Site dédié à Goldorak et à son univers
 
AccueilAccueil  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Et refleuriront les lys...(Terminée)

Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2, 3 ... 15 ... 29  Suivant
AuteurMessage
Oscar1965

avatar

Messages : 6271
Date d'inscription : 20/01/2014
Age : 52
Localisation : Planète Bleue

MessageSujet: Et refleuriront les lys...(Terminée)   Sam 14 Fév 2015 - 15:59

Je déteste les mises en garde, classements et autres informations qu’on doit le plus souvent mettre en début d’histoire. J’ai toujours l’impression de déballer pour le lecteur, une partie du cadeau que je voudrais qu’il découvre par lui-même. Ceci dit, en tant que lectrice, lorsqu’il y a un choix à faire, j’aime bien savoir dans quoi je vais m’embarquer…

Parce que tout classement ou mise en garde devient ici un genre de spoiler.

Alors pour faire court: histoire d’amour (pour la St-Valentin?) Simple hein? Pas tant que cela, vous verrez…

Tous les persos (sauf trois) sont de Go Nagai.





Et refleuriront les lys…


Chapitre 1

La cause exacte demeura pour toujours inconnue mais non les conséquences… Sur une planète abandonnée par l’histoire, théâtre maintenant désert d’une des invasions les plus dévastatrices qu’ait connu la galaxie, au cœur d’une grotte oubliée, dans l’obscurité quasi liquide, une pile émit quelques miettes d’énergie de réserve, un relais s’enclencha, et quelques diodes s’éclairèrent.

Fut-ce le passage de la comète? Les particules émises, agissant sur l’atmosphère convalescente provoquèrent-elles des perturbations du champ magnétique? Ces perturbations furent-elles suffisamment intenses pour influencer les appareils de contrôle?

Fut-ce un léger tremblement de terre? Agitant les appareils, réengageant au hasard des interrupteurs depuis longtemps endormis?
Fut-ce le hasard, dieu capricieux qui infléchit sans merci le cours du destin? Et des particules ionisées, magnétisées ou radioactives s’infiltrent-elles dans des systèmes trop dégradés pour les repousser?

Six capsules de survie. Six êtres en léthargie depuis des lustres. Six vies en suspens, derniers espoirs d’une civilisation sur le point de disparaître. Parmi eux, un cœur, un seul, se remit à battre au rythme chancelant des appareils qui se réveillaient.

***
Dans un galop fulgurant, la jument filait, se jouait des obstacles, bondissant, ses sabots creusant chaque fois le sol, y laissant comme un sceau, une signature. Fine, racée, les flancs ruisselants de sueur, la crinière comme un étendard de ténèbres, avalant la route et ses difficultés, elle jouissait de sa propre vitesse.

Malgré la beauté du spectacle, Actarus, la main en visière, ne voyait que la cavalière. Ses longs cheveux sombres, emmêlés dans le vent, à l’image de la crinière de sa monture, bannière sauvage, reconnaissable entre toutes. Et son cœur se gonflait de fierté et d’amour, à lui faire éclater la poitrine, alors que ses entrailles se nouaient d’inquiétude :

« Elle est folle! Elle risque de se rompre le cou! »

Enfin, l’équipage ralentit, la jument fit quelques pas au trot et s’avança finalement au pas vers la barrière où se tenait l’homme, les bras croisés, un air de profond mécontentement sur la figure. D’un mouvement souple, la cavalière démonta, caressa un instant la bête puis vint se planter devant Actarus, un air de défi dans le regard et un sourire narquois sur les lèvres. Ces yeux… reflets de l’océan qui l’avait vu naître, cette peau presque trop pâle, cette chevelure, qui tombait en une cascade éternellement indisciplinée lui descendant jusqu’aux reins, soulignée d’une mèche d’un bleu intense révélant ses origines, ces attaches fines, cette démarche souple et fière et cette énergie couplée à une certaine tendance à l’introspection… Elle était grande, presqu’aussi grande que lui maintenant… Elle portait sa tenue préférée: un chemisier blanc aux manches longues et bouffantes, une petite veste brune lacée devant, un jean et des bottes. Actaée, métisse de deux monde, hier encore une enfant espiègle, vive et attachante, aujourd’hui devenue cette belle jeune fille, sa seule enfant, son précieux trésor… qu’il foudroyait pourtant du regard :

- Qu’essaies-tu donc de prouver?

Nullement impressionnée, la jeune fille releva fièrement le menton :

- Je n’ai rien à prouver!
-Très bien, alors que je ne te revois plus en train de chevaucher de cette façon! Sur un terrain pareil, avec un cheval qui se remet à peine d’une blessure! Cette pauvre Nyx* aurait pu s’estropier définitivement! À quoi songeais-tu?

Piquée au vif, elle perdit un peu de sa contenance sous le reproche et ne sut quoi répondre. Actarus, imperturbable, lui tournait déjà le dos et commençait à s’éloigner lorsqu’elle s’écria :

-Quand vas-tu cesser de me traiter comme une enfant?

Question posée par toutes les générations depuis la nuit des temps… Actarus se figea mais ne se retourna pas alors qu’elle laissait éclater sa frustration :

- Tout ça… toute cette histoire pour un simple galop! C’est comme le reste! On dirait que je ne fais jamais rien de bien à tes yeux! Même le pilotage! Cela fait des mois que je m’entraîne! Je ne peux pas faire plus dans le simulateur! Je suis prête maintenant! Pourquoi est-ce que tu tergiverses encore?

Il se retourna, implacable :

- J’attends que tu me prouves ta maturité autrement qu’en faisant des folies avec le cheval le plus fougueux du ranch!

Il ajouta à voix basse, comme pour lui-même :

- J’ai l’impression d’entendre Phénicia!

Mais la jeune fille n’avait rien perdu de ces paroles, elle s’approcha, posant une main qui se voulait apaisante sur le bras de son père :

- Mais je ne suis pas Phénicia… Père, laisse-moi te prouver que je peux le faire.
- Non pas encore… ce n’est pas encore le moment. Va t’occuper de ta monture maintenant…

Déçue, frustrée, mais non surprise, Actaée secoua la tête avant de se diriger lentement vers son cheval.

Tandis que la jeune fille menait sa jument assoiffée à l’abreuvoir, Actarus monta rejoindre son père qui lisait sur la véranda de la grande maison de Riguel. Le professeur, qui n’avait rien perdu de la conversation entre son fils et sa petite-fille, referma son livre et ôta ses lunettes alors qu’Actarus s’asseyait auprès de lui, la mine sombre. Procyon observa un instant l’homme qu’était devenu son fils alors que ce dernier regardait Actaée prendre soin de l’animal, perdu dans ses pensées. Le prince d’Euphor n’avait pas beaucoup changé malgré le passage des années. Il portait toujours ses cheveux un peu trop longs, les boucles souples en bataille. Il avait toujours ce regard perçant qui troublait ceux qui le rencontraient pour la première fois et qui avait certainement hanté les rêves de bien des jeunes filles… Tout au plus, pouvait-on aujourd’hui déceler quelques lignes fines qui auréolaient ses yeux lorsqu’il souriait. Il privilégiait toujours les vêtements confortables et simples comme aujourd’hui où il avait opté pour un chandail à manches longues du même bleu que ses yeux et pour un jean noir, tous deux sculptant parfaitement un corps athlétique qui n’avait rien perdu de sa force ni de sa souplesse.

      Repensant aux paroles qu’il avait entendues, Umon eut un petit sourire. Heureusement, il n’avait jamais eu à gérer les sautes d’humeur d’un adolescent en mal d’indépendance. Son rôle auprès d’Actarus avait commencé après cette période charnière mais il se souvenait parfaitement des prises de bec de Vénusia et de Riguel. La mère d’Actaée avait toujours su tenir son bout contre son père et possédait déjà à l’époque un caractère bien trempé. Actaée avait de qui tenir…

- Actarus…

Son fils se détourna de la scène en contrebas pour lui jeter un coup d’œil ironique :

- Je sais déjà ce que tu vas dire.
- Hum… Pratique. Tu lis dans les pensées maintenant? Je te savais plein de dons mais je ne croyais pas que tu possédais celui-là…

Actarus grogna :

- Tu vas me dire que j’exagère.
- Elle aura dix-huit ans bientôt… À son âge…

Actarus l’interrompit :

- À son âge je m’entrainais, comme elle.
- Pour piloter Goldorak… Et tu l’avais déjà bien en main à l’époque même si les vrais combats n’allaient venir que plus tard. Actaée est déjà une pilote hors pair.
- Oui, sur les autres Aigles… Mais elle insiste pour se mesurer à Goldorak lui-même…
- Actarus, je sais qu’un lien spécial existe entre ta machine et toi. Que toi seul peut le piloter pour l’instant… Mais Actaée est de ton sang. Si quelqu’un peut prendre ta relève un jour…

La mâchoire d’Actarus se crispa. Umon fronça les sourcils, entrevoyant la vraie raison de la réticence de son fils.

