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 Le sentier (terminée)

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Oscar1965

Oscar1965

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MessageSujet: Le sentier (terminée)   Le sentier (terminée) Icon_minitimeDim 11 Jan 2015 - 19:11

Ceci est  une histoire très courte. Elle se déroule un an ou deux avant les événements du DA. La trame de départ est basée sur des faits vécus par une adolescente que je connaissais… particulièrement bien.

Attention, certains passages peuvent être difficiles. Merci à Go Nagai pour son univers de héros qui surpassent leurs peurs et qui défient les méchants.

Le sentier


    « Je vais mourir »

    Une pensée claire, simple, dépourvue de révolte ou de peur. Pour l’instant. Car elle découvrait que la peur pouvait être en retard, qu’elle pouvait oublier d’être présente dans les moments cruciaux, comme celui-là. Le visage pressé sur le sol, elle ressentait chaque petit caillou, chaque brindille s’enfoncer dans sa joue. Bizarrement, elle avait aussi de la terre dans la bouche. Comment? Elle avait dut crier en tombant, continuait de crier d’ailleurs parce que c’était ce qu’il fallait faire dans ces situations, non? Crier, se débattre, ne pas laisser l’assaillant croire qu’il pouvait réussir. Mais personne ne pouvait l’entendre ici.

    « Je vais mourir. »

    Ses yeux ne voyaient que les arbres et le sol jonché de branches et de feuilles mortes de ce bois, tout à l’heure si enchanteur, paré qu’il était d’un printemps qui sentait déjà l’été. Elle imagina ce qui allait suivre : il allait la violer et puis la tuer avant de laisser son corps pourrir sous le couvert  impersonnel du sol de cette forêt. Elle s’y préparait déjà mentalement, préparait son corps à subir les assauts de cet inconnu en détachant ses émotions de ce que ses sens lui signifiaient. Son père ne saurait jamais ce qu’il était advenu d’elle. Elle serait une statistique… Une autre fille disparue dont on ne retrouverait jamais la trace. Étrangement, ce fut cette pensée fugitive, comme un éclair, cette vision d’elle-même comme d’un simple numéro de dossier de police qui la galvanisa. L’orgueil…

***

    Tout avait commencé par un désir de rêvasser  un peu plus longtemps que d’habitude sur le chemin de l’école. Pour une fois Vénusia avait décidé de s’y rendre à pied, par le sentier du grand bois qui courait à flanc de montagne. Pour une fois, elle avait laissé son cheval à l’écurie, s’était dit que l’exercice lui ferait du bien et qu’après tout ce n’était qu’une petite promenade de trente minutes à peine. Elle aurait le temps d’arriver à l’heure à ses cours.

    Elle n’avait jamais rencontré personne dans ces petits chemins ombragés mais, comme ils longeaient une rue du village, elle ne fut pas trop surprise d’y croiser un jeune homme. Bref coup d’œil, rapidement échangé, aucune salutation, un peu de gêne comme on en ressent dans ces face-à-face fugitifs. Elle avait continué sa route, du même pas, sans plus y penser. Quels cours étaient à son horaire aujourd’hui? Son sac était resté à l’école puisqu’elle n’avait pas eu de devoirs la veille. Elle ne portait qu’un sac à main qu’elle gardait en bandoulière pour avoir les mains libres.  Des pas se rapprochèrent derrière elle. Elle songea :

    «  Le jeune homme retourne sur ses pas, il a dû oublier quelque chose. »

    Elle s’apprêtait à se déporter un peu de côté pour le laisser passer vu l’étroitesse du sentier lorsqu’une douleur incroyable lui déchira le haut du crâne. Un bras passa devant son cou, comme pour l’agripper mais elle se dégagea avant que la poigne fut ferme et se mit à courir. Et à crier, comme il se doit. Les pas derrière elle se firent plus rapides, il courait aussi. Puis, ce fut comme si elle recevait une maison dans le dos : il la plaqua au sol. Ils roulèrent ensemble à quelques pas du sentier : elle, se débattant comme une tigresse, criant des mots incohérents, sans suite,  et lui, silencieux, pesant de tout son poids sur son dos, sur ses jambes. L’une de ses mains lui retenait le poignet gauche alors que son bras droit se trouvait coincé sous elle, écrasé par leurs deux masses conjuguées, inutile. Elle criait toujours, des mots sans suite, des appels à l’aide étouffés parce qu’elle n’arrivait pas à faire entrer suffisamment d’air dans ses poumons pour les pousser avec plus de force.

    C’est à cet instant, lorsque son souffle se perdait dans les brindilles du sol, quand elle le sentit tenter de lui écarter les jambes de force, qu’elle fut certaine de sa fin prochaine :

    « Je vais mourir.»

