur leur fils nouveau-né. Puis, elle montait sur Nyx et se rendait au Centre faire sa visite quotidienne à Vénusia avant de retourner au ranch, où elle s’endormait aussitôt couchée, harassée. Ce rythme de vie l’empêchait de trop penser, anesthésiait ses peurs et surtout la tenait loin de Sadir et de son père.

Mais demain tout allait changer. Elle devrait sans doute passer plus de temps auprès de sa mère…et d’Actarus. Comment leur masquer sa peine? Comment éviter le regard inquisiteur de Vénusia et la bienveillante attention de son père? Aurait-elle la force de tenir enfoui au plus profond d’elle-même la blessure que lui avait causé la découverte involontaire des sentiments de Sadir pour son ami d’enfance?

Sadir… Depuis la scène sur la terrasse du Centre, elle s’était efforcée de l’éviter complètement, de ne se présenter au Centre que par une porte dérobée, proche de l’infirmerie où elle s’enfermait pour quelques heures avec sa mère. Elle qui avait toujours aimé se présenter à l’improviste à la salle de contrôle, aux ateliers ou au bureau de son grand-père, fuyait cet endroit, de peur d’y croiser le regard de cet homme qu’elle n’arrivait pas à oublier, malgré tous ses efforts. Et puis, au tréfonds d’elle-même, un sentiment plus insidieux, au souffle nauséabond, la taraudait de plus en plus : la honte… Une honte infinie, grouillante vermine qui lui creusait les entrailles et la tenait éveillée malgré l’épuisement de son corps après ses dures journées.

« Pourquoi ai-je creusé l’âme de Sadir? Se demandait-elle au plus profond de la nuit. Pourquoi ai-je ainsi violé son intimité? Et pourquoi l’ai-je laissé m’entraîner à détruire la psyché de Shoro? Suis-je donc si faible? À peine maîtrisé, j’ai utilisé le Don pour faire le mal… Je ne suis pas digne d’être la fille du Prince d’Euphor… »

***

L’homme posa son crayon et étira ses longs doigts à plat, de chaque côté de la feuille. C’était ça, oui. C’était ça. Les mots étaient venus, enfin, en gerbes saccadées, puissantes et destructrices. L’inspiration tant attendue était enfin revenue. Il eut un sourire ironique :

« Il fallait que ce soit justement ce soir… »

Il signa son nom en euphorien puis se leva, le regard toujours rivé sur son poème. Il prit une grande respiration et termina ses préparatifs à la lueur de sa lampe de travail. Laissant ses sombres habits terriens, il revêtit la tunique bleue et le pantalon défraîchi et rechaussa les sandales qu’il portait lors de son arrivée sur Terre. Puis, après avoir jeté un dernier regard sur cette chambre impersonnelle où il n’avait jamais été heureux, il sortit et, refermant la porte d’un geste décisif, se dirigea sans bruit vers le hangar souterrain où se cachait sa destinée.

***

Actaée sortit de la salle de bain, la chevelure encore toute mouillée, pieds nus et habillée seulement d’un grand kimono bleu décoré de délicates libellules. Au dehors, le vent s’était déchaîné et les premières gouttes de pluies, libérées enfin de leur prison nuageuse, s’écrasaient avec rage sur les vitres. La jeune fille admira un instant les éclairs qui couronnaient par intermittence les Monts Chauves au-delà de la rivière en contrebas. Mais elle revint bien vite sur terre, préoccupée par les tâches qui lui restaient à faire avant le retour de sa mère.

« Une liste! Je vais me faire une liste, comme cela je n’oublierai rien. Ah! Et il faudra aussi que j’aille faire quelques courses. » pensa-t-elle.

Cependant, lorsqu’elle entra dans sa chambre, elle s’arrêta, interdite : un objet trônait sur le pied de son lit. Un objet qui fit battre son cœur soudainement un peu plus vite : l’obél’hir, cette petite harpe appartenant à Sadir.