- À moins que tu n’hésites à laisser ta place aux commandes?

Mais l’autre secoua la tête :

- Non… Je reconnais que ma fille a toutes les qualités requises et qu’il faudra bien un jour que je la cède, cette place. Pas maintenant, bien sûr. Mais il vaudrait mieux pour la sécurité de la Terre qu’un autre pilote puisse prendre la relève au moment où je ne pourrai plus être aux commandes. Non père, ce n’est pas cela…

Umon ne dit rien, laissant à Actarus le soin de s’expliquer. Mais ce dernier semblait en proie à des émotions contradictoires, se murant dans un silence douloureux, comme s’il hésitait à lui confier quelque chose d’important… et de terrible à la fois.

***

La mer battait un rythme apaisant, l’enveloppant d’une douce musique. Il devait faire nuit parce que le froid pénétrait ses vêtements et commençait à engourdir ses membres. Se trouvait-il donc sur une plage? La nuit? Pourquoi ne se rappelait-il pas comment il était arrivé là? L’esprit embrumé, il se dit qu’il avait dut y aller un peu fort sur le junt ari**. Lentement, très lentement, le froid fit place à un picotement dans les bras et les jambes, sensation absolument désagréable. Il voulut se retourner et se lever mais il se buta sur un mur, de tous les  côtés. Quelle que soit la position qu’il tentait de prendre, il se voyait bloqué dans un espace à peine plus grand que son propre corps. Il eut beau y mettre toute sa volonté, rien  n’y fit. La panique commença alors à s’emparer de lui, comme un poison insidieux, l’empêchant de réfléchir. Il ouvrit les yeux, cherchant du regard des étoiles qu’il ne vit point. Le bruit des vagues caressant doucement le sable fit alors place à une espèce de sanglot. Il n’était pas au bord de la mer… et ce n’était pas le doux son du ressac qui l’avait réveillé mais bien le bruit de sa propre respiration, résonnant sur les parois transparentes du tube de survie hermétiquement verrouillé. Il tenta de l’ouvrir, poussant, de toutes ses forces, s’arc-boutant contre l’intérieur de cette capsule qui lui faisait maintenant l’effet d’un tombeau. En vain.

Tels des milliers d’insectes rampant sur sa peau, s’insinuant dans sa bouche et ses yeux, l’envahissant, le mordant, la panique s’empara de lui. Les mains plaquées au couvercle, dans le secret oppressant et vide, il hurla.

***

Le silence entre les deux hommes était devenu une sorte de mur dont Actarus s’entourait comme d’une protection. Umon commençait à s’inquiéter. Depuis qu’ils se connaissaient, jamais son fils adoptif ne lui avait caché quoi que ce soit bien longtemps, de ses problèmes les plus légers à ses angoisses les plus profondes. Jamais il ne s’était ainsi retranché dans le mutisme. Enfin, lorsqu’Actaée fut rentrée dans l’écurie, il embrassa les montagnes du regard et raconta, presque dans un murmure :

- C’était il y a une dizaine d’années environ. À l’époque, Phénicia avait presque terminé son entrainement sur Goldorak. Elle était en mer pour répéter la manœuvre d’assemblage avec Vénusiak.
- Je m’en souviens, fit simplement le professeur en hochant la tête. Cela ne devait être qu’une sortie de routine.
- Mais cela n’a pas été le cas. À un moment, les deux appareils se sont trouvés sous l’eau pour un test d’assemblage dans des conditions marines. À l’instant même où Vénusiak s’apprêtait à se fixer au dos de Goldorak, un violent courant a déstabilisé le robot. Ce n’était pas grand-chose et Phénicia aurait dû simplement compenser un peu mais s’est fiée seulement à ses réflexes sans tenir compte de la densité de l’eau et des indications données par ses appareils de contrôle. En voulant ramener Goldorak dans l’axe, elle a trop pivoté et l’une des cornes du robot a accroché  et crevé le ballast droit de Vénusiak.
- Oui, je me souviens. L’appareil de Vénusia, déstabilisé, est parti en vrille et a heurté violemment les récifs coralliens. Elle a été rudement secouée et a perdu conscience mais heureusement, les manœuvres se déroulaient à faible profondeur et nous avons pu assez facilement la récupérer. C’était une erreur tout à fait compréhensible pour une pilote débutante.

      Actarus, dont le regard fixait toujours le lointain acquiesça :

- Oui, une faute normale dans les circonstances.
- Je n’ai jamais vraiment compris pourquoi Phénicia avait par la suite décidé de ne pas poursuivre son entraînement…

Umon vit son fils se retourner pour le fixer intensément.

- Père, il y a une partie de cette histoire que tu as toujours ignorée. Après l’accident, pendant qu’elle se remettait de ses blessures, Vénusia s’est mise à avoir des douleurs au ventre et des saignements abondants.

Procyon senti le souffle froid du chagrin l’envahir. Il garda le silence alors qu’Actarus exprimait en paroles, d’un ton monocorde, ce qu’Umon avait deviné :

- Elle a fait une fausse couche. La grossesse débutait tout juste et compte-tenu des particularités reliées aux origines hybrides de cet enfant, jusqu’à ce moment, Vénusia elle-même ignorait qu’elle était enceinte.

Un silence douloureux suivit ces paroles. Umon avait la gorge serrée. Il n’ignorait pas que son fils et Vénusia avaient toujours désiré d’autres enfants. Mais la nature, qui leur avait donné Actaée dans l’année suivant la fin de la guerre galactique, leur avait par la suite refusé ses bienfaits. Il posa une main réconfortante sur l’épaule de son fils, partageant avec lui, des années plus tard, le deuil de cet autre bébé qui n’avait jamais vu le jour.

- Nous étions anéantis. Vénusia, qui ne voulait pas de la pitié des autres et qui s’en voulait surtout d’avoir risqué la vie du bébé en participant à cet entraînement, m’a fait promettre de ne rien dire à personne. Mais c’était sans compter sur les dons de ma sœur. Elle a senti notre détresse et a exigé d’en connaître la cause.

- Et c’est pour cela qu’elle s’est abstenu de piloter Goldorak par la suite? Parce qu’elle s’en voulait?
- Oui. Nous avons eu beau lui assurer que nous ne lui en tenions pas rigueur, que nous savions tous les deux que c’était un accident, elle n’a rien voulu entendre. Tu la connais, quand elle a une idée en tête…
- Hum…
- Depuis ce moment, je mesure encore plus à quel point nous avons de la chance d’avoir eu Actaée.
- Actarus, pourquoi me révéler cela aujourd’hui?
- C’est Vénusia qui a suggéré que je me confie à toi. Elle a maintenant fait la paix avec cette partie de sa vie et voudrait qu’il en soit de même pour moi mais...

Le vent se leva, faisant voler leurs cheveux, charriant avec lui des odeurs de souvenirs doux-amers.

- Elle n’en parle pas, me laissant prendre la décision, mais je suis sûr que ma femme soutient Actaée dans cette histoire. Père, j’ai du mal à imaginer ma petite fille aux commandes de cet engin terrible. Dans des mains novices, il a causé la mort de mon deuxième enfant… S’il arrivait quelque chose à la première… à la seule… Je ne me le pardonnerais jamais.

***

Au fond des ténèbres inhospitalières, dans son sarcophage de verre, l’homme, couché sur le côté, les genoux repliés comme un enfant qui dort, jouait tranquillement avec une mèche de ses longs cheveux couleur de neige. Sa voix, pourtant très faible, un peu cassée d’avoir trop crié, remplissait l’espace exigu :

« Loin des grands rochers noirs que baise la marée,
La mer calme, la mer au murmure endormeur,
Au large, tout là-bas, lente s’est retirée,
Et son sanglot d’amour dans l’air du soir… se meurt.*** »

Dans la solitude glacée, prisonnier de cette technologie qui lui avait sauvé la vie à défaut de libérer son corps, le survivant sentait lentement sa raison s’envoler.