    Mais toujours pas de vraie peur…

***

    Elle avait eu peur pour sa vie une fois, il avait quelques années. Mizar et elle se baignaient et il avait voulu lui jouer un tour en s’agrippant à ses épaules alors qu’elle n’avait plus pied au fond du petit lac. Elle s’était enfoncée, la bouche et le nez pleins d’eau, les yeux grands ouverts. Et lui, inconscient du danger avait continué à lui peser sur les épaules. S’était-il affolé dans l’eau profonde, lui qui ne savait pas encore bien nager? S’était-il agrippé à elle comme le font les gens qui sont en train de se noyer, sans réfléchir, paniqué tout simplement? Enfoncée sous la surface, des bulles d’air s’échappant de sa bouche pour lui chatouiller le visage, elle avait gigoté, s’était défait des petites mains sur ses épaules et était remontée à la surface, aspirant l’air à grandes goulées, toussant et crachant. Elle avait rattrapé la main de son frère qui s’enfonçait à son tour, tout en nageant vers la rive, jusqu’à ce que ses pieds touchent enfin le fond. Comme elle avait grondé l’enfant ce jour-là!

    Saurait-il ce qui était advenu de sa grande sœur? Pourrait-il comprendre cette part si sombre du monde, lui si jeune, si innocent? Et son père qui avait déjà tant souffert de la mort de sa femme, comment pourrait-il continuer sans son aide?

***

    Elle criait toujours. L’agresseur tenta de la faire taire en lui plaquant la main droite sur la bouche. Ce fut une erreur : elle le mordit fermement. Il retira vivement la main, toujours sans un mot, gardant malgré la douleur ce mutisme insolite. Presqu’aussitôt, elle sentit le poids sur son dos disparaitre et des pas rapides s’enfuir. Sans réfléchir, les membres lourds, elle se releva et courut elle aussi, dans la direction opposée. Cette fois, elle gardait le silence, réfléchissant à toute allure :

    « Il va revenir. Il est allé chercher une arme ou je ne sais pas quoi et il va revenir. »

    Elle considéra brièvement de se cacher quelque part dans la forêt mais le sentier arrivait à son terme et les bois se faisaient moins denses, les arbres plus rabougris et espacés. Pas de cachette donc. Une pensée lui vint alors qui lui tordit les entrailles: le sentier bifurquait brusquement vers la droite, longeant une sorte de falaise au pied de laquelle serpentait une route très fréquentée. Le sentier suivait la crête pour descendre doucement vers un endroit où la falaise devenait une pente abrupte qui débouchait sur cette route. Si l’agresseur la rattrapait ici il pourrait la pousser en bas. Une chute d’une quinzaine de mètres jusque sur le pavé… Cette fois, au plus mauvais moment, la terreur lui mordit les entrailles. La pensée qu’il pourrait, d’un coup, la faire mourir si facilement, lui coupa le souffle. Ses idées devinrent confuses, cédant le pas à son imagination qui lui faisait entendre l’arrivée de son agresseur dans chaque souffle du vent parmi les feuilles naissantes.

    Elle suivit le sentier vers la droite, trébucha sur de grosses pierres, glissa sur les cailloux qui parsemaient le chemin, s’écorcha les mains en tentant de se retenir aux arbres frêles qui avaient eu la malchance de se trouver sur son passage. Elle respirait par à-coups et, à quelques mètres du débouché, délaissant le sentier, elle sauta les deux derniers mètres vers le bas de la falaise, cherchant à se faire voir, certaine qu’il n’oserait plus s’approcher d’elle dans un endroit aussi en vue que ce bord de route. Elle se retrouva dans un fossé, remonta péniblement sur le bas-côté et continua de marcher vers l’école. Et là… elle perdit tout contrôle, marchant, courant presque, parlant, balbutiant tout haut alors qu’il n’y avait personne pour l’écouter :

-Ça n’est pas vrai… Ça ne m’est pas arrivé, c’est un cauchemar… Un cauchemar et je vais me réveiller. Aidez-moi… Aidez-moi quelqu’un SVP! J’ai besoin d’aide…


Dernière édition par Oscar1965 le Mar 28 Avr 2015 - 16:32, édité 2 fois
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venusia45

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MessageSujet: Re: Le sentier (terminée)   Le sentier (terminée) Icon_minitimeDim 11 Jan 2015 - 19:47

Sad Sad Sad Superbement bien écrit même si c'est d'une noirceur infinie... I love you I love you I love you Merci !
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Oscar1965

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MessageSujet: Re: Le sentier (terminée)   Le sentier (terminée) Icon_minitimeDim 11 Jan 2015 - 20:16

venusia45 a écrit:
Sad Sad Sad Superbement bien écrit même si c'est d'une noirceur infinie... I love you I love you I love you Merci !

De rien! Embarassed Embarassed Embarassed
Ouais, encore du sombre... Mon sac en est plein, je ne fais pas exprès désolée Neutral
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hikaru

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MessageSujet: Re: Le sentier (terminée)   Le sentier (terminée) Icon_minitimeDim 11 Jan 2015 - 20:44

Merci Oscar pour cette nouvelle histoire qui est très bien écrite.  cheers

Comment ne pas comprendre et ressentir l'angoisse de la pauvre Vénusia.  affraid

Mais que vas-tu lui faire subir cette fois ? scratch
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Oscar1965

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MessageSujet: Re: Le sentier (terminée)   Le sentier (terminée) Icon_minitimeDim 11 Jan 2015 - 21:20

Merci Hikaru! Embarassed Embarassed

La suite bientôt!
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Oscar1965

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MessageSujet: Re: Le sentier (terminée)   Le sentier (terminée) Icon_minitimeLun 12 Jan 2015 - 18:08

Chapitre 2

Une fois les vannes émotives ouvertes, plus moyen de les refermer : elle tentait vainement de retenir ses sanglots. Tremblant de tous ses membres, un peu vacillante sur ses jambes, elle avançait néanmoins vers son but : la cour de l’école. À cette heure de nombreux véhicules circulaient à grande vitesse dans les deux directions mais aucun ne s’arrêta, aucun même ne ralentit, comme si le spectacle d’une fille en pleurs, les vêtements maculés de terre et marchant le long d’une route était chose courante.