Qu’est-ce que cet objet faisait là? Son père aurait-il… Ou alors Sadir lui-même était-il venu jusqu’ici? Mais alors pourquoi? Les raisons pouvaient être multiples en effet : un cadeau pour lui offrir de faire la paix avec lui ou pour se faire pardonner? C’était bizarre et infiniment troublant car Sadir, elle le savait, considérait cet obél’hir comme son souvenir le plus précieux. Troublée, elle avança la main vers le petit instrument. S’asseyant sur les couvertures, elle frôla timidement les délicates cordes, faisant résonner entre les murs des notes incertaines et pourtant d’une poignante beauté.

Et ce fut comme un coup de poing au ventre. Elle sut. Sans l’intervention du Don, elle sut. C’était un cadeau oui, un ultime cadeau. Consternée, elle réalisa qu’il lui fallait agir tout de suite sinon tout était perdu. Elle se concentra, tentant de toucher l’esprit qu’elle avait si impitoyablement repoussé quelques jours auparavant. En vain. C’était lui maintenant, qui se cachait derrière des barrières érigées contre elle. Ses pensées se muraient aujourd’hui derrière les remparts massifs et froids d’une forteresse imprenable.

Se levant d’un bon, elle attrapa le téléphone pour appeler au Centre. À cet instant, un éclair fracassa la nuit et presqu’aussitôt le sol trembla sous la force du tonnerre. La pièce fut plongée dans l’obscurité et l’appareil qu’elle tenait à la main devint silencieux. Elle eut alors le réflexe de toucher le pendentif qui lui servait à communiquer avec le Centre mais la foudre en avait déréglé l’émetteur. Lui aussi restait muet. Le cœur battant, tremblante devant le danger imminent, elle hésita un instant, immobile dans la chambre obscure, indécise, presqu’affolée. Puis, cédant à une impulsion irrépressible, elle ouvrit la porte de la maison et s’élança de toutes ses forces, pieds nus dans l’orage.
Puisant dans son héritage, elle courut comme elle ne l’avait jamais osé, tentant de franchir la distance qui la séparait du Centre avant qu’il ne soit trop tard.

***
Une porte qui se referme dans un bruit de fer martelé. Herse de prison ou portail vers la liberté?

Un homme seul qui respire trop fort dans la grande pénombre du hangar. Une main qui touche un interrupteur. Une lumière crue qui déchire les paupières. Une statue de métal surgissant de cette lumière. Deux regards qui se croisent. L’un violet comme un ciel d’orage et l’autre jaune, brillant comme deux soleils. La statue accueille l’homme dans son antre. L’immense idole attend qu’on lui rende hommage.

Il faut faire un sacrifice en son honneur. L’homme obtempère. Il avance, enlevant de son cœur les souvenirs de sa planète, les odeurs de la mer et le chant des oiseaux, il les offre au dieu trônant à quelques mètres e lui. Mais ce n’est pas assez. Marchant toujours droit devant, fasciné par le regard vide du robot qui semble le fixer, l’homme se départit de ses amitiés, de ses talents, de son avenir. La musique qui a toujours habité son cœur et qui faisait voler ses doigts sur les cordes fragile s’échappe, laissant place au silence. Les mots qui se présentaient en colliers séduisants et puissants s’effacent comme la fumée dans le ciel d’hiver. Et pourtant, il lui semble que le dieu en veut toujours plus.

L’homme s’arrête, il lève la tête, subjugué par la puissance de cette divinité de technologie. À ses pieds, tracée sur le sol dur et froid, une ligne rouge marque la frontière sacrée. Le regard de feu ne lui laisse pas de répit, ne lui accorde pas la délivrance espérée. Il entend pourtant les tambours des morts résonner à ses oreilles. Il plaide :

« Je n’ai plus rien. Que puis-je te donner encore? »

Dans son âme enfiévrée, il entend la réponse :

« Ton amour Sadir. »

Alors, l’homme dépose aux pieds du dieu le lourd fardeau qu’il a porté toute sa vie : l’amour éperdu pour ce cousin au regard de ciel. Il respire une dernière fois le souvenir de ce baiser volé, de cette peau touchée par le soleil, de ces lyrios dansant dans le vent et de cette âme qui ne brûla jamais pour lui.