*Nyx : déesse grecque de la nuit
**Junt Ari : boisson forte à base de champignons macérés, populaire sur Euphor
*** Extrait du poème de Nérée Beauchemin « La mer »
http://www.poetica.fr/poeme-715/neree-beauchemin-la-mer/


Dernière édition par Oscar1965 le Jeu 8 Déc 2016 - 12:59, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
homnorak

avatar

Messages : 3349
Date d'inscription : 30/08/2013
Age : 43
Localisation : Belgique

MessageSujet: Re: Et refleuriront les lys...(Terminée)   Sam 14 Fév 2015 - 18:02

Les angoisses d'un père pour son unique enfant. On peut comprendre ses réticences Sad

Et qui est cet inconnu ? est-ce que ça se passe à la même époque ou une époque dans le futur ?
Revenir en haut Aller en bas
Http://fictionsdeflo.wordpress.com
Oscar1965

avatar

Messages : 6271
Date d'inscription : 20/01/2014
Age : 52
Localisation : Planète Bleue

MessageSujet: Re: Et refleuriront les lys...(Terminée)   Sam 14 Fév 2015 - 18:06

homnorak a écrit:
Et qui est cet inconnu ? est-ce que ça se passe  à la même époque ou une époque dans le futur ?

Je garde les réponses pour un peu plus tard... Wink

Merci Homnorak!
Revenir en haut Aller en bas
venusia45

avatar

Messages : 4462
Date d'inscription : 02/02/2014
Age : 46
Localisation : dans ma soucoupe

MessageSujet: Re: Et refleuriront les lys...(Terminée)   Sam 14 Fév 2015 - 18:16


Mmmm c'est intrigant ! Comme Homnorak, je me demande qui sont les gens -et ce seul cœur- dans les capsules de survie...Actarus plus âgé...Et Vénusia est-elle encore là ou l'a-t-elle malheureusement quitté pour un monde meilleur ?

Merci Oscar !

Comme toi je n'aime pas trop les avertissements de début de fic, j'aime bien les surprises surtout pour un one-shot qui tire son intérêt de sa chute par exemple mais comme lecteur, on peut avoir envie de savoir où on va...Vaste dilemme !
Revenir en haut Aller en bas
lamarmotte97

avatar

Messages : 673
Date d'inscription : 15/11/2009
Age : 51
Localisation : france

MessageSujet: Re: Et refleuriront les lys...(Terminée)   Sam 14 Fév 2015 - 19:22

Crying or Very sad un malheur encore pour notre couple...ils n'ont pas de chance car c'est un sérieux drame...Vénusia est absente de la scène mais il en parle au présent alors espérons qu'il n'est rien arrivé....
Revenir en haut Aller en bas
http://lamarmotte97.skyrock.com
anterak 08

avatar

Messages : 11745
Date d'inscription : 16/05/2009
Age : 51

MessageSujet: Re: Et refleuriront les lys...(Terminée)   Sam 14 Fév 2015 - 19:40

merci Oscar Very Happy Very Happy
Revenir en haut Aller en bas
Gurendaizä

avatar

Messages : 10565
Date d'inscription : 29/10/2011
Age : 51
Localisation : A bord de Goldorak

MessageSujet: Re: Et refleuriront les lys...(Terminée)   Sam 14 Fév 2015 - 19:52

Je me demande bien aussi qui est cet homme dans la capsule !

Citation :
aux commandes de cet engin terrible.

Oh là là il y va un peu fort, là !!!! Wink lol! lol! lol! lol!

Merci Oscar vivement la suite !!!!

_________________
Goldorak, Go !     グレンダイザー    Gurendaizä go ! 
Revenir en haut Aller en bas
Oscar1965

avatar

Messages : 6271
Date d'inscription : 20/01/2014
Age : 52
Localisation : Planète Bleue

MessageSujet: Re: Et refleuriront les lys...(Terminée)   Sam 14 Fév 2015 - 20:56

Comme le dit Lamarmotte, Actarus parle de Vénusia au présent. je vous rassure, elle aura une place dans cette histoire. Et vous saurez aussi qui est ce survivant si important (difficile, difficile de ne pas vendre la mèche!)

Gurendaizä a écrit:
Citation :
aux commandes de cet engin terrible.

Oh là là il y va un peu fort, là !!!! Wink

Dans les circonstance, c'est compréhensible. Crying or Very sad Goldo ne doit pas se piloter facilement...

Merci à vous Vénusia, Lamarmotte, Antérak et Gurendaizä Embarassed Embarassed Embarassed
Revenir en haut Aller en bas
hikaru

avatar

Messages : 5356
Date d'inscription : 31/12/2012
Age : 45
Localisation : ESSONNE

MessageSujet: Re: Et refleuriront les lys...(Terminée)   Dim 15 Fév 2015 - 18:52

Pauvre Actarus! Comme je comprend son inquiétude pour sa fille unique.

Moi aussi je me demande qui est cet inconnu qui est revenu à la vie après tant d'années.

Cela me fait tout bizarre d'imaginer Actarus avec plusieurs années de plus, remarque je suis sûre qu'il est toujours aussi séduisant et plein de charme. I love you

La discussion entre Actarus et Umon est vraiment émouvante et ce qui est arrivé à Vénusia me touche beaucoup. Sad

Merci Oscar pour cette nouvelle histoire et pour toutes les interrogations qu'elle nous pose déjà. Very Happy cheers
Revenir en haut Aller en bas
kotakinab

avatar

Messages : 378
Date d'inscription : 01/10/2013
Age : 54
Localisation : France

MessageSujet: Re: Et refleuriront les lys...(Terminée)   Dim 15 Fév 2015 - 20:01

Merci Oscar !
Vivement la suite ! cheers cheers cheers
Revenir en haut Aller en bas
Oscar1965

avatar

Messages : 6271
Date d'inscription : 20/01/2014
Age : 52
Localisation : Planète Bleue

MessageSujet: Re: Et refleuriront les lys...(Terminée)   Lun 16 Fév 2015 - 0:00

En effet, je cultive un peu le mystère au sujet de cet inconnu mais il se dévoilera lentement au fil de l'histoire.

Et Actarus n'a pas beaucoup changé. 18 ans, cela passe vite! Je suis certaine qu'il vous ferait encore chavirer les filles! Wink I love you Embarassed

Merci pour vos commentaire Hikaru et Kotakinab!
Revenir en haut Aller en bas
Gurendaizä

avatar

Messages : 10565
Date d'inscription : 29/10/2011
Age : 51
Localisation : A bord de Goldorak

MessageSujet: Re: Et refleuriront les lys...(Terminée)   Lun 16 Fév 2015 - 0:43

Oh que oui !!!! cheers cheers cheers cheers lol!

_________________
Goldorak, Go !     グレンダイザー    Gurendaizä go ! 
Revenir en haut Aller en bas
Oscar1965

avatar

Messages : 6271
Date d'inscription : 20/01/2014
Age : 52
Localisation : Planète Bleue

MessageSujet: Re: Et refleuriront les lys...(Terminée)   Lun 16 Fév 2015 - 1:45

lol! lol! lol!
Revenir en haut Aller en bas
sweetcandy37

avatar

Messages : 1816
Date d'inscription : 25/05/2010
Age : 57
Localisation : au ranch des sapins noirs

MessageSujet: Re: Et refleuriront les lys...(Terminée)   Jeu 19 Fév 2015 - 18:53

Eh oui, je suis aussi curieuse que les autres quant au nom de ce nouvel inconnu ! Un homme de Véga ou un familier de la famille royale d'Euphor ou un habitant d'euphor ou d'une autre planète ?
Mais nous serons attendre comme d'habitude!!!!

Oui, il doit être très difficile pour Actarus de révéler la mort de son second enfant à son père ! Car pour une mère ne plus pouvoir avoir d'enfant est si douloureux ! Mais bon il a une fille d'une trempe qu'il ne peut renier ! Je l'aime beaucoup et attend son entrée dans Goldorak !
Actarus est aussi impitoyable avec sa fille qu'il ne l'a été avec sa femme !!! Après 18 ans, il ne change donc pas !!!! lol!