Vénusia commençait à désespérer. Elle redoutait d’entrer dans la grande bâtisse, d’y croiser de près les regards des autres élèves, d’avoir à expliquer ce qui s’était passé à tous ces gens. Elle était presque rendue à la porte lorsqu’un jeune homme à moto s’arrêta à sa hauteur.

- Je peux vous aider? fit-il en fronçant les sourcils.

Elle eut un drôle de sentiment de « déjà vu ». Il était un peu plus âgé qu’elle et portait les cheveux un peu trop longs, en bataille. Sa voix était douce mais son regard perçant la mit en confiance sans qu’elle sache au juste pourquoi. Les mots déboulèrent alors, sans logique :

-Je… j’ai été attaquée… dans le bois, là. Il... il faudrait que je rentre chez moi. Pouvez-vous m’aider SVP?

Il n’hésita pas :

- Oui, bien sûr, où habitez-vous?
- Au ranch…, commença-t-elle avant de s’interrompre, confuse. Oh non!
- Qu’est-ce qu’il y a?
- Je… c’est que je ne peux pas rentrer chez moi… murmura-t-elle enfin.

Dans la tourmente des événements, elle avait oublié : il n’y avait personne à la maison. Riguel était en ville, à l’hôpital auprès de Mizar qui avait fait hier une vilaine crise d’appendicite. Si elle rentrait, elle serait toute seule, et elle avait désespérément besoin d‘être avec quelqu’un en ce moment. Le jeune homme la fixait, indécis. Il réfléchissait. Elle ne semblait pas avoir fait une fugue puisqu’elle ne portait pour tout bagage que ce sac à main en bandoulière. Et puis une fille qui s’enfuit de chez elle viendrait-elle rôder près d’une école? Il demanda enfin :

- Pourquoi ne peux-tu pas rentrer chez toi?

Elle hésita. Elle ne pouvait tout de même pas révéler à un parfait inconnu qu’elle vivait toute seule en ce moment et que son père ne serait pas de retour avant deux jours au moins! Mais était-il vraiment un inconnu? Plus elle l’observait, plus elle se disait qu’elle l’avait déjà vu quelque part, mais où? Son esprit n’arrivait pas à se fixer sur une pensée cohérente et logique en ce moment. Elle ne désirait qu’une seule chose : se sentir en sécurité. Il dut lire cela dans son regard désespéré parce qu’il suggéra d’une voix douce :

-Accepterais-tu de venir avec moi chez mon père? Il pourra certainement t’aider. Nous habitons non loin d’ici. Près du Centre de recherches spatiales. Il en est le directeur…
-Le professeur Procyon! Oh oui! Je le connais, je… oui, SVP…

Les larmes menaçaient de couler à nouveau sous sa voix chevrotante. Le professeur Procyon : elle aurait dû y penser toute seule. Lui saurait certainement l’aider. Mais, toujours confuse, elle ne comprit pas comment elle ne reconnaissait point ce jeune homme, elle qui connaissait le professeur depuis sa naissance. Trop de questions…

- Penses-tu pouvoir tenir derrière moi? fit-il doucement.
- Euh… oui, je crois.

Elle s’installa derrière le jeune homme, pensant se retenir grâce à la sorte de poignée qui dépassait à l’arrière de son siège. Mais ils n’avaient franchi que quelques dizaines de mètres avant qu’il ne s’arrête de nouveau :

- Ça ne va pas, on dirait que tu vas tomber, dit-il.
- Je suis désolée, fit-elle. Je ne suis pas habituée à ce genre d’engin.

Ses bras tremblaient tellement en ce moment qu’elle craignait de s’écrouler dès qu’il démarrerait. Il devait l’avoir senti car il proposa tout simplement :

- Mets tes bras autour de ma taille, oui, comme ça. C’est mieux?
- Ou.. oui, fit-elle, confuse.

Il redémarra en douceur. Pour pouvoir faire le tour de son corps et se tenir solidement, elle devait coller sa joue à son dos, entre ses deux omoplates. Le bourdonnement du moteur, le mouvement de la machine, le contact de son corps sur le torse du jeune homme eurent tôt fait de l’apaiser. Elle eut même l’impression d’entendre battre le cœur de cet inconnu malgré le bruit du moteur. Ses longs cheveux volaient au vent qui asséchait aussi ses pleurs. Elle ne vit pas le chemin qu’ils suivaient, toute occupée à ressentir ces choses nouvelles. Jamais elle ne s’était ainsi appuyée sur le corps d’un homme… Le bien-être et la fatigue provoqués par toute ces émotions lui donnaient presqu’envie de dormir. Elle eut voulu que le trajet ne finisse jamais. Quand il ralentit enfin, elle ouvrit les yeux et reconnut la maison du professeur Procyon. Ce dernier s’avançait d’ailleurs sur le pas de la porte, le regard interrogateur. Vénusia se redressa, s’éloignant à regret de la présence chaleureuse qui l’avait accompagnée jusqu’ici. Elle ouvrit la bouche pour s’expliquer mais le professeur fut plus rapide :

- Qu’est-ce qui s’est passé? Actarus, tu es blessé?