Alors, enfin, il voit les yeux de l’idole briller de satisfaction. Le dieu veut bien de lui. Il l’appelle de sa voix caverneuse, l’attirant à lui, lui promettant la libération de cette lancinante et éternelle douleur qu’est devenue sa vie.

***
La nature avait beau se déchaîner autour d’elle, les pierres du chemin la faire buter, tomber, lui écorcher les genoux, rien ne pouvait la ralentir. Elle courait, elle volait presque, les pans et les manches de son long peignoir lui faisant des ailes alourdies de pluie. Sous un ciel qui n’en finissait plus de se balafrer de foudre pour révéler une nature torturée, menaçante et étrangère à la pitié, Actaée martelait le sol mou de ses pieds, son cœur tonnant plus fort encore que l’orage.

***
Elle entra par une porte de service puis elle s’élança dans le couloir. Les cheveux collés au dos par la pluie, elle courut vers la chambre de Sadir. Tout était silencieux. Les lumières tamisées du plafond signalaient que le Centre aussi avait subi la panne de courant qui affectait la région, l’obligeant à utiliser ses réserves d’urgence. Elle eut une hésitation. Elle s’arrêta devant la porte où elle appuya sa main. Et si elle s’était affolée sans raison? De quoi aurait-elle l’air, à le réveiller ainsi, en peignoir trempé, en plein milieu de la nuit? Mais elle revit l’instrument posé sur son lit et elle se remémora la musique qui s’en était échappé et décida de suivre son instinct. Faisant fi de ses doutes, elle tourna la poignée et poussa le battant en silence, redoutant ce qu’elle allait trouver. Il n’y avait personne. Seule une lampe éclairait une feuille solitaire posée sur la table.

***

De nouveau, elle courait, désespérée. Ces mots, ces mots de détresse et de finalité, tracés sans complaisance, crachés presque, sur la blanche indifférence de la feuille l’avaient transpercée comme une dague. Ils la poussaient maintenant vers les profondeurs du Centre.

Elle atteignit enfin le couloir qu’empruntait Actarus pour rejoindre son robot. Elle attrapa la barre et se laissa glisser, pieds devant, par la trappe menant à l’Asporat. Démarrant le petit mais puissant moteur de l’engin, elle sentit l’air s’engouffrer dans les manches de son peignoir et repousser ses longues mèches brunes alors que l’appareil l’amenait, en quelques secondes à peine, (une éternité pourtant!) vers la sortie surplombant le robot placidement couché sur sa plate-forme.

Emportée par la vitesse de l’Asporat, la jeune fille lâcha les poignées et, pour la première fois, s’envola, les bras en croix, loin au-dessus de Goldorak. Elle savait ce qu’elle devait faire ensuite, ordonner la métamorphose et, dans une pirouette, basculer vers le cockpit ouvert qui l’attendait. Mais le mot restait dans sa gorge nouée.

Là, en bas, baigné par la lumière crue de l’éclairage des jours de combat, une silhouette se tenait à quelques centimètres de la ligne rouge qui marquait la frontière invisible du système de défense de Goldorak. Alarmée, elle perdit sa concentration ce qui lui fit perdre de la hauteur. Elle eut tout juste le temps de se rappeler de la technique de métamorphose avant d’être déjà en vue de l’engin maintenant bien trop proche. Son épaule heurta le métal froid, elle perdit ses repères et bascula, tête première, dans le vide.

***

L’homme vit un arc-en-ciel prendre vie au-dessus du dieu. Non, c’était plus qu’un arc-en-ciel, c’était une étoile qui se déployait en couleurs chatoyantes et c ‘était magnifique. Ébloui, il s’avança, cherchant la lumière, la chaleur accueillante et la dernière extase que lui offrait le dieu. Les yeux vides brillèrent, les cornes s’illuminèrent. Et Sadir, tête renversée, bras écartés, entra en communion avec la mort.