Et je pense qu'il doit toujours être aussi séduisant à faire chavirer nos coeurs !!!!

Merci Oscar pour cette nouvelle histoire ! flower
Revenir en haut Aller en bas
http://sweetcandyrose37.skyrock.com/
Oscar1965

avatar

Messages : 6271
Date d'inscription : 20/01/2014
Age : 52
Localisation : Planète Bleue

MessageSujet: Re: Et refleuriront les lys...(Terminée)   Jeu 19 Fév 2015 - 19:08

sweetcandy37 a écrit:
Mais bon il a une fille d'une trempe qu'il ne peut renier ! Je l'aime beaucoup  et attend son entrée dans Goldorak !

Merci, j'ai essayé de la rendre intéressante. Elle possédera des caractéristiques de certains de nos héros. C'est vrai qu'elle a de qui tenir!

Citation :
Actarus est aussi impitoyable avec sa fille qu'il ne l'a été avec sa femme !!! Après 18 ans, il ne change donc pas !!!! lol!

Et ils ne sont même pas en guerre!

Citation :
Et je pense qu'il doit toujours être aussi séduisant à faire chavirer nos coeurs !!!!

Ben, il n'est qu'à la mi-quarantaine, c'est pas si vieux! Wink

Citation :
Merci Oscar pour cette nouvelle histoire ! flower

Merci à toi Sweetcandy!
Revenir en haut Aller en bas
Oscar1965

avatar

Messages : 6271
Date d'inscription : 20/01/2014
Age : 52
Localisation : Planète Bleue

MessageSujet: Re: Et refleuriront les lys...(Terminée)   Dim 22 Fév 2015 - 1:10

Chapitre 2 presque prêt...
Revenir en haut Aller en bas
Oscar1965

avatar

Messages : 6271
Date d'inscription : 20/01/2014
Age : 52
Localisation : Planète Bleue

MessageSujet: Re: Et refleuriront les lys...(Terminée)   Dim 22 Fév 2015 - 1:49

Chapitre 2

Euphor se mourait. L’ennemi, après avoir réduit en cendres toutes les villes de la planète, pilonnait sans relâche les moindres bâtiments encore debout et mettait à feu et à sang les campagnes. Les rivières étaient devenues des plaies béantes, débordant du sang de milliers de personnes et les océans, à moitié vaporisés, s’étaient transformés en décharges charriant corps et débris. L’air autour des foyers de dévastation quant à lui, n’était qu’un maelstrom d’odeurs suffocantes et de particules toxiques.

« Ixour brûle… »

C’était la voix d’Idmon, une voix d’ordinaire autoritaire et posée, maintenant réduite à un quasi murmure, à une sorte de sanglot retenu. Lui-même, leur chef, leur guide dans cette entreprise folle, n’arrivait pas à rester stoïque devant tant de dévastation. Ils étaient debout tous les six sur une corniche escarpée du mont Oeta, à regarder la capitale partir en fumée, les flammes vertes et bleues des incendies causés par le lasernium crevant le ciel nocturne de cette nuit de printemps. Au bout d’un moment, Danaos, qui surveillait le petit écran de son détecteur, annonça :

- On dirait que les derniers vaisseaux ennemis rejoignent leur soucoupe amirale. Ils s’en vont. Bientôt, il n’en restera plus aucun, ni en orbite, ni sur la surface.

C’était difficile bien sûr d’être tout à fait certains qu’il ne restait plus rien des troupes de Véga sur la planète mais dès lors qu’il ne restait plus rien à détruire…

-Rentrons mes amis et préparons-nous, dit enfin Idmon.

De toute façon, il leur était impossible de rester à l’extérieur puisque les émanations de lasernium commençaient déjà à rendre l’air irrespirable, même à cette distance. Ils entrèrent dans la grotte réaménagée et fermèrent soigneusement le sas. En silence, chacun reprit son travail, transportant le reste des vivres et des équipements nécessaires à bord  de l’Argo. Le vaisseau, quoique parfaitement adapté, n’était pas très raffiné. Il était gros, lourd et probablement difficile à manier. C’était pourtant leur seule chance de réussite.

Sadir, qui d’eux tous possédait le moins de qualifications techniques pour la mission à venir, eut tôt fait de terminer sa tâche. Il s’assit dans le coin le plus à l’écart pour observer les préparatifs du départ. Le jeune homme aux longs cheveux blancs s’imprégna de l’ambiance remplie d’accablement, de désolation et d’incertitude mais aussi, quelque part, d’expectative. Il pianota sur son écran, transcrivant rapidement les quelques vers qui prenaient naissance en lui. Lorsqu’il eut terminé, il s’avisa soudain qu’un silence inhabituel régnait dans la grotte. Tous le regardaient, attendant qu’il ait fini. Même s’il n’était pas un technicien, personne de contestait jamais la valeur de son travail pour leur petit groupe. Il était leur chantre, leur barde, celui qui traduisait leurs aspirations les plus profondes. Il referma l’appareil et leur fit un petit signe :

-J’ai terminé.
- Nous aussi, dit Danaos en souriant. Nous sommes prêts.

Sans un mot, ils se rassemblèrent tous près de la porte principale de l’Argo.

***

Le Régulateur, cet appareil qui allait tous leur sauver la vie remplissait la plus grande partie de la première cale du vaisseau. La console hexagonale, qui renfermait le cœur même du système,  était bordée de tous les côtés par les capsules individuelles de survie. Chacune de ces capsules était reliée par un ensemble de câbles au Régulateur. Idmon les accueillit tous, debout sur le terminal comme sur un piédestal. Il vérifiait la colonne principale de cristal qui partait du centre du Régulateur pour atteindre le plafond de la salle. De là Sadir savait que des relais cristallisés rejoignaient tous les systèmes de l’Argo.

Ayant apparemment terminé ses ultimes ajustements, Idmon sourit, le regard fébrile. Il étendit le bras vers eux, les prenant à témoin avant de caresser d’une main possessive la colonne dont le cœur pulsait d’une lumière bleue et de prendre la parole :

- Chers compagnons, je sais que ce moment en est un de grande tristesse pour nous tous. La planète qui nous a vus naître est détruite. Très bientôt nous ne pourrons plus y vivre. Je l’avais prévu. J’en avais averti les autorités mais on ne m’a pas écouté. J’ai tout tenté pour convaincre le roi du bienfondé de mon projet mais on a balayé mes travaux du revers de la main. Aujourd’hui, c’est trop tard pour tous les autres. Notre civilisation va disparaître mais nous lui survivrons.

La voix de leur chef prit des accents de triomphe :

- Mes amis, l’heure est enfin venue. Dans quelques minutes, nous aurons tous quittés l’enfer qu’est devenu Euphor. Dans quelques minutes, nous nous envolerons vers un avenir radieux. Ensemble, nous avons bâti l’Argo et perfectionné le Régulateur. Ensemble, nous survivrons et nous rebâtirons ailleurs, notre Utopia. Elle sera loin des envahisseurs, loin de tout, à l’abri. Et Utopia, dans quelques générations, rivalisera de beauté et de grandeur avec Euphor elle-même!

Sadir avait soudain le cœur qui battait la chamade. Le grand moment était venu. Il n’osait y croire. Quitter Euphor. Pour toujours. Partir avec le maximum d’informations et de vivres pour trouver une autre planète, s’y poser et s’y établir. Émigrer… Et fonder ailleurs une civilisation meilleure, plus sage et éventuellement plus forte, loin des ennemis. À l’abri de Véga et de ses visées expansionnistes.

Idmon descendit de la console pour leur distribuer à tous un bandeau muni d’un petit cristal.

- N’oubliez pas, avant le grand sommeil vous pourrez contrôler tous les paramètres de votre capsule par la seule force de votre pensée amplifiée par le cristal de ce bandeau. Ainsi, votre voyage pourra être des plus confortables. Mais plus important, grâce à lui, lorsque nous aurons atteint une planète hospitalière, le Régulateur pourra vous réveiller.

Sadir admira un instant l’objet avant de le fixer à son front. Ces cristaux, ce vaisseau et les six capsules fixées autour du Régulateur représentaient l’accomplissement, le couronnement de la carrière scientifique d’Idmon. Le Régulateur surtout allait leur permettre à tous de survivre à ce très long voyage dans l’espace.