Elle vit alors que le t-shirt et la veste du jeune homme étaient tachés de sang. Une trace énorme… Confuse, Vénusia porta la main à sa propre tête. Ses cheveux étaient tout poisseux de sang qui commençait à sécher sur les mèches plus longues. Elle voulut s’excuser mais avant qu’elle puisse ouvrir la bouche, Actarus (puisqu’il semblait que c’était ainsi qu’il s’appelait), s’approcha rapidement de son père pour lui raconter ce qu’il savait. Vénusia, pendant ce temps, descendit lentement de la moto et se tint les avant-bras, comme pour se réchauffer. S’approchant et lui touchant doucement l’épaule, Procyon dit simplement :

- Viens à l’intérieur, nous parlerons de tout ça.

Mais ils ne parlèrent pratiquement pas. Ils virent rapidement qu’elle était épuisée. Elle expliqua simplement, en trois phrases qu’elle avait été attaquée, qu’elle ne voulait pas rentrer au ranch puisque son père était absent et qu’elle était fatiguée.

- Alors tu vas rester ici, fit le professeur de sa voix grave.

Actarus s’excusa et s’éclipsa aussitôt.

- Professeur, fit la jeune fille timidement, qui est ce jeune homme? Il m’a dit qu’il était votre fils mais…

Le professeur prit un air dégagé :

- C’est vrai, Riguel, Mizar et toi n’avez pas encore fait sa connaissance. Actarus est mon fils unique en effet. Il… était parti étudier dans un pays étranger et n’est revenu que depuis peu.
- Je ne savais pas que vous aviez des enfants, fit la jeune fille innocemment.
- J’ai adopté Actarus alors qu’il n’était déjà plus un enfant. Vénusia, mon fils a été très malade récemment et il est encore un peu fragile, tu comprends? Il serait préférable que tu ne lui parles pas trop de ses études ni de sa maladie.

- Oh! dit, la jeune fille, un peu déçue de ne pouvoir satisfaire sa curiosité. Ne vous tracassez pas, je ne lui dirai rien. Mais professeur se pourrait-il que je l’ai déjà aperçu?
- Oui c’est bien possible en effet. Il vient me voir au Centre quelquefois.

Cela expliquait donc cette impression bizarre qu’elle avait eue en le voyant. Elle l’avait sans doute croisé ou vu de loin lorsqu’elle était venue livrer du lait au Centre! Le jeune homme en question revint bientôt avec en main un t-shirt propre ainsi qu’un chandail gris à grosses mailles. Lui-même s’était changé et portait maintenant un chandail bleu, à manches longues, qui faisait ressortir l’azur de ses yeux. Il lui tendit les vêtements d’un air gêné :

- Tiens, tu peux les porter en attendant…
- Merci… fit-elle reconnaissante. Mais j’aurais peur de les salir de nouveau…

En effet, sa plaie à la tête n’avait pas vraiment cessé de saigner et la serviette que le professeur lui avait donnée pour appuyer dessus était encore toute rouge.

-Alors, nous allons nous occuper de cela tout de suite, fit ce dernier.

Il l’entraina dans la salle de bain où il écarta doucement les mèches souillées pour mettre à jour la blessure en forme de croissant qui marquait le cuir chevelu. Avec des gestes précis, il désinfecta la plaie, anesthésia la zone, en rasa les contours et en recousit les bords. Vénusia gardait le silence, grimaçant un peu lorsque la douleur se faisait plus vive, la tête penchée au-dessus du plan de travail immaculé.

- Voilà, c’est fini dit enfin le professeur, en nettoyant ses instruments.
- Merci, fit la jeune fille d’une voix faible.

Elle jouait machinalement avec une mèche toute raidie par le sang séché. Le professeur fronça les sourcils :

- Non, ça ne va pas, tu ne peux pas rester comme cela. Il faudrait te laver les cheveux… Mais toute seule tu n’y arriveras pas, tu risques de mouiller la blessure.

Une voix se glissa alors, venant de l’entrée de la salle de bain :

- Veux-tu que je m’en charge, père?
- Oh Actarus, oui, s’il-te-plait. Il faut faire très attention à ne pas mouiller ou mettre de shampoing sur la blessure.

Le professeur consulta la jeune fille du regard. Elle avait rougi lorsque le jeune homme s’était proposé pour lui prodiguer ces soins. Mais pourquoi pas après tout?

- Oui, fit-elle d’une petite voix, je veux bien.