***

Le hangar s’emplit des lueurs conjuguées de la métamorphose et de la décharge des cornes meurtrières. Le craquement de l’arme de Goldorak étouffa le bruit de la chute de la jeune fille et celui, presqu’inaudible que fit le jeune euphorien, empalé sur le rayon, nimbé un instant d’un linceul de lumière.

***

Couchée sur le ciment froid, à moitié assommée par sa chute, Actaée ouvrit les yeux. Sadir gisait juste au-delà de la ligne rouge. Elle se leva et s’avança, incrédule, comme engourdie, vers le corps inerte. S’agenouillant près de lui, elle vit qu’une flaque de sang s’élargissait lentement sur le sol alors qu’une suffocante odeur de chair brûlée emplissait peu à peu le hangar. Lentement, d’une main tremblante, elle repoussa les mèches de neige qui recouvraient le corps comme voile. Elle ramena les bras sur le torse mutilé et recueillit le corps sur ses genoux, fixant sans comprendre les prunelles désormais éteintes. Mais elle ne cria pas. Elle ne pleura pas. Il lui semblait que si elle contrôlait sa peine, si elle étouffait en elle le hurlement qui tentait d’y prendre racine, elle finirait par se réveiller de ce cauchemar.

Lorsqu’Actarus, le professeur et les autres les trouvèrent enfin, ils virent la jeune fille berçant doucement ce grand et frêle cadavre. À la stupeur de tous, elle chantonnait. Des notes sans suite, cristallines et délicates comme les notes d’une harpe. Et son habit de vol, bleu pour la planète qui l’avait vue naître, noir pour l’immensité de l’espace et or pour marquer son appartenance à la famille royale d’Euphor, portait désormais la couleur qui lui avait manqué jusqu’alors : le rouge profond du sang versé.


Dernier aveu
Puisque jamais nos destinées
Ne pourront même se frôler
Puisque plus jamais toi et moi
Ce sera moi et presque toi.

Et la couche m’accueillant ce soir,
Sera partagée par le spectre
De l’histoire qui aurait pu être
Si la vie n’avait décidé
De faire de notre tendre idylle
Une impossible fatalité.

Aux bras de fer je m’abandonne,
À ce géant presque conscient,
Je demanderai délivrance.

À défaut d’un baiser de chair
Recevrai un baiser de feu.

Plutôt que dormir dans tes bras,
De la seule maîtresse qui me veuille,
De la dernière, aux yeux trop vides,
Recevrai le sommeil ultime.
Pour dans le néant salvateur
Effacer toutes mes douleurs.*

* Sadir



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Gurendaizä

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MessageSujet: Re: Et refleuriront les lys...(Terminée)   Mer 5 Oct 2016 - 15:45

Citation :
Pour me faire pardonner, le chapitre est plutôt long. Mais je ne sais pas si vous allez pouvoir me pardonner...

Mais bien sûr que tu es pardonnée !  Wink  Wink  Wink
Ton récit est magnifique, je m'y laisse prendre !
Cependant, à un moment donné :

Citation :
il sortit et, refermant la porte d’un geste décisif, se dirigea sans bruit vers le hangar souterrain où se cachait sa destinée.

j'ai vraiment craint le pire !

Et ensuite, pourquoi ai-je fait cela ?!!!!  affraid  affraid  affraid  Sad  Sad  Sad  

Merci Oscar !!!  

_________________
Goldorak, Go !     グレンダイザー    Gurendaizä go ! 
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venusia45

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MessageSujet: Re: Et refleuriront les lys...(Terminée)   Mer 5 Oct 2016 - 17:01

Citation :
Aurait-elle le courage d’écrire justement, le dernier chapitre de cette histoire?