Ils souriaient presque tous maintenant. Galatée, aux longs cheveux blonds, était encadrée de ses deux maris, Idmon lui-même, qui les dépassait tous d’une tête avec sa flamboyante chevelure rousse et Danaos, aux boucles sombres et aux talents techniques si extraordinaires. Déméter, à la peau noire, la silencieuse, qui maniait les armes avec autant de finesse que de fougue et Astartée, la sœur d’Idmon, rousse comme lui, timide et effacée. Douce Astartée qu’il soupçonnait d’être secrètement amoureuse de lui. Trois hommes et trois femmes, subjugués par les paroles qui leur promettaient la sécurité, le paradis et la puissance pour l’avenir. Leurs yeux, tout à l’heure encore reflétant les horreurs des scènes atroces qui continuaient à faire rage dehors, s’échangeaient maintenant des regards emplis d’espoir et d’excitation, à la perspective de cette grande aventure.

Idmon leur demanda alors de se placer en cercle et de joindre leurs mains pour prier la Providence, comme lors de chaque lever du soleil. Mais il n’y aurait plus de lever du soleil pour eux sur Euphor. Ce matin, ils avaient assisté au dernier… Alors qu’Astartée lui serrait fort les doigts, Sadir sentit poindre une petite parcelle de doute. La peur commençait à se frayer un chemin dans son cœur. Depuis des mois qu’ils préparaient leur départ, alors que le moment était maintenant venu, la foi du jeune homme vacillait. Et s’ils se trompaient? S’il n’existait pas de planète sécuritaire où s’établir et recommencer? Si les forces de Véga apercevaient leur vaisseau s’échappant bientôt de l’atmosphère embrasée d’Euphor?

Troublé, Sadir osa rompre le rituel pour jeter un regard vers Idmon. Le géant roux avait les yeux fermés, un air d’assurance et de béatitude sur le visage. Sadir, une fois de plus fut conquis par le charisme de cet homme si sûr de lui. Il fit taire ses doutes alors que tous ses compagnons s’embrassaient en vue de cette « absence » prolongée. Puis chacun prit place devant la capsule de survie qui lui était assignée. Déméter brisa alors le silence en osant demander :

-Combien… combien de temps?

Idmon secoua la tête :

- Je n’en sais rien. Des années sûrement. Mais ne vous en faites pas. Lorsque l’Argo aura détecté une planète propice, il déclenchera le Régulateur qui nous réveillera. Et alors notre avenir sera extraordinaire!
Les sourires de Déméter étaient rares mais toujours éblouissants et… communicatifs. Lentement, tous ses compagnons sourirent à leur tour et c’est d’un cœur léger que Sadir monta dans sa capsule.

***

Dès son entrée, Actaée fut enveloppée par les douces odeurs de terre humide et de parfums floraux divers qu’elle avait appris dès l’enfance à associer à sa mère. Il pleuvait averse dehors et le temps était frais mais ici, dans la serre, on se serait cru dans une forêt tropicale. Ne manquaient que le bruit du vent et des oiseaux. Partout des plantes exotiques aux couleurs chatoyantes et des alignements quasi infinis de semis et de plantules sous des lumières artificielles. La jeune fille s’avança parmi les fleurs en boutons et les arbustes aux feuilles tendres, cherchant du regard celle qui régnait ici comme une fée dans les contes qu’on lui lisait enfant. Vénusia. Les années lui avaient été douces. Malgré les chagrins et le temps qui emporte toujours avec lui un peu de la vitalité des humains, Actaée la retrouvait dans cette serre, sereine et intemporelle, sachant faire apparaître la vie dans la terre noire et humide, connaissant tous les secrets des plantes et concoctant, dans ce laboratoire végétal, des recettes secrètes pour influer sur l’avenir des hommes. L’épouse d’Actarus ne portait pourtant que des vêtements de travail, des bottes et un gros tablier garni de poches lorsque la jeune fille la trouva, accroupie et taillant d’une main experte les tiges d’un arbuste malade :

-Maman? Je peux te parler quelques minutes?

Vénusia se releva souplement, replaçant d’un geste machinal une mèche derrière l’oreille. Actaée se souvenait d’avoir vu sa mère porter les cheveux plus courts mais depuis quelque temps, elle les portait longs et habituellement attachés en une queue de cheval, dégageant son visage aux traits fins et mettant en valeur ses grands yeux marron. Ces yeux se fixèrent avec acuité sur le visage de la jeune fille, analysèrent ce qu’ils y décelaient et la maman conclut :

- Il est resté sur ses positions, c’est ça?

Actaée fit la moue :

- Comment le sais-tu?
- Ma chère enfant, je suis passée par là, moi aussi. Ton père est une vraie tête de mule quand il s’agit de la sécurité de ceux qu’il aime. C’est une grande qualité mais cela peut devenir très énervant pour ces derniers…

Vénusia avait un petit sourire en coin mais son regard semblait regarder ailleurs, vers un passé qui datait d’avant la naissance de sa fille.  Cette dernière eut un soupir de dépit :

- Comment faire pour qu’il change d’avis alors?

Vénusia se remémora les prises de bec et les disputes parfois même, dans le cas d’Alcor, les coups échangés avant qu‘ils ne forment la patrouille des Aigles. Oui, Actarus n’avait pas laissé facilement son rôle de protecteur auprès de ses amis. Et aujourd’hui, il faisait de même avec sa fille, leur fille. Elle caressa doucement la joue d’Actaée.

- Tu es sans doute ce qu’il a de plus précieux au monde…
- Maman, je voudrais tellement qu’il me fasse confiance! Qu’il soit enfin fier de moi…

Vénusia eut un tendre sourire :

- Ma petite ondine bleue, il l’est déjà voyons! Nous le sommes tous!

C’était vrai. Actaée, brillante, forte, habile et travaillante était en plus dotée d’une grande empathie envers les autres. La seule chose qu’on pouvait parfois lui reprocher était d’avoir tendance à ne pas avoir beaucoup d’assurance. Vénusia eut soudain une idée :

- Donne-moi ton bracelet. Je vais essayer de lui parler.
- Mon… bracelet?

Actaée, qui n’enlevait jamais le bijou, fronça les sourcils mais le retira tout de même pour le remettre à sa mère.

***

Sadir émergea à nouveau du sommeil. La buée de sa respiration formait un film humide sur le couvercle au-dessus de lui. Avait-il rêvé ? Le lent engourdissement qui l’avait gagné alors que s’amorçait l’étonnant voyage, le réveil dans la solitude, le noir et la désespérance… Tout cela n’avait-il été qu’un songe? N’osant trop y croire, il chercha le bandeau. Rien, son front était nu. Tentant de contrôler la panique qui menaçait à nouveau de s’emparer de lui, il passa une main autour de sa tête dans l’espoir qu’il se soit simplement déplacé. Enfin, avec un soupir tremblant, il le localisa dans son cou. Collant fébrilement le cristal à son front, il fit de son mieux pour faire le vide dans son esprit avant de se concentrer sur une pensée. Une seule, salvatrice, mais seulement s’il en avait la force :

« Ouvrir la capsule »

***

Debout sur la terrasse surplombant la vallée, Actarus sentit le vent de la nuit lui caresser les jambes sous le kimono gris qu’il affectionnait dans ses rares moments de détente. Il laissa son regard embrasser le panorama qui était devenu son préféré : au loin, vers la droite, les lumières du Centre dominant la rivière et le barrage qui abritait encore Goldorak, à gauche, plus près, la maison de son père dont il voyait luire encore les lumières et plus bas, dans la nuit, plus faiblement éclairé, le ranch du Bouleau blanc et les serres de Vénusia qui le jouxtait. Il soupira d’aise : dans le secret de son cœur, il considérait ce panorama comme son petit univers personnel, son royaume en quelque sorte. Malgré toutes les années, lorsqu’il pensait à Euphor, une grande tristesse l’envahissait encore, bien différente cependant de la blessure cuisante qui avait été la sienne durant les premières années de son séjour sur Terre. Mais cet endroit et les gens qui le peuplait – il  incluait sa sœur, Alcor et leur famille dans ce cercle, même s’ils habitaient à plusieurs kilomètres à l’ouest - cela, c’était maintenant son domaine, son « chez lui ». Et le prince d’Euphor s’effaçait pour laisser aujourd’hui place à l’homme mûr, serein et en paix avec lui-même qui gardait ce décor et ses habitants dans son cœur comme un trésor.