Les prochaines minutes furent un peu troublantes pour les deux jeunes gens. Penchée au-dessus de l’évier dans lequel coulait une eau rougie de sang, ses mèches lui collant au front et à la nuque, Vénusia sentait les longs doigts du jeune homme masser timidement le cuir chevelu et frotter délicatement les longues boucles brunes. Actarus, qui n’avait jamais rien fait de semblable, se trouvait maladroit. Il devait se concentrer mais heureusement, le silence et la docilité de la jeune fille lui rendirent la tâche plus facile. Il lui passa enfin une serviette et elle releva la tête, un sourire timide aux lèvres.

- Je te laisse pour que tu puisses te changer, dit-il laconiquement avant de s’éclipser.

Une fois les vêtements propres enfilés, Vénusia les rejoignit dans le séjour où l’attendait une tisane bien chaude.

- Assied-toi fit le professeur. Je sais que tu es fatiguée ma petite Vénusia mais maintenant il est important que tu nous racontes tout ce qui s’est passé.

La voix de la jeune fille emplit timidement la pièce alors qu’elle relatait pour la première fois, le début de cette horrible journée.
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venusia45

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MessageSujet: Re: Le sentier (terminée)   Le sentier (terminée) Icon_minitimeLun 12 Jan 2015 - 18:53

Pauvre Vénusia Sad La peur ressort et les larmes coulent. Heureusement, A. vient l'aider ! Puissions-nous comme elle rencontrer une personne aussi douce et chaleureuse dans nos moments noirs !

Citation :
Il faut faire très attention à ne pas mouiller ou mettre de shampoing sur la blessure.

En septembre dernier mon fils de 4 ans s'est pris le montant d'une porte...en courant sans regarder...14 points de suture...Toute ressemblance ou similitude avec un événement ayant existé...Wink J'aime beaucoup la scène où A. lave la tête de Vénusia, c'est plein de douceur et de respect.

Merci Oscar !
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hikaru

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MessageSujet: Re: Le sentier (terminée)   Le sentier (terminée) Icon_minitimeLun 12 Jan 2015 - 20:55

Déjà la suite, eh bien tu es inspirée ma chère Oscar. Very Happy cheers

Oh, j'aime beaucoup le passage avec la moto, lorsque Vénusia passe ses bras autour de la taille de ce bel inconnu I love you  

Mais avec tout ça, je me demande toujours où tu veux nous emmener scratch cette histoire est bien mystérieuse. Wink

Bravo Oscar et merci beaucoup pour cette touchante rencontre entre Vénusia et Actarus. cheers
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Oscar1965

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MessageSujet: Re: Le sentier (terminée)   Le sentier (terminée) Icon_minitimeLun 12 Jan 2015 - 22:23

venusia45 a écrit:
Pauvre Vénusia Sad La peur ressort et les larmes coulent. Heureusement, A. vient l'aider ! Puissions-nous comme elle rencontrer une personne aussi douce et chaleureuse dans nos moments noirs !

Oui, heureusement que de telles personnes existent! Wink  I love you

Vénusia a écrit:
Citation :
Il faut faire très attention à ne pas mouiller ou mettre de shampoing sur la blessure.

En septembre dernier mon fils de 4 ans s'est pris le montant d'une porte...en courant sans regarder...14 points de suture...Toute ressemblance ou similitude avec un événement ayant existé...Wink J'aime beaucoup la scène où A. lave la tête de Vénusia, c'est plein de douceur et de respect.

Pauvre chou! No  Et ça fait mal et surtout, ce genre de blessure saigne abondamment...

Merci Vénusia! Embarassed Embarassed Embarassed

Hikaru a écrit:
Déjà la suite, eh bien tu es inspirée ma chère Oscar. Very Happy cheers

Oui, cette histoire se présente très vite alors j'en profite!

Hikaru a écrit:
Oh, j'aime beaucoup le passage avec la moto, lorsque Vénusia passe ses bras autour de la taille de ce bel inconnu I love you  

Tiens tiens je savais que ce petit passage aurait du succès! Wink


Hikaru a écrit:
Mais avec tout ça, je me demande toujours où tu veux nous emmener scratch cette histoire est bien mystérieuse. Wink

Permets-moi de garder encore un peu mon petit secret... silent  Wink

Hikaru a écrit:
Bravo Oscar et merci beaucoup pour cette touchante rencontre entre Vénusia et Actarus. cheers  

Merci Hikaru,Embarassed Embarassed  c'est gentil! Un prince qui lui sauve la mise... Chanceuse notre petite Vénusia , non? Very Happy Wink
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lamarmotte97

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MessageSujet: Re: Le sentier (terminée)   Le sentier (terminée) Icon_minitimeMar 13 Jan 2015 - 0:08

Merci pour cette histoire si émouvante...le passage de la moto me rappelle des moments vécus...
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Oscar1965

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MessageSujet: Re: Le sentier (terminée)   Le sentier (terminée) Icon_minitimeMar 13 Jan 2015 - 0:54

lamarmotte97 a écrit:
Merci pour cette histoire si émouvante...

Merci Lamarmotte! Embarassed

Citation :
le passage de la moto me rappelle des moments vécus...