Very Happy Bien sûr que tu as eu toi aussi ce courage !

Citation :
Depuis que Vénusia n’y était pas, la demeure était devenue un lieu où dormir et se croiser, un lieu où se restaurer quelquefois mais pas un vrai foyer.

Citation :
Au ranch, l’activité, le travail physique et la présence constante de plusieurs personnes l’empêchaient de penser

Combien ces phrases résonnent en  moi !! Sad Sad Sad

Merci Oscar pour ce superbe chapitre, je me doutais qu'à un moment ou l'autre, la mort rattraperait Sadir, coincé entre deux mondes, otage de ses sentiments et de ces pouvoirs qui lui font plus de mal que de bien. Le destin a choisi que ce soi Goldo qui soit l'artisan de sa fin funeste...Merci !
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hikaru

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MessageSujet: Re: Et refleuriront les lys...(Terminée)   Mer 5 Oct 2016 - 22:17

Citation :
Mais je crains qu’ils aient laissé derrière eux bien des blessures…

Oh, oui, moi aussi, je le crains.  Sad

Citation :
Suis-je donc si faible? À peine maîtrisé, j’ai utilisé le Don pour faire le mal… Je ne suis pas digne d’être la fille du Prince d’Euphor… »

Et ce n'est pas la mort de Sadir qui va l'aider à ne plus douter et à oublier. Pauvre Actaée cette histoire va la marquer à vie.
Je pense qu'elle aurai bien besoin d'avoir une petite discussion avec son père à ce propos. En effet, il ne doit pas être facile de grandir dans l'ombre d'un tel héros. 

Citation :
Et son habit de vol, bleu pour la planète qui l’avait vue naître, noir pour l’immensité de l’espace et or pour marquer son appartenance à la famille royale d’Euphor, portait désormais la couleur qui lui avait manqué jusqu’alors : le rouge profond du sang versé.

Magnifique phrase finale cheers , sans parler du poème que Sadir nous a laissé et qui résume si bien de ce qu'il ressentait.  Sad


Comme Vénusia, je me doutais que Sadir choisirai la mort, plutôt que la vie, mais tu nous l'as magnifiquement amenée. Je l'ai ressentie comme une délivrance et non comme un châtiment. Repose en paix Sadir.  Crying or Very sad

Bravo Oscar, c'est vraiment un superbe chapitre.  Very Happy cheers

Euh! Etant donné que ce chapitre ressemble fort à un chapitre final, mais qu'il n'y a pas le mot "FIN" à la fin Wink , peut-on espérer une suite ?  scratch
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Oscar1965

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MessageSujet: Re: Et refleuriront les lys...(Terminée)   Mer 5 Oct 2016 - 23:15

Gurendaizä a écrit:
Cependant, à un moment donné :

Citation :
il sortit et, refermant la porte d’un geste décisif, se dirigea sans bruit vers le hangar souterrain où se cachait sa destinée.

j'ai vraiment craint le pire !

J'ai fait exprès! Je suis heureuse que le piège ait marché! Twisted Evil Désolée Gurendaizä mais je voulais cultiver jusqu'au dernier moment l'ambiguité du perso pour lequel, je crois, tous n'avaient pas une affection profonde, disons. Wink

Citation :
Et ensuite, pourquoi ai-je fait cela ?!!!!  affraid  affraid  affraid  Sad  Sad  Sad    

Hmmm, je sais, on n'a pas l'habitude de voir Goldo tuer des "pas méchants"... Mais dans ce cas-ci, Sadir avait choisi sa fin en fonction d'Actarus. Une façon de lui faire du mal? Peut-être... Ou une façon d'être auprès de lui, d'une certaine façon.  Sad



venusia45 a écrit:
Citation :
Aurait-elle le courage d’écrire justement, le dernier chapitre de cette histoire?

Very Happy Bien sûr que tu as eu toi aussi ce courage !