Il perçut un bruit dans la chambre derrière lui et se retourna pour voir entrer Vénusia qui sortait de la douche, son peignoir rose négligemment noué. Elle entreprit de se passer une brosse dans les cheveux qui lui descendaient maintenant au milieu du dos tout en lui souriant dans la glace de sa coiffeuse. Il s’approcha et déposa un doux baiser dans son cou. Elle le retint d’une main sur sa joue en se retournant et plongea son regard dans le sien :

-Tu as parlé à ta fille?

Les beaux yeux d’azur se voilèrent un peu :

- Les nouvelles vont vite…
-Elle t’adore et veut te prouver sa valeur…

Il fixa sa femme dans le miroir :

- Je connais sa valeur! C’est pourquoi je veux la protéger.
- Actarus…

Il eut un soupir impatient :

- J’en ai déjà discuté avec père.
- Actarus…
- Quoi?

Elle lui indiqua l’objet posé sur la coiffeuse :

- Commence par ceci.

Actarus tendit la main pour saisir lentement le bracelet qui brillait dans la douce lumière imprégnant leur chambre. Le bracelet large, très simple, de cuir marron était orné d’un bijou curieux, très semblable au médaillon d’Euphor que Phénicia et lui portaient toujours au cou, à la différence que la pierre de celui-ci était une opale iridescente aux propriétés très particulières. Il caressa un instant la surface satinée et tiède avant de relever les yeux vers Vénusia qui le regardait posément :

- Tu m’es raconté un jour le secret de ta métamorphose. Ne serait-il pas temps que notre fille accède elle aussi à cette part de son « héritage »?

Dans la main d’Actarus, une faible lueur  irradia sa paume alors que l’énergie contenue dans l’opale pulsait tel un être vivant.

***


Note:

Alors que je terminais ce chapitre, je me suis rendue compte qu’il y avait certains points de l’histoire (la serre et son contenu et le lien avec le titre) qui la faisait ressembler à l’une des fics d’Homnorak « Complainte d’un pays lointain ». C’est tout à fait involontaire de ma part et si les choses peuvent être semblables au début, c’est en surface seulement. Ceci n’exclut évidemment pas que nous ayons été toutes deux inspirée par le même point de départ dans le DA.


Dernière édition par Oscar1965 le Dim 22 Fév 2015 - 12:40, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
venusia45

avatar

Messages : 4462
Date d'inscription : 02/02/2014
Age : 46
Localisation : dans ma soucoupe

MessageSujet: Re: Et refleuriront les lys...(Terminée)   Dim 22 Fév 2015 - 9:53

Mmmm, joli !!! De belles -et tristes- évocations, de jolies descriptions, j'aime beaucoup ! Et ce retour sur la destinée tragique d'Euphor...

Merci Oscar !

Et vive la mythologie grecque Wink Je note le fait que tes personnages regardent la capitale flamber depuis le mont Oeta (ledit mont Oeta est précisément connu pour avoir accueilli l'immolation d'Hercule !! Mon goût pour l'Antiquité n peut que se réjouir de cette référence fort à-propos !)

Tu as mis en scène Vénusia dans une serre...Je crois que c'est "le destin d'Actarus" qui se termine aussi avec Vénusia dans une serre Wink Et la fille d'Actarus semble bien tenir de son père (même si sa mère a une sacrée volonté aussi dans le DA !)
Revenir en haut Aller en bas
aphelie

avatar

Messages : 263
Date d'inscription : 24/10/2009
Age : 48
Localisation : Grenoble

MessageSujet: Re: Et refleuriront les lys...(Terminée)   Dim 22 Fév 2015 - 10:06

merci pour cette histoire et j'attends la suite avec impatience. La mer que tu installe en filigrane dans ton histoire me plait. L'eau est très présente dans goldorak (les combats sous-marins, les orages, le pont où aphelie laisse tomber son poignard, etc.).
Revenir en haut Aller en bas
http://cathyhune.e-monsite.com
anterak 08

avatar

Messages : 11745
Date d'inscription : 16/05/2009
Age : 51

MessageSujet: Re: Et refleuriront les lys...(Terminée)   Dim 22 Fév 2015 - 11:25

bravo Oscar et merci Very Happy Very Happy Very Happy
Revenir en haut Aller en bas
hikaru

avatar

Messages : 5356
Date d'inscription : 31/12/2012
Age : 45
Localisation : ESSONNE

MessageSujet: Re: Et refleuriront les lys...(Terminée)   Dim 22 Fév 2015 - 11:47

Merci Oscar pour cette suite qui commence à mieux planter le décor et par conséquent la suite de l'histoire.

Citation :
- Ma chère enfant, je suis passée par là, moi aussi. Ton père est une vraie tête de mule quand il s’agit de la sécurité de ceux qu’il aime. C’est une grande qualité mais cela peut devenir très énervant pour ces derniers…

Tout à fait et elle sait de quoi elle parle. lol!

Citation :
Ne serait-il pas temps que notre fille accède elle aussi à cette part de son « héritage »?

Y a pas à dire, Vénusia sait comment faire pour qu'Actarus accepte.  cheers  


Citation :
Tu as mis en scène Vénusia dans une serre...Je crois que c'est "le destin d'Actarus" qui se termine aussi avec Vénusia dans une serre Wink

Oui, tu as raison, c'est même là où Actarus repose en paix. Sad
Revenir en haut Aller en bas
Oscar1965

avatar

Messages : 6271
Date d'inscription : 20/01/2014
Age : 52
Localisation : Planète Bleue

MessageSujet: Re: Et refleuriront les lys...(Terminée)   Dim 22 Fév 2015 - 12:30

venusia45 a écrit:
Mmmm, joli !!! De belles -et tristes- évocations, de jolies descriptions, j'aime beaucoup ! Et ce retour sur la destinée tragique d'Euphor...

Merci Vénusia! Embarassed

Vénusia a écrit:
Et vive la mythologie grecque Wink Je note le fait que tes personnages regardent la capitale flamber depuis le mont Oeta (ledit mont Oeta est précisément connu pour avoir accueilli l'immolation d'Hercule !! Mon goût pour l'Antiquité n peut que se réjouir de cette référence fort à-propos !)

J'avais besoin d'une source d'inspiration pour tous les noms dont j'allait avoir besoin. L'astronomie c'est bien mais le DA y a déjà beaucoup puisé. Il y a bien l'invention de mots en euphorien (comme junt ari et Ixour) mais lorsque je suis tombée entre autres sur la légende de Jason et de la Toison d'or... Quelle belle source de noms pour moi! Contente que cela te plaise!

Citation :
Tu as mis en scène Vénusia dans une serre...Je crois que c'est "le destin d'Actarus" qui se termine aussi avec Vénusia dans une serre

Tiens , oui, j'avais oublié... Shocked  Neutral


Vénusia a écrit:
Et la fille d'Actarus semble bien tenir de son père (même si sa mère a une sacrée volonté aussi dans le DA !)

Wink Tout à fait!

aphelie a écrit:
merci pour cette histoire et j'attends la suite avec impatience. La mer que tu installe en filigrane dans ton histoire me plait. L'eau est très présente dans goldorak (les combats sous-marins, les orages, le pont où aphelie laisse tomber son poignard, etc.).

C'est vrai que l'eau teint une grande place dans le DA. Normal pour une histoire se passant au Japon je suppose. En plus, Actaée est née durant un typhon après que sa mère eut sauvé Actarus d'une mort certaine au fond de la mer.

Merci pour ton com Aphélie! Very Happy

hikaru a écrit:
Merci Oscar pour cette suite qui commence à mieux planter le décor et par conséquent la suite de l'histoire.

Merci Hikaru!

Hikaru a écrit:
Citation :
Ne serait-il pas temps que notre fille accède elle aussi à cette part de son « héritage »?

Y a pas à dire, Vénusia sait comment faire pour qu'Actarus accepte.  :cheers

Wink  Wink  Wink

Merci à toi aussi Antérak!