Tu en as de la chance. Je ne suis jamais montée sur une moto personnellement... Smile
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lamarmotte97

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MessageSujet: Re: Le sentier (terminée)   Le sentier (terminée) Icon_minitimeMar 13 Jan 2015 - 1:00

J ai toujours eu des motos,je suis au volant en general, la derniere est une Yamaha custom 750...
Et merci encore de nous regaler de tes histoires !
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MessageSujet: Re: Le sentier (terminée)   Le sentier (terminée) Icon_minitimeMar 13 Jan 2015 - 2:15

Mais de rien Lamarmotte! Embarassed Very Happy
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hikaru

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MessageSujet: Re: Le sentier (terminée)   Le sentier (terminée) Icon_minitimeMar 13 Jan 2015 - 7:04

lamarmotte97 a écrit:
...le passage de la moto me rappelle des moments vécus...

Oui, moi aussi, c'est bien pour ça que j'ai beaucoup apprécié ce passage. Embarassed Wink
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kotakinab

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MessageSujet: Re: Le sentier (terminée)   Le sentier (terminée) Icon_minitimeMar 13 Jan 2015 - 7:30

Merci Oscar pour cette nouvelle histoire ! cheers cheers

Moi aussi j'aime beaucoup le passage de la moto et celui du shampooing, la douceur et la compassion dont fait preuve Actarus. I love you I love you I love you

J'attends la suite avec curiosité !
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Oscar1965

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MessageSujet: Re: Le sentier (terminée)   Le sentier (terminée) Icon_minitimeMar 13 Jan 2015 - 12:32

Merci Kotakinab!Embarassed La suite est sur le feu! Wink
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anterak 08

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MessageSujet: Re: Le sentier (terminée)   Le sentier (terminée) Icon_minitimeMar 13 Jan 2015 - 14:16

on l'attend avec impatience cheers cheers cheers
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MessageSujet: Re: Le sentier (terminée)   Le sentier (terminée) Icon_minitimeMar 13 Jan 2015 - 14:22

Bientôt Antérak! (ce soir peut-être ou demain...)
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anterak 08

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MessageSujet: Re: Le sentier (terminée)   Le sentier (terminée) Icon_minitimeMar 13 Jan 2015 - 16:54

parfait cheers cheers cheers
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lamarmotte97

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MessageSujet: Re: Le sentier (terminée)   Le sentier (terminée) Icon_minitimeMar 13 Jan 2015 - 23:12

je crois que nous sommes tous impatients...
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Gurendaizä

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MessageSujet: Re: Le sentier (terminée)   Le sentier (terminée) Icon_minitimeMar 13 Jan 2015 - 23:46

Merci Oscar !!! J'ai hâte aussi de connaître la suite !!!! cheers cheers cheers lol!

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Oscar1965

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MessageSujet: Re: Le sentier (terminée)   Le sentier (terminée) Icon_minitimeMar 13 Jan 2015 - 23:50

Voilà, voilà, tout chaud sorti de mon ordi!

Petite note: ce chapitre mets tranquillement en place la suite (et la fin) de l'histoire et il est plutôt de nature "blabla". Au départ, j'avais prévu 2 ou 3, ce sera sans doute un peu plus (mais pas beaucoup).

Allez, bonne lecture et bonne fin de soirée!



Chapitre 3


Vénusia monologua de longues minutes. Cependant, on aurait pu croire qu’elle racontait les mésaventures de quelqu’un d’autre tant son ton monocorde et détaché contrastait avec les faits relatés. Les deux hommes l’écoutaient en silence. Le professeur Procyon serrait les lèvres mais Actarus dut très souvent détourner le regard et serrer les poings, tant ce récit semblait l’affecter. Lorsqu’enfin elle se tut, le soleil se déversait dans la pièce en des rayons orangés, annonciateurs de la fin du jour.

-Je suis désolé de ce qui t’est arrivé, fit enfin le professeur d’une voix sourde. Maintenant, il va falloir appeler la police.
-La police! Oh... oui, je suppose, dit Vénusia consternée.

Elle se doutait bien que cette difficile épreuve n’était pas terminée mais elle voulait tellement dormir! Elle ne pensait plus qu’à cela : dormir et ne plus penser. Mais le professeur n’avait pas terminé, il ajouta d’une voix encore plus douce :

- Il faut aussi téléphoner à ton père.

La jeune fille se figea : elle n’avait pas envisagé cela. Il lui semblait qu’elle avait perdu toute capacité de pensée pratique depuis ce matin. Elle d’habitude si organisée! La perspective de devoir expliquer cette attaque à Riguel, au téléphone de surcroît, lui apparut soudain comme une montagne à escalader et elle s’enfonça un peu plus dans le grand fauteuil où elle était assise.

-Ne t’en fais pas, je vais m’en charger, fit Umon. Va te reposer maintenant, tu sembles en avoir bien besoin, mon petit.

Le professeur l’accompagna jusqu’à la chambre d’ami. Il s’assura qu’elle était bien installée et remonta même la couverture sur ses épaules. Au moment où il allait sortir, elle s’écria, soudain alarmée :

- Le ranch! Les animaux! Quelqu’un doit s’occuper d’eux ce soir!
- Soit tranquille Vénusia, je vais me charger de cela. Dors maintenant.

Elle ne se fit pas prier. Malgré les événements, malgré cette chambre et ce lit inconnus, il ne lui fallu que quelques minutes pour s’endormir profondément.

***

Le professeur Procyon fit ensuite plusieurs appels avant de rejoindre Actarus à la cuisine où le jeune homme s’affairait à leur préparer un repas léger. Umon observa pensivement ce fils qu’il ne connaissait pas quelques mois seulement auparavant et qui occupait maintenant une telle place dans sa vie et dans son cœur. Ses collaborateurs au Centre, qui connaissaient pourtant le secret de ses origines, voyaient en lui un jeune homme réservé, taciturne et un peu mélancolique mais Umon avait appris à déceler ses réactions les plus infimes : la crispation des mâchoires, le raidissement des épaules, le regard qui se faisait plus perçant ou plus rêveur, les silences et les moments où il se retirait dans une douloureuse solitude comme un animal blessé qui veut lécher ses blessures… Aujourd’hui, il lui sembla que son fils était ébranlé, révolté sans doute par les récents événements. Il lui dit enfin :

- Actarus, tu sais n’est-ce pas, que si quelque chose te trouble, tu peux toujours m’en parler?
- Cette histoire avec Vénusia… répondit en hésitant le jeune homme.
- Hum… Oui… C’est vraiment horrible mais je ne pense pas que nous puissions faire plus pour l’instant. Elle va se reposer et la police la verra demain pour l’enquête. J’ai parlé à Riguel. Il était très inquiet mais cela l’a rassuré de la savoir ici, en sécurité. Pour ce qui est du ranch…
- Qu’est-ce qui ne va pas au ranch?
- Actarus, tu ne peux te douter de tout le travail qu’exige une ferme. Les animaux ont besoin de soins régulièrement. Vénusia sait tout cela et s’inquiète pour eux. J’ai appelé quelques voisins fermiers des environs qui ont accepté d’y passer pour s’en occuper pendant qu’elle est sous notre toit.
- Ne pourrions-nous pas nous en charger nous-même?

Umon eut un sourire rempli de tendresse à l’adresse de son fils :

- Je crains de ne rien y entendre, malheureusement. Quant à toi…

Le jeune homme eut l’air embarrassé :

- Oui, bien sûr, je ne suis même pas sûr de pouvoir correctement nommer les bêtes de cette ferme, alors en prendre soin…
- Dès que tout sera rentré dans l’ordre nous irons faire une visite à mon ami Riguel et il sera très fier de te montrer tout cela, je te l’assure.
- Et crois-tu qu’on retrouvera un jour son attaquant?
- C’est le travail de la police… J’espère bien en tout cas.
- Je voudrais… il hésita, je voudrais pouvoir l’aider. Mais je ne sais pas comment.

Umon observa son fils un moment, surpris mais néanmoins heureux de voir qu’il commençait lentement à sortir de sa coquille et à se préoccuper des gens qui l’entouraient. Pourrait-il en un jour sortir tout à fait de son enfer personnel? Lui qui avait tant souffert… Le professeur serra le bras de son fils en souriant :

- Si quelqu’un peut aider Vénusia, c’est bien toi, mon fils. Ne t’en fais pas, je suis sûr que tu trouveras un moyen.

***

Vénusia ouvrit les yeux dans le noir. Pendant un instant, elle resta immobile, confuse et perdue. Cette chambre… il lui fallut un petit moment pour la reconnaître. Un sentiment de soulagement l’envahit lorsqu’elle reconnut l’endroit et elle remercia silencieusement le professeur de l’avoir ainsi accueillie. Elle demeura étendue, repensant à tout ce qui s’était passé, revoyant la scène comme une spectatrice, critiquant tel passage, se demandant si elle aurait pu faire autrement.

Le calme de la nuit fut soudain déchiré par une longue plainte puis par un cri faible suivit d’un sanglot étouffé. Vénusia tendit l’oreille. Elle perçut une porte qui s’ouvrait, des pas rapides et des mots indistincts, prononcés par une voix douce et grave qu’elle connaissait bien. Dévorée de curiosité, elle se leva sans bruit et se posta dans l’entrebâillement de sa porte pour tenter de comprendre ce qui se passait. Une faible lueur lui parvenait du bout du couloir. Elle écouta de nouveau les sanglots déchirants qui s’échappaient de la chambre située un peu plus loin. Le cœur serré, elle comprit qu’il s’agissait du jeune homme que le professeur avait adopté. Il avait dit qu’Actarus avait été malade… Faisait-il une rechute? Lorsqu’au bout de longues minutes, elle vit le professeur Procyon revenir dans le couloir, pieds nus, en pyjama et les cheveux en bataille, elle ne put se contenir :

- Professeur! Est-ce qu’Actarus va bien? dit-elle en ouvrant sa porte.

Il eut l’air embarrassé :

-Vénusia… je suis désolée si le bruit t’a réveillée. Actarus fait quelquefois des cauchemars…
- On aurait dit qu’il pleurait… fit la jeune fille.

Umon réfléchit, comment faire lui comprendre la situation sans dévoiler le secret des origines d’Actarus? Il opta pour la franchise prudente. Vénusia était intelligente et compatissante en plus d’être très lucide. Une qualité qu’elle devait certainement tenir de sa mère… Il la pria de s’assoir avec lui dans le séjour et alluma une petite lampe. Une douce lumière les enveloppa tous les deux d’un cocon chaleureux, contrastant avec événements qu’il devrait lui révéler.

- Ce que j’ai à te dire sera très difficile à entendre, surtout après ce qui s’est passé hier. Mais tu es assez grande pour comprendre et… je crois que mon fils a besoin d’une amie. De plus, il est très important que tu ne le répètes à personne. Peux-tu me promettre cela?

Il laissa le silence entre eux s’étendre un peu tandis qu’elle réfléchissait à ses paroles. Enfin, elle hocha la tête :

- Je promets professeur. J’aimerais savoir.

Umon croisa les doigts et les fixa, choisissant ses mots avec prudence :

- J’ai recueilli Actarus il y a environ six mois. Lorsqu’il est arrivé ici, il était affreusement blessé. J’ai cru qu’il allait mourir. Mais je l’ai soigné, il a guéri et il m’a raconté son histoire.

Le professeur fit une pause. Vénusia avait pâli mais elle le fixait en hochant la tête, l’incitant à poursuivre :

- Actarus a survécu à une guerre terrible qui a décimé sa… famille. Avant de venir vivre ici, il était seul au monde. Il a vécu des choses atroces qui l’affectent encore aujourd’hui.

Vénusia avait écouté, les yeux agrandis par la stupéfaction. Que quelqu’un d’aussi jeune ait eu un destin si cruel! Au bout d’un moment elle, murmura :

- C’est pour cela qu’il fait des cauchemars?
- Oui… Il va mieux aujourd’hui. Il n’en parle presque jamais mais j’ai bien peur que ton récit ait réveillé de bien mauvais souvenirs…

Cette fois, les yeux de Vénusia se remplirent de larmes. Elle n’avait pas voulu cela! Il l’avait aidé et elle lui avait fait du mal! Le professeur se rendit compte trop tard de son erreur. Confus, il s’exclama :

- Non! Je t’en prie, Vénusia, ne pleure pas. Ce n’est pas de ta faute, je n’aurais pas dû dire cela…

Il lui tapotait gauchement le bras, embarrassé devant sa réaction. La jeune fille essuya machinalement ses pleurs avec la manche tricotée puis elle renifla avant de dire :

- Professeur, je suis désolée de ce qui lui est arrivé. Il a été si gentil hier! Dites-moi, comment… comment pourrais-je l’aider?

Malgré les circonstances, Umon eut un petit sourire : n’avait-il pas entendu ces mêmes mots de la bouche de son fils quelques heures plus tôt? Il opta pour à peu près la même réponse :

- Comme je te l’ai expliqué, je pense qu’Actarus a surtout besoin d’une amie en ce moment. Je suis sûr qu’en cherchant un peu, tu trouveras une façon de lui venir en aide…
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MessageSujet: Re: Le sentier (terminée)   Le sentier (terminée) Icon_minitimeMer 14 Jan 2015 - 0:04

J'étais en train de poster ça

Citation :
cheers:cheers:prends quand même le temps qu'il te faut, histoire de ne pas contrarier la Muse Wink

et hop ! voici la suite de ton texte !!

Citation :
la crispation des mâchoires, le raidissement des épaules, le regard qui se faisait plus perçant ou plus rêveur, les silences et les moments où il se retirait dans une douloureuse solitude comme un animal blessé qui veut lécher ses blessures

Cette évocation des souffrances d'A. est très juste. On l'imagine bien, à la suite de la scène figée dans laquelle ont le voit inanimé, hors de Goldorak, au moment où Procyon le découvre, pansant ses blesures morales dans son coin...

Citation :
Umon observa son fils un moment, surpris mais néanmoins heureux de voir qu’il commençait lentement à sortir de sa coquille et à se préoccuper des gens qui l’entouraient. Pourrait-il en un jour sortir tout à fait de son enfer personnel? Lui qui avait tant souffert…


C'est en aidant V. qu'il s'aidera lui-même I love you I love you

Trè beau passage, intense et poignant (bonne description du stress post-traumatique vécu à la fois par V. et A. J'en avais parlé dans Inferno). Merci Oscar !
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MessageSujet: Re: Le sentier (terminée)   Le sentier (terminée) Icon_minitimeMer 14 Jan 2015 - 0:07

Cela a beau être du "blabla" selon tes dires, c'est très touchant... merci.
J'attends avec curiosité et intérêt la suite...(et impatience) Smile
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MessageSujet: Re: Le sentier (terminée)   Le sentier (terminée) Icon_minitimeMer 14 Jan 2015 - 0:17

venusia45 a écrit:
C'est en aidant V. qu'il s'aidera lui-même I love you I love you

Triche pas! Pas le droit de regarder dans mon cerveau! What a Face

Citation :
Trè beau passage, intense et poignant (bonne description du stress post-traumatique vécu à la fois par V. et A. J'en avais parlé dans Inferno).

On finit toutes en effet pas se "contaminer" les unes les autres. (dans le bon sens du terme).

Lamarmotte a écrit:
Cela a beau être du "blabla" selon tes dires, c'est très touchant...

Merci à toutes les deux Embarassed Embarassed Embarassed
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