Mouais, mais j'ai procrastiné. Parler de la mort, encore plus du suicide, je n'en avais pas envie (les événements persos et chez des proches, la réalité me rappelaient trop souvent ce sujet pour que j'aie envie de l'aborder...). Pourtant, le sort de Sadir était décidé depuis de début de l'histoire. Et la manière de sa mort aussi...

Citation :
Citation :
Depuis que Vénusia n’y était pas, la demeure était devenue un lieu où dormir et se croiser, un lieu où se restaurer quelquefois mais pas un vrai foyer.

Citation :
Au ranch, l’activité, le travail physique et la présence constante de plusieurs personnes l’empêchaient de penser

Combien ces phrases résonnent en  moi !! Sad Sad Sad  

Je n'y avais pas songé... Neutral Désolée... I love you

Citation :
  je me doutais qu'à un moment ou l'autre, la mort rattraperait Sadir, coincé entre deux mondes, otage de ses sentiments et de ces pouvoirs qui lui font plus de mal que de bien. Le destin a choisi que ce soi Goldo qui soit l'artisan de sa fin funeste...Merci !

En effet, contrairement à Actarus, il n'a jamais u remonter la pente après son départ d'Euphor...

hikaru a écrit:
Citation :
Suis-je donc si faible? À peine maîtrisé, j’ai utilisé le Don pour faire le mal… Je ne suis pas digne d’être la fille du Prince d’Euphor… »

Et ce n'est pas la mort de Sadir qui va l'aider à ne plus douter et à oublier. Pauvre Actaée cette histoire va la marquer à vie.
Je pense qu'elle aurai bien besoin d'avoir une petite discussion avec son père à ce propos. En effet, il ne doit pas être facile de grandir dans l'ombre d'un tel héros. 

Tout à fait. Je suis contente que tu l'aies remarqué. Le cheminement d'Actaée a été très difficile. Comme quoi, les superpouvoirs, ne facilitent pas tout dans la vie!

Citation :
Citation :
Et son habit de vol, bleu pour la planète qui l’avait vue naître, noir pour l’immensité de l’espace et or pour marquer son appartenance à la famille royale d’Euphor, portait désormais la couleur qui lui avait manqué jusqu’alors : le rouge profond du sang versé.

Magnifique phrase finale cheers , sans parler du poème que Sadir nous a laissé et qui résume si bien de ce qu'il ressentait. Sad

[/quote]Merci! Embarassed  Embarassed  Embarassed

Et merci Gurendaizä, Vénusia et Hikaru, vos paroles me réchauffent le coeur!

Citation :
Euh! Etant donné que ce chapitre ressemble fort à un chapitre final, mais qu'il n'y a pas le mot "FIN" à la fin Wink , peut-on espérer une suite ?  scratch

Tu as (encore) raison. Wink Il y aura un épilogue en fait. Sinon, il me semblait qu'il restait trop de "fils pas attachés" Wink Wink
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venusia45

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MessageSujet: Re: Et refleuriront les lys...(Terminée)   Mer 5 Oct 2016 - 23:23

Ne sois pas désolée...Il y a tant d'événements atrocement banals et douloureux en même temps. Je pense que je vais fonctionner pendant un certain temps avec ce "filtre"...mais tu n'y es pour rien Wink I love you I love you
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Oscar1965

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MessageSujet: Re: Et refleuriront les lys...(Terminée)   Mer 5 Oct 2016 - 23:51

Merci, mais le bassin des lecteurs réguliers de nos fics est si petit que j'écris souvent en pensant à vous tous (et surtout toutes) et à ce que vous vivez ou avez vécu... Sauf que des fois , certaines phrases dont je n'avais pas mesuré la portée se glissent dans le récit...
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venusia45

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MessageSujet: Re: Et refleuriront les lys...(Terminée)   Mer 5 Oct 2016 - 23:54

L'essentiel est qu'elles collent avec ton récit. Leur véracité ne leur donne que plus de profondeur Wink
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MessageSujet: Re: Et refleuriront les lys...(Terminée)   

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