Pour l'instant, la suite est à l'état embryonnaire. Je sais où je veux aller mais je ne suis pas sûre du chemin à emprunter... Rolling Eyes
Revenir en haut Aller en bas
Gurendaizä

avatar

Messages : 10565
Date d'inscription : 29/10/2011
Age : 51
Localisation : A bord de Goldorak

MessageSujet: Re: Et refleuriront les lys...(Terminée)   Dim 22 Fév 2015 - 12:55

Merci Oscar pour ce nouveau chapitre !!!! cheers cheers cheers cheers cheers

_________________
Goldorak, Go !     グレンダイザー    Gurendaizä go ! 
Revenir en haut Aller en bas
Oscar1965

avatar

Messages : 6271
Date d'inscription : 20/01/2014
Age : 52
Localisation : Planète Bleue

MessageSujet: Re: Et refleuriront les lys...(Terminée)   Dim 22 Fév 2015 - 13:30

Contente que tu l'apprécies Gurendaizä! Very Happy
Revenir en haut Aller en bas
Oscar1965

avatar

Messages : 6271
Date d'inscription : 20/01/2014
Age : 52
Localisation : Planète Bleue

MessageSujet: Re: Et refleuriront les lys...(Terminée)   Jeu 5 Mar 2015 - 22:43

Désolée de cette longue attente.  Embarassed



Chapitre 3 :

Le tonnerre grondait dans la forêt. Et quatre cœurs battaient au même rythme que ce roulement battu, telle une musique sauvage, par les sabots des bêtes poussées avec une joie féroce à se dépasser, à se soumettre à ces maîtres, dans la fureur et l’envolée d’un galop enivrant. Le sentier fut délaissé, les obstacles furent franchis, le décor changea. Les chevaux ralentirent dans le soleil qui se déversait au cœur d’une clairière en grandes coulées lumineuses, faisant s’envoler les papillons. Un homme descendit. Il prit soin de bien attacher sa monture près d’un ruisseau à l’ombre d’un grand érable. Sa fille, presqu’aussi essoufflée que l’animal qu’elle montait, regarda son père d’un œil surpris. Jamais elle ne l’avait vu monter ainsi, laissant aller toute la fougue et toute la vitalité qu’il gardait soigneusement cachée d’habitude, la défiant de le suivre, lui, toujours si prudent.

Elle le rejoignit pour attacher Nyx auprès de Vif Argent. Malgré les années,  le grand étalon blanc qu’affectionnait son père aimait toujours galoper et bien des chevaux plus jeunes pouvaient lui envier son ardeur. Actarus, les bras croisés,  regardait sa fille, l’air impénétrable, comme si l’instant était solennel pour lui. Elle frissonna et souhaita vite retrouver les coulées d’or du soleil de la clairière.

-Père, pourquoi sommes-nous ici?

Actarus l’observa un court instant. Sans répondre, il lui offrit la gourde d’eau fraîche. Ils s’assirent et burent en silence sur le tronc qui pourrissait au sol après avoir ouvert la forêt par sa chute, leur offrant cette trouée claire dans une forêt par ailleurs très dense. Enfin Actarus prit la parole. Il semblait hésiter :

- Nous t’avons raconté la guerre…

Les récits de cette époque difficile avaient bercé l’enfance de bien des jeunes de sa génération. Contrairement aux autres enfants qu’elle fréquentait cependant, Actaée avait grandi  avec ces héros. Elle avait touché leurs vaisseaux et leur base secrète avait été son terrain de jeux. Et elle avait toujours rêvé de leur ressembler, de faire partie de cette confrérie glorieuse qui avait jadis sauvé la Terre. Petite, elle avait imaginé ses parents volant vers la bataille tels de preux chevaliers conduisant leurs montures d’acier vers des combats implacables. Et ils avaient triomphé. Toujours. Élevés par la suite au rang de demi-dieux, ils avaient fait leur possible pour rentrer dans l’anonymat, pour protéger leur intimité. Mais pour la petite fille, ils avaient toujours été ceux qu’elle admirait et auxquels elle voulait ressembler. Son père surtout. Le rescapé d’Euphor, le prince venu d’ailleurs qui avait voué son existence à la Terre. Et lorsqu’Actaée songeait qu’un même sang coulait dans leurs veines, elle en avait la gorge nouée d’émotion et de peur. Comment être à la hauteur d’une telle ascendance? Comment faire sa propre route dans l’ombre d’un tel géant? Mais Actarus poursuivait :

- Maintenant, il faut que tu apprennes autre chose…

Il se leva, et, s’éloignant de quelques pas, il murmura :

« Métamorphose! »

La lumière de la clairière parut sombre tout à coup tant la lueur émanant du prince d’Euphor était intense. Milles couleurs teintèrent la nature, éblouissant la jeune fille qui plissa les yeux. Lorsqu’elle les rouvrit, il se tenait devant elle, dans cet habit qu’il n’avait plus revêtu depuis longtemps. Ébahie, elle se leva, tremblante. Elle n’avait jamais assisté à la métamorphose de son père. Soudain, la nature profondément « autre » de celui-ci lui apparut comme jamais auparavant. Le souffle court elle restait là, immobile, tant les mots lui semblaient insuffisants à traduire son émotion. Actarus releva sa visière.

- Je t’ai fait peur?
- Non… enfin pas vraiment.
- La première fois que j’ai eu à le faire devant ta mère… Enfin bref, cela ne s’est pas très bien passé.

Il avait un petit sourire en coin, se remémorant l’épisode et leur manque de jugement et de maturité à tous les deux ce jour-là…

- Mais elle t’a pardonné, devina la jeune fille avec un sourire.
- Ta mère m’a toujours tout pardonné…Actaée, ce que je viens de faire, tu peux le réussir aussi. Et je dirais même que tu dois le réussir si tu veux un jour devenir le pilote de Goldorak.

Actaée se raidit, incrédule. Il lui semblait que jamais elle ne pourrait accomplir un pareil prodige.

- Mais, père, je ne suis pas … Je veux dire, je suis seulement à moitié…
- Euphorienne? Non, ne t’en fais pas. Je sais depuis longtemps que tu possèdes les mêmes dons que toutes les femmes de notre famille alors que je ne suis que porteur…*

Mais elle secouait la tête :

- Père, je ne comprends pas!
- C’est vrai, pardonnes-moi ma douce, je vais t’expliquer.

Il ouvrit le haut de sa combinaison pour dégager son cou et sortir un bijou qu’elle connaissait bien car il le portait toujours sur lui.

- Ce médaillon, en plus d’être le symbole de ma famille, aide à contrôler à la fois la métamorphose et le robot. Tu vois, Goldorak comporte une partie de circuits semi-organiques. Ces circuits, sont un peu comme des cellules nerveuses. Elles aident à réguler les systèmes de Goldorak, elles lui permettent de réagir presque comme un corps humain dont le pilote serait le cerveau.

Actaée souffla :

- Goldorak… pense?
- Non, jamais seul. Mais lorsqu’il je le lui commande, il réagit avec la vitesse d’un système nerveux euphorien. Avec la vitesse de… mon système nerveux.
- Tu veux dire que ce sont tes propres cellules qui vivent dans Goldorak?
- Oui, c’est là le secret de sa  puissance, de ses réflexes. Le robot possède… est une part de moi.

Dans la clairière dorée, tout s’était tu. Les insectes qui, tout à l’heure encore chatouillaient l’air de leurs bourdonnements s’en étaient allés et les oiseaux étaient cois. Le vent même avait cessé de faire chanter les feuilles. Actaée restait immobile, les yeux agrandis de stupeur, avec juste à côté du cœur, une petite parcelle de fierté qui commençait à éclore. Il lui racontait cela. Ce secret immense connu des seuls initiés lui était dévoilé… à elle.

- Père…
- Ce n’est pas tout.

Cette fois il avança le médaillon vers elle. Ce dernier pivotait lentement au bout de sa chaîne, piégeant dans ses facettes, le soleil omniprésent.

- Ce médaillon est un amplificateur d’ondes cérébrales. Il agit aussi en tant qu’instrument de stockage et de microtéléportation. Tu vois, ma fille, seuls les enfants d’Euphor sont en mesure d’effectuer une métamorphose parce que seuls ces derniers possèdent les fréquences mentales qui peuvent contrôler le médaillon. À l’intérieur de celui-ci est simplement stocké le patron énergétique de ma tenue de combat, ou, comme en ce moment, celle de mes vêtements de tous les jours. Lorsque j’en ai la volonté, j’active la microtéléportation à travers le médaillon et je me métamorphose.

- Donc, sans le médaillon…

Actarus eut un sourire ironique :

- Sans lui, je me battrais avec ma fermeture éclair comme tout le monde…

Puis il reprit son sérieux :

- Mais surtout, sans lui, la communication avec Goldorak serait lente et imparfaite aussi puisqu’il amplifie mes ondes mentales pour que les systèmes du robot les comprennent et les exécutent. Voici ta propre version de ce même médaillon.

Il lui tendit alors le bracelet orné d’une opale. La jeune fille le prit en hésitant.

- Tu veux dire que mon bracelet…?
- Oui, aujourd’hui, en plus d’émettre un rétro-laser,* il agira comme le font mon médaillon et celui de Phénicia. Je l’ai modifié. Cela n’a pas été aussi difficile que sa construction je t’assure.  Et j’en ai aussi profité pour ajouter quelques-unes de tes propres cellules aux circuits de Goldorak. Elles se diviseront et il y aura bientôt autant de toi que de moi-même en lui. Tu pourras le contrôler beaucoup plus facilement ainsi. Mais je veux que tu fasses un choix éclairé. Je ne voudrais pas te forcer…

Elle touchait le bijou du doigt, comme si elle le voyait pour la première fois :

- C’est incroyable… Toute cette technologie… Jamais je n’aurais cru… Père, Euphor était donc tellement en avance sur la Terre?

Le regard de son père se fit tout à coup plus douloureux :

- Oui… La technologie d’Euphor surpassait de loin celle de la Terre en effet. Mais les dirigeants n’ont pas eu la sagesse de l’utiliser au bon moment et le résultat a été désastreux.

Il prit ensuite doucement la main de sa fille dans la sienne :

- Actaée, je suis  déchiré : je voudrais te protéger plus que tout. T’épargner les difficultés et les sacrifices qui sont le lot du pilote de Goldorak. Mais je suis bien conscient que sans lui, la Terre est pratiquement sans défense. Et je ne serai pas toujours là pour veiller… Un jour, il faudra bien que je passe le flambeau. Tu es la mieux placée pour cela mais en même temps…

Le ciel radieux de ce regard qu’elle aimait tant s’était voilé de nuages et parmi les larmes qui perlaient, une goutte roula, s’échappant sur la joue du père accablé. Actaée tenta de le rassurer :

- Père, nous ne sommes plus en guerre depuis longtemps…La Terre est une planète pacifique.
- Euphor l’était aussi, encore plus sans doute. L’harmonie et le bonheur régnaient. Nous avions une civilisation qui avait atteint un idéal dont la plupart des mondes ne peuvent que rêver. Mais nous n’étions pas préparés à défendre cet idéal. Nous avions oublié que l’univers entier n’était pas bienveillant… et nous l’avons payé de notre vie.  Il est de mon devoir de défendre la Terre, de m’assurer qu’elle soit toujours prête. Mais j’hésite encore à mettre un tel fardeau sur tes épaules, ma douce.

Elle se redressa, et le fixa, le regard clair, si semblable au sien et sa voix se fit soudain plus mature :

- Je suis prête à l’assumer. Avec toi comme mentor, je serai mieux préparée que tu ne l’as jamais été.

Il caressa un instant les cheveux sombres, faisant glisser entre ses doigts la mèche bleue qui marquait depuis toujours la différence de sa fille aux yeux des terriens.

- Sous le gouvernement unifié de la Terre, les projets d’exploration spatiale et de colonisation des planètes par les terriens sont de plus en plus proches de se concrétiser. Les travaux de ton grand-père, de Sayari et de ta mère vont tous en ce sens. Tout cela est enivrant, je sais, mais les humains seront exposés aux dangers venus de l’espace…
- Tu as toujours voulu protéger tout le monde. Mais tu as raison : le jour où tu n’y seras plus, ce sera à moi de continuer. Alors, je t’en prie père, oublie tes doutes et montre-moi comment faire.

Actarus soupira, il aurait dû savoir qu’elle ne reculerait pas devant les difficultés. Devant les yeux de la jeune fille, le prince d’Euphor, un instant submergé d’amertume, fit taire ses sentiments et reprit le contrôle de ses émotions. Ce fut comme de voir une seconde métamorphose où le présent venait habiller le passé.

- Alors commençons, dit-il finalement.  Tu vas te placer au centre de la clairière et te concentrer.

La jeune fille fit ce qu’on lui demandait.

- Détends-toi. Cela demande beaucoup d’énergie les premières fois, avant de devenir presqu’un réflexe. Tu dois visualiser ta tenue de combat, en ressentir le poids sur ton corps, jusque dans les moindres détails. Lorsque tu t’en sentiras prête, le mot « métamorphose » activera le transfert à partir de ton bracelet.

Actaée, ferma les yeux. Elle était consciente de tout ce qui l’entourait : la brise sur sa peau et dans ses cheveux, le bruit du vent dans les arbres qui avait repris, la chaleur du soleil sur ses joues et, plus que tout, le regard attentif de son père. Mais il fallait faire le vide, effacer toutes ces sensations et ne plus penser qu’à une chose. Lorsqu’elle eut l’impression qu’elle pouvait presque ressentir le grain du tissu sur sa peau, elle articula :

« Métamorphose! »

De nouveau, la lumière du soleil pâlit. De nouveau une étoile sembla naître au centre de la clairière. Cela commença par une étincelle centrée sur le cœur de la jeune fille, pour enfler, pulser et finir par l’engouffrer toute entière. En deux secondes, elle ne fut plus qu’éclat, ses cheveux devenus comme des rayons, agités, défiant la gravité. Puis, presqu’aussi rapidement, la lueur disparut et ne resta plus qu’une jeune femme debout, les bras écartés de son corps, comme cherchant son équilibre, essoufflée et les yeux clos.

Actarus, pendant un instant, avait lui aussi oublié de respirer. Il se souvenait parfaitement des sensations qui avaient accompagné ses premières métamorphoses. Il admira le calme et la maîtrise dont avait fait preuve sa fille mais dut briser l’instant de magie :

- Ça va?

Actaée ouvrit les yeux, un instant encore déstabilisée par cette nouvelle expérience.

- J’ai… eu l’impression que des milliers de papillons caressaient ma peau et que le moindre mouvement allait les faire fuir… J’ai réussi?
- Hum, presque, fit-il avec un sourire. Tu as juste oublié le casque.

Elle porta la main à sa tête, confuse :

- Oh! Désolée!

Elle observa ses habits, étonnée :

- Mais, cette tenue est différente?

Actaée portait les couleurs de sa tenue de vol habituelle, soit noir et bleu mais le style avait complètement changé. Le buste portait le dessin aux ailes déployées des princes d’Euphor et on pouvait distinguer ici et là quelques détails dorés. Elle leva des yeux étonnés vers son père, mais celui-ci souriait avec tendresse :

- Tu as pleinement mérité ce changement. Apprends aujourd’hui, ce que signifient pour moi ces couleurs : le noir pour l’espace infini, le bleu pour la couleur de cette planète et l’or pour ton appartenance à la famille royale.
- Mais il y a du rouge sur la tienne, père…

Il ne répondit pas mais ses yeux se voilèrent de nouveau. Soudain, Actaée comprit. Ce fut elle qui compléta, d’une voix triste :

- Le rouge pour le sang versé… lors des combats.

Actarus hocha lentement la tête. Il fit en silence le vœu que l’habit de sa fille ne porte jamais cette couleur.



* « Des lendemains qui chantent »


Dernière édition par Oscar1965 le Dim 8 Mar 2015 - 4:09, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Et refleuriront les lys...(Terminée)   

Revenir en haut Aller en bas
 
Et refleuriront les lys...(Terminée)
Revenir en haut 
Page 1 sur 29Aller à la page : 1, 2, 3 ... 15 ... 29  Suivant
 Sujets similaires
-
» Offre terminée.
» Les cycles ou séries que vous avez terminé
» Venet, "Doubles lignes indéterminées", 1988, acier, La Défense
» Banniere et modif image [Terminé]
» Maquettes terminées de Beute ou Capturé

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Goldorak ... by Invincible ! :: Invincible : Espace Créatif ! :: Fan-Fictions-
Sauter vers: