Site dédié à Goldorak et à son univers
 
AccueilAccueil  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Chassé-croisé intemporel - en cours

Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4 ... 11, 12, 13  Suivant
AuteurMessage
hikaru

avatar

Messages : 5356
Date d'inscription : 31/12/2012
Age : 45
Localisation : ESSONNE

MessageSujet: Re: Chassé-croisé intemporel - en cours   Mer 1 Oct 2014 - 20:10

Tous mes voeux de bonheur aux mariés. I love you cheers

J'aime beaucoup le début de ce chapitre, avec Actarus qui attend sa promise et sa surprise lorsqu'elle apparaît. I love you

Résumons, il y a les histoires de son grand-père, la petite qui ne veut pas quitter sa mère, le scintillement et la couleur suspecte de la lune, je trouve que cela fait un peu trop de choses pour que ce ne soit que des coïncidences.  confused

Bon sang, qui que cela soit, il ne pourrait pas les laisser tranquilles, au moins le jour de leur mariage, c'est censés être un jour merveilleux, plein de bonheur et de joie, non?  lol!

Bravo Homnorak et je me demande bien ce qui va leur tomber dessus, moi aussi j'ai peur que le réveil soit brutal. affraid
Revenir en haut Aller en bas
Carabibi

avatar

Messages : 2762
Date d'inscription : 27/11/2013
Age : 49
Localisation : Bruxelles

MessageSujet: Re: Chassé-croisé intemporel - en cours   Jeu 2 Oct 2014 - 9:18

J'adore les mariages !
Merci, Homnorak !! Very Happy
Revenir en haut Aller en bas
http://captaincara.deviantart.com/gallery/
homnorak

avatar

Messages : 3349
Date d'inscription : 30/08/2013
Age : 43
Localisation : Belgique

MessageSujet: Re: Chassé-croisé intemporel - en cours   Jeu 2 Oct 2014 - 12:22

Ce chapitre quitte la trame précédente. Vous risquez d'être un peu perdus Wink

En gros, j'ai repris un texte que j'avais écrit, il y a 10 ans. Je le trouvais assez bien fait mais comme je ne pense pas reprendre l'histoire (coupée en plein élan : couple, enfants, boulot, etc. et puis j'avais pas fait de scénario alors je ne sais plus ce que je voulais faire au final), je me suis dit qu'en modifiant un peu le personnage principal (vous allez reconnaitre de qui il est l'ancêtre Wink - une au moins), j'ai trouvé que ça allait parfaitement avec ce que je voulais amener pour la suite de l'histoire générale.

Certains noms cités ont réellement existé ainsi que les villes nommées (je suis encore ébahie d'avoir réutilisé mes recherches historiques à l'époque)

Bonne lecture

Chapitre 4

Europe, 1683
L’hiver arriva plus tôt en cette année de 1683, prenant les habitants du Nord au dépourvu. Les durs combats entre les français, les hollandais et les anglais avaient pris fin avec le traité de Nimègue en 1678. Tant qu'il y avait du pain, le peuple évitait de se préoccuper des problèmes politiques, les princes et leur gouvernement pouvaient faire ce qu’ils voulaient.
Un vent glacial s’éleva sur la plaine. Au loin, on entendait sonner le tocsin du village le plus proche. Une silhouette progressait difficilement sous les rafales de la tempête néanmoins l’odeur de la mer l’aidait à continuer sa route. Un long manteau couvrait en partie son corps courbé par l’effort, les pans volaient autour de l’homme découvrant des mollets musclés, habillés seulement de bas de laine déchirés, la capuche profonde cachait le visage.

Le crépuscule étendait maintenant son ombre sur l’horizon. L’homme s’appuya contre un arbre pour reprendre sa respiration. Il se redressa et découvrit enfin la ville éclairée de petites lumières. Reprenant courage, il continua sa marche et fut en quelques instants devant la porte Sud de Dunkerque.

Il présenta un laisser-passer aux gardes de la ville. L’un d’eux baillait et faisait d’horribles efforts pour ne pas tomber de sommeil. L’étranger continua sa route et se trouva soudain dans une petite rue sombre et fort calme. Les échoppes se fermaient petit à petit. Deux personnes se dirigèrent vers l’extrémité de la rue qui semblait mener au port. L’homme les suivit, ne sachant où aller. Il espérait trouver une petite auberge qui pourrait l’accueillir pour une nuit. Près du quai, la mer, agitée par la tempête, soutenait difficilement les bateaux amarrés. Il y en avait de toutes tailles, des vaisseaux de lignes aux plus petits voiliers de pêches. Le port était plus animé que l’intérieur de la ville. Des marins portaient de lourdes caisses vers un entrepôt, d’autres s’occupaient du chargement. Notre homme se fondit dans la masse et entra dans une taverne à demi-éclairé par la porte entrebâillée. Des marins étaient attablés aux tables. Certains tenaient des filles sur leurs genoux, d'autres vidaient chope sur chope. Une femme servait derrière le bar, souriant aux plaisanteries d’un jeune client. Elle surveillait en même temps la salle obscure, mesurant l’ébriété de ses clients. L’étranger s’avança vers elle. Les marins sifflèrent à sa vue. Des rires moqueurs fusèrent de toutes parts.

- Regardez le soldat, il veut prendre exemple sur nous. Il paraît qu’on s’ennuie dans les garnisons.
- Si tu veux une fille, mon gars, l’interpella un marin, tu arrives trop tard, elles sont toutes prises.

Il regarda le nouveau venu de la tête aux pieds puis se tourna vers ses compagnons.

- Qui voudrait de lui, d’ailleurs ? Regardez comme il tremble.

En effet, l’homme ou plutôt le garçon car son visage, dégagé de l'ample capuche, reflétait encore l’enfance, claquait des dents et serrait ses mains pour les réchauffer. La tenancière n’écouta pas l’ivrogne et accueillit le gamin. Sans un mot, elle le poussa vers l’arrière salle tout en faisant signe à un gars debout contre la porte de garder les clients. Elle l’assit près du fourneau, lui enleva son manteau pour le faire sécher. Le garçon portait sur lui une chemise blanche, déchirée, tâchée de sang sous une veste rouge qui devait appartenir à l’armée. Son pantalon s’arrêtait à hauteur des genoux, effiloché et usé jusqu’à la trame. La femme ne disait rien mais elle examina attentivement le soldat. Le visage de celui-ci commençait à rougir sous l’effet de la chaleur. Quand la tenancière défit son couvre-chef, elle découvrit une longue chevelure acajou et épaisse, couverte de crasse. Elle suivit du doigt les lignes parfaites - quoiqu'un peu émaciées par la fatigue et le manque de nourriture - de sa figure. Elle surprit des yeux marron qui la regardaient, étonnés de la douceur de la main. Un frémissement fit aussitôt place à la surprise mais elle ne s’en offusqua pas. Elle remarqua cependant une lueur fiévreuse que le garçon n’arrivait pas à cacher.

- Quel âge as-tu ?
- 19 ans.

La tenancière le fixa et rit :
- A d’autres, j’ai vu assez de jeunes pour deviner leur âge.
- Alors pourquoi me le demandez-vous ?

La réponse fut sèche mais la femme lui sourit :
- Je pourrais être ta mère, tu sais ? Vu ton âge, je pense qu’elle doit s’inquiéter de ton absence. Tu t’es enfui ?
- Cela ne vous regarde pas. Je voudrais seulement manger et dormir. Il faut que je trouve demain un bateau pour m’embarquer.

Sa voix exprimait la détermination. La femme lui plaça un bol de soupe entre les mains et s’assit à ses côtés.
- Il est trop tard pour partir. L’hiver tombe, les glaces vont bientôt arriver, il ne sera plus possible de naviguer. Vu ta tête, ce sera aussi impossible de te laisser dans cet état. Tu tomberas à la première tempête.

Le garçon regarda son interlocutrice. C’était une femme de 35 ans à peu près, elle était encore belle pour son âge. Ses cheveux bruns étaient reliés en un chignon, de petites mèches encadraient son visage blanc aux yeux noirs. Sa beauté courante dans la région n’intimida pas le jeune homme.

- J’ai une chambre en haut. Tu peux y rester le temps que tu voudras. Quel est ton petit nom ?
- Friedrich.
- Pas courant ça dans la région. Moi c’est Marianne. Et tu viens d’où ?
- Du Castel dans le Cambrésis.

Après un certain temps de réflexion, Marianne secoua la tête :
- Connais pas. C’est loin ?
- Assez…

Friedrich n’en dit pas plus. Son regard se perdit au loin, dans les profondeurs d’un souvenir.
***
1672
La ville accueillait ce jour-là les habitants des alentours et de tous les coins de la Flandre. Elle fêtait le premier jour de sa foire qui devait durer trois semaines. Parmi les gens qui venaient profiter des étalages et des animations, une petite charrette, tirée par un vieux cheval maigre se faufila par la porte de Landrecies doucement mais péniblement. Des badauds et des paysans les poussaient de tous les côtés et ronchonnaient de la lenteur du chariot.

Un homme d’un certain âge, ni jeune ni vieux, tirait le cheval et essayait d’éviter les coups des paysans. Une femme et deux enfants étaient assis sur de nombreux meubles, regardant avec anxiété la ville, Le Castel en Cambrésis. On leur avait présenté cette ville à Mons comme très accueillante et très ouverte. On leur avait assuré aussi la protection de sa seigneurie, l’archevêque de Cambrai, Monseigneur Ladislas Jonart, un homme de grand cœur. Ils espéraient trouver enfin un havre de paix après leur longue errance sur les routes depuis la Prusse.

En attendant de pouvoir rencontrer cet homme d’église, Franz P. Harlock continuait sa progression vers le centre du bourg. La fête sonnait de plein feu, des commerçants criaient la qualité de leurs marchandises, des baladins présentaient leurs nouvelles attractions, d’autres montraient les tours d’équilibriste ou de lanceurs de feu. Le petit garçon dans la charrette regardait avec ses grands yeux marron en se tortillant contre sa sœur, impatient d’aller voir plus près le jongleur ou le cracheur de feu. Sa sœur, plus âgée, paraissait plus calme et essayait de retenir son jeune frère. Cependant, ses yeux bleus frémissaient d’émerveillement. La famille arriva enfin devant le palais. Les parents laissèrent les enfants dans la charrette et entrèrent dans la cour.

A peine le jupon de sa mère disparu, le garçon s’échappa de sa sœur et descendit de la charrette. C’était un petit bout d’homme, pas plus haut que trois pommes mais déjà très sûr de lui. Il regarda sa sœur en tapant du pied tandis qu’elle essayait de le retenir.

- Friedrich, tu as entendu ce qu’a dit Maman ? On doit rester ici, lui rappela sévèrement la petite fille, dans leur langue natale.

Elle prenait très à cœur son rôle de grande sœur et voulait montrer son autorité. Friedrich leva ses petits yeux vers elle. Son regard était calme, triste, et enjôleur. Comment résister à cette supplique ? Elle se laissa attendrir.

- C’est bon, mais on ne s’éloigne pas, d’accord ? Je ne veux pas me faire disputer.
- Ne t’inquiète pas Marina, je te défendrai.

Ils quittèrent la charrette et s’approchèrent des jongleurs. Un homme faisait tourner des bâtonnets en feu, en les envoyant en l’air avec une adresse très rare. Ensuite, une femme lui lança des œufs qu’il jeta dans la même direction. Emerveillés, Marina et Friedrich applaudirent. Plus loin, un cracheur de feu lançait de longues flammes par sa bouche. Le garçon, étonné de l’adresse de l’homme, s’avança, suivi de Marina. Ils virent ensuite un dresseur de chats. Au fur et à mesure de leur découverte, les enfants s’éloignaient du palais. La foule toujours plus nombreuse cachait la charrette. Les petits se pressaient toujours en avant afin de ne pas être piétinés. Ils arrivèrent dans un espace plus aéré où ils s’arrêtèrent pour reprendre leur souffle. Ils se tenaient serrés l’un contre l’autre, en se donnant la main. Friedrich regarda sa sœur, les larmes aux yeux :
- Pardon, Marina, je crois que nous sommes perdus.
- Ce n’est rien, mon chéri. La ville ne doit pas être fort grande, il doit n’y avoir qu’un seul palais.

Elle regarda autour d’elle, mais ne put voir le bâtiment, au contraire, elle aperçut des tables et des bancs. Elle y emmena son frère.
- Assieds-toi là, on va attendre un peu avant de repartir.

A ce moment, un homme, grand et fort avec un ventre assez rond, sortit de la taverne.
- Alors les enfants, vous voulez boire quelque chose ?

Sa grosse voix fit reculer Marina et Friedrich. Maître Plot sourit.
- Eh, n’ayez pas peur. Je n’ai pas encore mangé de petits enfants.

Son visage jovial, un peu bouffi, rassura la petite fille. Refoulant sa peur, elle répondit d'une voix hésitante, butant sur les mots :
- On se repose un peu en attendant que la foule diminue pour retrouver nos parents.
- Vous n’avez pas fini d’attendre alors. Ici, la fête se termine très tard. Les badauds dorment souvent dans les rues.

Découragée, Marina baissa la tête avec un petit « ah ! »
- J'entends que vous n'êtes pas d'ici. Comment vous appelez-vous ?
- Marina Harlock et mon frère Friedrich.
- Hum ! Quel âge ?
- 9 et 4 ans.

Marina se faisait toute petite devant cet interrogatoire, s’attendant à une remontrance pour ne pas avoir gardé son frère en sécurité.
- Où sont vos parents ?
- Au palais, on vient d’arriver de Mons. On nous a dit qu’ici il y avait un archevêque pour nous aider.
- C’est juste. C’est un homme bon. Je m'appelle Maître Plot.

Le tavernier regarda le garçon qui n’avait encore rien dit. Friedrich, sagement assis, avait ses yeux bleus fixés sur Maître Plot. Il écoutait sa sœur, prêt à la défendre si l’homme la disputait. Ne pouvant plus tenir, il dit d’une petite voix :
- 'Cause de moi qu’on s’est perdu, Herr Plot, j’voulais voir le jongleur.

Maître Plot rit et tapa de sa grosse main l’épaule fragile du garçon.
- Vous me plaisez. Venez manger quelque chose. J’envoie mon fils chercher vos parents. Ils doivent s’inquiéter les pauvres.

Il installa les petits à l’intérieur de la salle près de la cheminée, puis leur présenta un pain énorme, du fromage, du beurre et une grosse tranche de jambon. Les yeux de Friedrich s’arrondirent à la vue des victuailles. Il tendit une main mais un coup de pied l’arrêta. Sa sœur le regardait sévèrement.
- Sois poli, Friedrich, et attends un peu. Tu n’as pas si faim que cela.

Les yeux de Marina la contredisaient. Ils n’avaient pas mangé depuis la veille, leur provision étant épuisée.
- Ça ne fait rien petite, mange de tout ton cœur, c’est le cadeau de la maison.

Les enfants se jetèrent alors sur la nourriture. Ils finissaient le fromage quand leurs parents entrèrent. Frau Harlock courut vers eux.
- Marina, Friedrich. Comme vous m’avez fait peur !

Maria Harlock était une grande femme blonde, aux traits fins et aux yeux bleus. Malgré sa tenue rapiécée, elle portait ses vêtements avec élégance. Elle embrassa ses enfants puis se tourna vers son mari.
- Ne les grondez pas, ils sont sains et saufs.

Herr Harlock, plus petit, se voulait sévère mais devant les regards tristes des enfants, il sourit :
- Das ist gut pour une fois. Comment vous remercier, Maître Plot ?
- Je ne veux rien, vous avez des enfants adorables. Si vous avez besoin de quelque chose, venez me voir…
***
1683
- Voici ta chambre, annonça Marianne en ouvrant une porte au fond du couloir. Elle est située assez loin de la salle, tu ne seras pas dérangé. Si tu as besoin de quelque chose, descends à la cuisine, d’accord ?

Elle laissa Friedrich s’installer et retourna derrière son bar.

Le garçon s’avança dans la pièce et déposa son baluchon sur le lit. La chambre était petite et avait le nécessaire pour la rendre agréable. Il se réchauffa les mains devant la cheminée qui projetait de petites flammes sur les murs. La décoration était simple, plutôt enfantine. Il devinait, grâce au soin minutieux, que la pièce avait longtemps été habitée. Il ne trouva aucune poussière sur les meubles, les vêtements étaient rangés proprement dans l’armoire, le lit préparé pour accueillir son propriétaire. Il s’en approcha pour se coucher et c’est alors qu’il le vit…

Un portrait était accroché au-dessus du lit. Il représentait un petit garçon aux cheveux et aux yeux noirs. Le peintre avait réussi à donner vie au visage pétillant de malice, la bouche agrandie par un sourire enjôleur. Friedrich n’arrivait pas à quitter la peinture des yeux, une énergie le ramenait toujours vers ce garçon plein de vie. Il avait l’impression de connaître cet endroit, de sentir une odeur familière mais il n’arrivait pas à définir quoi. Il sentait une présence chaleureuse qu’il n’arrivait pas à détecter. Faisant un effort pour oublier le portrait, il se coucha sur le lit moelleux.

Un léger coup sur la porte le sortit de son rêve. Il ouvrit les yeux mais il les referma sous la lumière du jour. Il avait oublié la veille de fermer les rideaux… Y en avait-il d’ailleurs ? Il tenta de soulever une paupière pour confirmer et se prépara pour se lever. Des battements lancinants dans la tête l’en empêchèrent. Il souffla un petit « oui » étouffé par sa gorge qui le brûlait au nouveau coup sur le porte.

Marianne entra, portant un plateau rempli de nourritures. Son « Bonjour » joyeux mourut sur ses lèvres quand elle vit son protégé pâle et les yeux fiévreux. Elle posa le plateau sur la table, s’assit sur le lit, lui prit le poignet. Le pouls était faible. Marianne lui prit la tête, tata le cou avec ses doigts, lui fit ouvrir la bouche pour découvrir la gorge rouge et gonflée. Ensuite, elle écarta les paupières et remarqua aussi la rougeur des pupilles.

- Reste couché, dit-elle enfin, je vais chercher le médecin. Elle l’embrassa avant de partir.
***
1674
Le gamin courait à travers les rues serrées de la ville, essoufflé, les larmes aux yeux. Sa maman allait mourir, il devait aller chercher le médecin rapidement. Il arriva à l’Abbaye Saint André, les jambes tremblantes, continua son chemin sans faire attention aux moines, se dirigea vers la salle de prière. Trop effrayé par les cris de sa mère qui résonnaient dans sa tête depuis qu’il l’avait quittée, il entra dans le lieu, interrompant sans le voir, le recueillement d’une dizaine de moines. Il trouva facilement le Père Anselme qui s’était levé à son entrée prêt à le sermonner. Friedrich qui pleurait maintenant à chaudes larmes se précipita vers lui. Celui-ci s’agenouilla ému de la peur du garçon. Il attendit que le calme revienne puis l’emmena hors de la salle.

- Que se passe-t-il, Friedrich ?
- Maman… fit-il d’une voix entrecoupée… Maman… crie… elle… elle a… elle a mal… pas mourir… venir aider… à cause bébé… lui fait mal… je le déteste…

Il eut une nouvelle crise de larmes. Père Anselme lui donna de petites tapes dans le dos.

- Allons petit, ta maman ne va pas mourir. Le bébé va bientôt venir mais il ne la fera pas mourir. A toi aussi, elle a souffert pourtant elle est toujours là ! Viens, nous allons l’aider.
Père Anselme prit un sac et traversa à grandes enjambées la ville, Friedrich accroché à sa main. L’enfant ne sentait plus ses jambes. Seule la force de sauver sa mère le faisait marcher.

Ils arrivèrent dans un temps record à la chaumière située au bout de la ville. Marina attendait à la porte son petit frère qui lui avait échappé dans un moment d’inattention. Elle s’inquiétait pour lui car depuis six mois, il ne supportait plus sa famille et s’enfuyait dans un endroit inconnu d'elle. Il acceptait mal de ne plus être le préféré de sa mère. Elle s’occupait toujours de lui avec amour mais la nouvelle vie qui poussait en elle l’accaparait plus qu’il n'en fallait selon Friedrich.

Marina prit la main de son frère et conduisit Père Anselme dans la chambre. Frau Harlock était couchée sur le lit, ses cheveux blonds entourent son beau visage malgré la souffrance. Elle essayait de ne pas crier en pinçant ses lèvres. Son mari lui tenait la main qu’elle serrait de toutes ses forces. Il accueillit le Père d’un sourire qu’il voulait heureux mais l’inquiétude se lisait sur ses traits. Il ne comprenait pas cette naissance difficile, les deux premières naissances s’étaient faites rapidement sans trop de douleur. A la vue de Marina à la porte, il lui fit signe de sortir.

Les enfants descendirent. Elle voulait emmener son frère à la taverne de Maître Plot. Friedrich se rebella, il voulait rester près de sa mère. Il s’installa à côté de la cheminée pour se réchauffer. Quelques instants plus tard, il s’éloigna pour se rafraîchir. Il ne comprenait pas : sa mère qui allait mourir, le bébé qui arrivait, la chaleur de son visage, ses mains glacées. Trop de choses s’interposaient dans sa vie calme de petit garçon choyé par sa famille. Tout à coup, il se retrouvait seul, personne ne jouait avec lui, personne ne lui parlait. Il s’assit sur un banc, posa ses coudes sur la table et s’endormit.

- Friedrich !
***
1683
- Friedrich !
Il se réveilla en sursaut dans la chambre de Marianne. Penché sur lui, le médecin lui auscultait la poitrine. Il s’était souvenu de la naissance de Louis, son petit frère, qu’il n’avait pas accepté. Il était tombé malade cet hiver-là à cause de la venue d’un bébé qui lui prenait l’amour de ses parents. Sa maladie avait duré longtemps, sa mère s’était occupé de lui, laissant le bébé aux mains de Marina et il avait compris alors que même la présence d’autres petits frères ne lui enlèverait pas sa maman.

Il vit Marianne derrière le médecin. Elle se tordait les mains, inquiète de son état. De temps en temps, elle jetait un regard au portrait. Il ne fallait pas qu'il disparaisse comme l’autre, Dieu devait lui donner cet enfant, elle allait l’aider et elle serait toujours là pour le bercer dans les moments difficiles, pour l’écouter. Lucas avait disparu en mer, elle savait que Friedrich la quitterait aussi, mais que lui, il ne l’abandonnerait pas. Le médecin la coupa dans ses pensées.

- Un peu de repos et de nourritures le remettront sur pieds. C’est du solide, ce gars. Ne crains rien, Marianne. Garde-le au chaud, interdiction de sortir. Voici une potion. Tu lui en donnes deux fois par jour, d’accord ?

Se tournant ensuite vers le malade, il continua ses recommandations :

- Mon garçon, ne parle pas. Profite de la chambre. Les aventures seront pour plus tard, avant, il faut reprendre des forces sinon le vent t’emportera dès que tu auras mis les pieds sur le pont d’un bateau.

Il quitta la pièce, Marianne le suivit et referma la porte doucement laissant Friedrich s'endormir.
Revenir en haut Aller en bas
Http://fictionsdeflo.wordpress.com
anterak 08

avatar

Messages : 11745
Date d'inscription : 16/05/2009
Age : 51

MessageSujet: Re: Chassé-croisé intemporel - en cours   Jeu 2 Oct 2014 - 13:56

merci homnorak cheers cheers
Revenir en haut Aller en bas
hikaru

avatar

Messages : 5356
Date d'inscription : 31/12/2012
Age : 45
Localisation : ESSONNE

MessageSujet: Re: Chassé-croisé intemporel - en cours   Jeu 2 Oct 2014 - 14:32

Très beau chapitre Homnorak.

Quel retour en arrière.  Very Happy  
Bon même si je ne suis pas la plus grande fan de ce personnage sur ce forum, il n'est pas difficile d'imaginer de qui ce petit garçon est l'ancêtre. Wink lol!

J'ai hâte de voir comment tu vas nous ramener à l'époque du mariage d'Actarus et Vénusia. bounce
Revenir en haut Aller en bas
Gurendaizä

avatar

Messages : 10565
Date d'inscription : 29/10/2011
Age : 51
Localisation : A bord de Goldorak

MessageSujet: Re: Chassé-croisé intemporel - en cours   Jeu 2 Oct 2014 - 17:07

Comme tu le disais plus haut, c'est vrai, je suis un peu perdue par rapport au chapitre précédent ! Wink mais il est superbement bien écrit, j'ai hâte d'en savoir plus sur la vie de Friedrich Harlock. Harlock ? Ce nom me rappelle quelqu'un !!! Wink

Merci homnorak !!! cheers cheers cheers


_________________
Goldorak, Go !     グレンダイザー    Gurendaizä go ! 
Revenir en haut Aller en bas
venusia45

avatar

Messages : 4462
Date d'inscription : 02/02/2014
Age : 46
Localisation : dans ma soucoupe

MessageSujet: Re: Chassé-croisé intemporel - en cours   Jeu 2 Oct 2014 - 17:51

hikaru a écrit:
Très beau chapitre Homnorak.

Quel retour en arrière.  Very Happy  
Bon même si je ne suis pas la plus grande fan de ce personnage sur ce forum, il n'est pas difficile d'imaginer de qui ce petit garçon est l'ancêtre. Wink lol!

J'ai hâte de voir comment tu vas nous ramener à l'époque du mariage d'Actarus et Vénusia. bounce

tout pareil ! Comme Hikaru, je suis curieuse de savoir comment tu vas nous ramener à A. et V; Wink Est-ce la lumière qu'ils ont vue ?
Revenir en haut Aller en bas
Oscar1965

avatar

Messages : 6271
Date d'inscription : 20/01/2014
Age : 52
Localisation : Planète Bleue

MessageSujet: Re: Chassé-croisé intemporel - en cours   Jeu 2 Oct 2014 - 18:14

Moi aussi j'ai hâte de savoir comment tu va rattacher les fils de cette histoire. Si je comprend bien, Harlock (descendant de celui-ci et ancêtre d'un autre) rencontrera Actarus un jour?

Merci Homnorak et bravo pour la recherche historique!
Revenir en haut Aller en bas
homnorak

avatar

Messages : 3349
Date d'inscription : 30/08/2013
Age : 43
Localisation : Belgique

MessageSujet: Re: Chassé-croisé intemporel - en cours   Jeu 2 Oct 2014 - 20:15

nan, même pas de rencontre entre A et H. Actarus aura du boulot ailleurs.

Merci pour vos compliments sur le texte
Revenir en haut Aller en bas
Http://fictionsdeflo.wordpress.com
homnorak

avatar

Messages : 3349
Date d'inscription : 30/08/2013
Age : 43
Localisation : Belgique

MessageSujet: Re: Chassé-croisé intemporel - en cours   Mer 8 Oct 2014 - 16:13

Chapitre 5



L’hiver était là pour de bon. Les flocons de neige recouvraient les jardins et les toits. La température était descendue jusque moins 10 ° C et l’eau gelait sur la mer.
Friedrich sortit précipitamment de son lit, il adorait la neige, sa douceur, sa froideur. Avec ses frères et sœurs, ils s’amusaient à se lancer des boules de neige, à se rouler dedans, comme il aimerait le refaire aujourd’hui. Sa famille lui manquait déjà. « Je l’ai voulu, se dit-il, je ne dois rien regretter ».

En ouvrant la porte de sa chambre, il sentit une bonne odeur de marrons grillés. Il courut jusqu’à l’escalier lorsqu’il se cogna à quelqu’un.

- Eh, jeune homme, tu es bien pressé !

Friedrich leva les yeux vers l’homme. Il parlait le flamand d’une voix gutturale.

- Pardon, monsieur, répondit le garçon dans la même langue.
- D’où viens-tu ? Tu as vu un fantôme ?
- Non monsieur, j’ai seulement vu la neige. Je loge au fond du couloir.

L’homme regarda de ce côté.

- C’est donc toi qui vis dans la chambre de Lucas et qui a enjôlé Marianne ?

Friedrich examina son interlocuteur avec curiosité. L'homme blond de grande taille se tenait très droit faisant ressortir ses muscles de ses vêtements serrés ; son visage aux traits réguliers et aux yeux bleus grands et fendus laissait deviner un caractère fort et martial. Après s'être laissé inspecter de bonne grâce, il mit ses mains sur les épaules du garçon et le guida vers les escaliers.

- Allons voir Marianne. Je crois que tu as quelque chose à me demander.

Friedrich ne savait plus que faire. Il n’avait jamais vu cet homme mais devinait qu’il était un ami de la maison. Depuis son arrivée à Dunkerque, une semaine auparavant, il était resté alité dans sa chambre. Il sortait pour la première fois et se faisait déjà remarquer.

Friedrich entra le premier dans la cuisine, poussé par la main du géant. Marianne, assise près de la table, épluchait des carottes.

- Friedrich ? Que fais-tu debout ?

Elle se leva pour l’accueillir, l’aida à s’asseoir quand elle vit l’homme.

- Ah ! Je vois que tu as rencontré Pierre. Elle s’adressa à celui-ci. Eh ! Bien, tu n’es plus fatigué ?

Pierre Chabron eut un grand sourire.

- Non, ma belle, ce petit bonhomme m’intéresse. Mais je n’ai pas l’honneur de le connaître.
- Pierre, voici Friedrich. Friedrich, Pierre Chabron est un capitaine de renom, grand ami de Jean Bart.

L’enfant eut un sursaut. Comment ? Lui qui voulait faire ses premiers pas de marin en avait un juste devant lui. Il resta bouche bée, cherchant ses mots. Une tape le fit tomber en avant.

- Eh ! Garçon, je ne suis pas un ogre.

Friedrich baissa les yeux, honteux :
- Non, monsieur, non, c’est que…

Pierre fit entendre un rire sonore.
- On va bien s’entendre, mon petit. Alors, tu veux devenir marin ? Il faut du courage, la mer n’est pas facile. As-tu déjà navigué ?
- Non, monsieur, je n’habite pas sur la côte.

Le corsaire leva la main.
- Attends, pourquoi as-tu quitté ta famille ?

Friedrich frottait ses mains. Ses parents lui manquaient beaucoup mais il l’avait décidé ainsi quand le régiment de Le Saunek s’était installé au Cateau.
***
1681
Le Nord était désormais français. Depuis 1678, la France et l’Espagne s’étaient réconciliées. Finis les pillages, les catésiens pouvaient enfin reconstruire proprement leur maison. Mais hélas, la famine courrait dans les campagnes, le peuple tentait de résister au nouveau changement. Les émeutes s’amplifiant, une garnison s’installa dans la petite ville du Cateau, ville pourtant pacifique grâce à l’archevêque de Cambrai.

La famille Harlock vivait durement cette époque malgré les bontés de Monseigneur de Bryas : durant leur migration de leur Heiligenstadt natal vers la France, Franz avait proposé ses services pour des petits travaux aux habitants des villages où ils séjournaient : construction et réparation de meubles en bois, ferronnerie, maréchal-ferrant. Sa femme, Maria, aidait aux champs ou dans les maisons bourgeoises. Ils restaient le temps nécessaire pour se réapprovisionner avant de reprendre leur chemin.  Depuis leur arrivée au Cateau, ils étaient installés en bordure des terres de l'archevêque : Franz était devenu garde-chasse,  Maria et leur fille aînée, Marina, travaillaient au palais, Friedrich et Louis étudiaient chez les Récollets. La petite dernière, Tamara, une petite pouponne blonde aux yeux aussi bleus que ceux de sa mère, calme et toujours sage, passait dans les bras de toutes les servantes du palais.

La garnison, commandée par le capitaine Hugues de Le Saunek, soldat breton, opérait dans les campagnes. Friedrich toujours prêt à aider son prochain, malgré son air taciturne, s’était fait des amis auprès des soldats. Quand il échappait au Père Anselme, il rejoignait le palais où Le Saunek le prenait sous son aile. A treize ans, un enfant rêve de liberté, d’aventures et de conquêtes. Quoi de plus beau que d’avoir à ses côtés des soldats pour s’éveiller ! Lorsque Hugues de Le Saunek reçut l’ordre de quitter la ville, Friedrich le suivit sans un regard pour sa famille. Maria pleura dans les bras de son mari qui avait lui aussi les yeux embués, en regardant s’éloigner leur fils.

Friedrich apprit la vie de soldat en campagne sous l'égide de Le Saunek auprès duquel il était devenu l’écuyer. Courageux il gardait les arrières de son maître en le prévenant des attaques éventuelles, le garçon avait cependant un défaut impardonnable pour un soldat : il tournait de l’œil à la vue du sang et de la violence. Il supportait mal le comportement des soldats, à la prise d’une ville, qui violaient les jeunes filles. Il se referma sur lui-même tout en apprenant à devenir plus fort et il se forgea une barrière pour surmonter son dégoût. Sa bravoure et son intelligence étaient appréciés des officiers. Malgré son jeune âge, il avait su se faire respecter par ses camarades.

Un jour, Friedrich rêva de liberté. L'armée de terre était trop contraignante. Il donna son congé au Capitaine qui le donna avec réticence. Il prit la direction du Nord où, lui avait-on dit, la marine royale recrutait des membres pour des futures missions.
***
- Voilà monsieur, les raisons de ma venue ici, finit Friedrich.

Pierre Chabron le regarda. Un pli barrait son front. Lui qui avait parcouru de long en large la mer du Nord, connaissait assez le métier de capitaine de vaisseau voir pour savoir qu’à chaque départ, peu d’hommes revenait. Ce garçon avait combattu ses faiblesses, mais était-ce suffisant ?
- Tiens-tu beaucoup à ta famille ?
- Oui, comme tout enfant. Je ne leur suis pas d’un grand secours depuis deux ans.

Chabron tourna les yeux vers la porte d'où sortaient les rires des marins saouls.
- La vie sur un bateau, qui plus est une régate, n’est pas de tout repos. Tu es jeune, tu apprendras vite. Pendant une bataille, beaucoup tombent et comptent sur les vaillants pour vaincre l’ennemi. Je te demande toute ta force. Tu en es capable ?

Il but une gorgée de bière, attendant que ses paroles fassent effet.
- Nous repartirons seulement dans quelques mois, le temps d’arranger quelques affaires avec les gens du roi – il fit une grimace – pendant ce temps, tu resteras chez Marianne. J’irais te chercher pour te montrer ce qu’un marin doit faire, d’accord ?

Les yeux de Friedrich brillèrent de joie. Incapable de remercier le dunkerquois, il hocha vivement la tête. Chabron eut un sourire, chiffonna les cheveux de son nouveau protégé et prit congé.

Marianne embrassa le garçon à l’étouffer.
- Je savais qu’il t’accepterait. Je serais toujours là pour t’accueillir.

Elle enveloppa Friedrich du regard d’une mère fière de son rejeton.
- Demain, il faudra que tu écrives à tes parents pour qu’ils sachent où tu es. Tu leur donneras cette adresse et les rassureras sur ton sort. Car je suppose que depuis deux ans tu n’as pas eu le temps de le faire ? Maintenant, bois ta soupe. Après, tu retourneras au lit. Ça ne sert à rien d’attraper la mort par ce temps.
***
Friedrich et Pierre Chabron étaient installés dans la cuisine, près de la cheminée. Le corsaire dessinait sur une feuille le schéma d'un vaisseau, expliquant l'utilisation de chaque parcelle. Friedrich, les coudes sur la table, l’œil morose, écoutait discrètement. Sa famille lui manquait, surtout son ami Nicholas. Il regrettait qu’ils n’aient pu partir ensemble. Nicholas avait perdu son père la veille du départ. Il devait désormais subvenir aux besoins de sa mère et de ses sœurs. Friedrich ne voulait pas quitter son ami, pourtant, la garnison s’en allait et il devait suivre son destin. Ils avaient fait les quatre cents coups ensemble. Un événement lui revint en mémoire qui le fit sourire.

Il avait alors six ans. Très éveillé, il avait appris à lire et à écrire assez tôt aux côtés de sa sœur Marina. L’archevêché de Cambrai avait ordonné que tous les enfants de la région, toutes classes sociales confondues, devaient étudier. La grande foire approchait et il avait décidé d'aider les commerçants à décorer les boutiques plutôt que de réciter les psaumes des Evangiles. Le Père Anselme qui avait été nommé au poste de maître d’école, l'avait attrapé alors qu'il était perché sur une escabelle pour accrocher une guirlande. En punition, il lui avait donné une liste de dates historiques à apprendre. Cet homme grand et maigre, au visage émacié était apprécié autant des parents que des enfants.  Il suivait les enfants en difficulté, les écoutait et arrivait à soutirer, par ses questions rusées, des informations que les plus durs cachaient en eux. En l'occurrence, il n’admettait pas l’absence d’un élève pour des futilités même s’il appréciait la volonté de Friedrich mais l’école était prioritaire avant toute chose.

Le garçon râlait tout seul. Il était midi, il avait faim. Il trouvait impensable de laisser mourir un enfant de faim ! Quelle honte ! Et puis il voulait jouer dehors avec sa sœur et son ami. Depuis l'aventure de la foire à leur arrivée, le lien affectif avec Marina s’était resserré. Quand l’un était malade, l’autre le sentait et ne faisait plus rien. La différence d’âge ne se voyait presque pas. Friedrich était aussi grand que Marina, ce qui lui permettait de jouer avec les amis de sa sœur, surtout avec Nicholas.

Une ombre bloqua la lumière provenant de la fenêtre. Il entendit des jurons et une chute. Intrigué, il alla voir. Ce qu’il vit le remit en joie. Nicholas avait les jambes en l’air, un tonneau sur lui, les cheveux barbouillés de boue.
- Au lieu de rire, tu ferais mieux de m’aider, Harlock ! s’écria-t-il furieux. Je viens te délivrer et regarde le travail…

Il se débarrassa du tonneau et se remit debout. Puis, il examina la hauteur de la fenêtre.
- Tu peux sauter ?

Friedrich pencha la tête et recula vivement. Il avait toujours eu le vertige. A 6 ans, il avait la taille d’un enfant de 8 ans, ce qui n’empêchait pas d’avoir ses peurs de bébé.
- Alors Friedrich, tu es encore là ? s’impatienta Nicholas
- Oui… oui, répondit-il incertain en jetant un coup d’œil dehors. Euh… tu m’attrapes ?

Nicholas eut un fou rire.
- Tu veux rire ? T’es plus gros que moi !
Friedrich sourit dépité
- Ben… une corde ?
- Et puis quoi encore ?

Nicholas mit les mains sur les hanches. Ses sourcils se froncèrent mais une petite lueur malicieuse apparut dans ses pupilles bleues. Il disparut un instant puis revint avec une corde.
- T’as de la chance, tu sais ? Ça traînait dans un coin, cria-t-il. Tiens attrape.
Il lança la corde à Friedrich qui la récupéra avec facilité. Le garçon l’attacha sur un meuble, et entreprit la descente. Les pieds sur la terre ferme, il remercia son ami.
- On n’est pas en retard ?
- Tu veux rire ? Il n’arrivera pas avant une heure.
Les yeux de Friedrich pétillèrent de malice.
- Où est Marina ?
Gêné par le regard insistant que lui jetait son ami, Nicholas rougit :
- Derrière le tas de bois. Marina ? Tu peux venir. Ton frangin veut te parler.
Marina se précipita devant son frère, ses deux mains sur les hanches. Ses yeux bleus le menacèrent.
- Si tu dis un mot aux parents, gare à toi…
Le petit garçon éclata de rire :
- Ma vieille, je vais faire un tour chez les commerçants, vous avez une heure, salut !
Il s’enfuit derrière l’abbaye, en direction de la haute ville. Exaspérés de son audace, Marina leva les bras au ciel.
- A 6 ans, quelle témérité ! Dis-moi, Nick, j’espère que ce coquin ne t’embête pas trop. Je ne sais quoi faire pour le calmer.

Pendant ce temps, Friedrich se faufilait entre les charrettes, les chevaux et les gens. Il s’approchait du beffroi quand il vit le Père Anselme, cinq mètres devant lui. L'abbé donnait ses dernières recommandations, il expliquait le déroulement de la procession. Ce jour-là, en plus de la foire, Le Cateau fêtait l’arrivée ce son nouvel archevêque, venu recevoir les hommages de ses fidèles. Tout devait être organisé à la perfection, à l’image de la petite ville. Le Père Anselme gesticulait dans tous les sens. Friedrich ne bougeait pas, de peur de se faire remarquer. Il guetta les gestes de son instituteur-confesseur. Soudain, au moment où le gamin s’y attendait le moins, il entendit crier son nom. Pris d’une frénésie, il se mit à courir pour échapper aux mains du Père Anselme. Il grimpa sur les tonneaux, bouscula les promeneurs qui barraient le passage, se retournant de temps à autre pour regarder son poursuivant. Quand il le voyait trop loin, il ralentissait sa course pour accélérer à nouveau lorsque le Père le rattrapait. Le pantalon court facilitait la fuite de Friedrich tandis que son poursuivant s’emmêlait dans sa robe noire.

L’enfant se relâcha un peu pour narguer son instituteur quand il se cogna à Maître Plot, le tavernier.
- Alors, petit vaurien, dit-il en attrapant le gamin de ses grosses mains, tu t’es échappé de l’école ?
Friedrich se débattit, balançant ses jambes qui ne rencontrèrent que du vide, pour se libérer de la poigne de Maître Plot.
- Lâchez-moi…
L’homme éclata d’un gros rire.
- Non, tu vas retourner tout droit à l’abbaye avec le Père Anselme, et je t’y emmène moi-même, comme ça tu n’auras pas le plaisir de fausser compagnie. Allez, ouste !…
Il prit Friedrich par la taille et le déposa sur son épaule sans écouter ses récriminations ni prêter attention aux poings qui tambourinaient dans son dos.
- Vous n’avez pas le droit, moi aussi je veux voir Monseigneur de Bryas…
- Il n’est pas encore là, tu as encore le temps d’apprendre quelques dates.
- J’ai faim…
Le tavernier regarda son prisonnier, il eut un petit sourire.
- A mon avis, c’est plus cette raison-là qui t’intéresse que Monseigneur de Bryas.
Vexé, Friedrich fit la moue et se tut. Les petits avaient toujours tort, même s’ils mouraient de faim. « Tant pis, se dit-il, je ne mangerai plus, après tout, personne ne m’aime ». Il écouta muet la morale de Maître Plot.
- Que dira ton père, hein ? Il essaye de faire de toi un gentil garçon bien élevé et regarde-toi. Il travaille dur, ton père, tu pourrais faire un effort.
Sa voix était dure mais son visage reflétait la douceur. Dans la ville, Friedrich Harlock était certes un enfant fort turbulent, il choquait parfois la bonne bourgeoisie, cependant il était sensible. Chaque soir, il aidait les commerçants dans leur travail, il apprenait la poterie, la brasserie. Il gagnait ainsi quelques nourritures pour sa famille ou des florins qu’il gardait dans une cachette.
- Ah maître Plot, merci de l’avoir attrapé, il m’en fait voir de toutes les couleurs aujourd’hui, comme si on n’en avait pas assez avec l’arrivée de Monseigneur, fit le Père Anselme tout essoufflé.
Le tavernier eut un regard attendrissant.
- Ne pouvez-vous pas considérer la punition finie ? J'aurais besoin de lui avec tous ces clients, je le surveillerai en même temps.
- Cela ne serait pas juste puisqu’il s’est enfui… - il poussa un soupir- Enfin, c’est fête aujourd’hui.
Le Père Anselme se tourna vers Friedrich et pointa un doigt sur sa poitrine.
- Attention, demain jusqu’à la fin de la semaine, je veux te voir à l’école, d’accord ?
Friedrich baissa les yeux, il se dandinait sur les jambes.
- Oui, mon père.
- Un peu de pratique te fera plus de bien que ma théorie et mes dates d’histoire.
***
- J’arrête ! s’exclama soudain Friedrich, jetant sa plume au loin.
- Quoi !? demanda Pierre Chabron surpris d’entendre cette défaite précipitée.

Le jeune homme posa les coudes sur la table, mit sa tête dans ses mains et regarda son maître.
- Depuis un mois, on est ici à faire de la technique. J’en ai marre, j’arrête, ce n’est pas avec de la technique que je deviendrai marin. Le Père Anselme nous disait toujours qu’il fallait de la pratique. Que sans pratique, on est un bon à rien. Qu’est-ce qu’on attend pour aller sur la frégate.

Pierre sourit. Friedrich ressemblait tant à Lucas, le fils de Marianne. Tête brûlée, Lucas n’écoutait jamais les conseils des aînés et aujourd’hui… Ah ! Quelle journée que celle où il avait fallu annoncer la triste nouvelle à Marianne. Le corsaire chassa ce souvenir de son esprit et revint au garçon assis devant lui. Il avait promis à Marianne d’en prendre soin. Friedrich se relevait d’une grave pneumonie. Il passait sa convalescence près du feu de la cuisine, où il aidait la tenancière dans le ménage - ce qui le démangeait car il détestait éplucher les carottes. Pierre venait le soir lui enseigner les subtilités de la Marine, le tonnage, le gréement, les vents. Friedrich apprenait à se servir d’une boussole et d’un compas, à lire une carte. Le Dunkerquois soupira. Il avait accepté de prendre Friedrich sous son aile à une condition - il avait supplié Marianne de l’enlever en vain - le garçon ne devait pas aller dehors, surtout sur un bateau tant qu’il neigeait. Et depuis un mois, le ciel tenait bon… les maisons étaient englouties sous un mètre cinquante de neige.

- Tu sais, Pierre, reprit Friedrich, je te remercie beaucoup de ce que tu fais pour moi. Mais vois-tu, je m’ennuie. J’aime bien ce que tu m’apprends. Pourtant, je suis seul, enfermé dans cette pièce chaude. Chez moi, j’étais toujours dehors avec Nick. Ici, je n’ai personne.

Le marin passa la main dans ses cheveux. Que pouvait-il faire ? Il était hors de question de renier sa promesse à Marianne. Il regarda le garçon.
- Les leçons sont finies pour ce soir. Je parlerai à Marianne. Après tout, nous sommes fin février, les bateaux vont bientôt reprendre la route.
- Parce que c’est Marianne qui m’interdit de sortir ? s’étonna Friedrich. Ben ça alors, je suis grand pour savoir ce que je dois faire.
- Ah ? Depuis quand un gamin de quinze ans dirige-t-il sa vie ?

Marianne se tenait près de la porte, les bras croisés sur la poitrine.
- Depuis que j’ai quitté ma mère, ragea Friedrich.
La jeune femme s’avança et posa la main sur la tête d’Friedrich.
- Ecoute petit…
- Je ne suis pas petit, coupa le garçon
- Euh, oui ta taille ne le laisse pas supposer. Friedrich, quand tu es arrivé ici, il y a trois mois, je t’ai pris en affection comme si tu étais mon fils. Je ne veux pas qu’il t’arrive quelque chose comme Lucas.
Marianne se détourna pour essuyer furtivement ses yeux.
- Excuse-moi, Marianne, je… je ne voulais pas…
Elle sourit
- Ce n’est rien. Il faut que tu sois prêt pour partir en mer. Quand le temps le permettra, Pierre t’emmènera sur la « Railleuse ».
***
- Tu sais, Lucas, je ne te connais pas. Pourtant, à voir ton visage, j'ai l'impression qu'on est ami ? Tu as l’air aussi têtu que moi, si ce n’est plus. Je suis impatient de sortir, ce matin. Qu’en penses-tu, tu crois que je ferai un bon marin ?

Friedrich usait le parquet dans ses allées et venues. Il marchait de la fenêtre à la porte, guettant avec impatience que le soleil se lève. Il avait fait de Lucas, le fils disparu de Marianne dont le portrait figurait au-dessus de son lit, son ami imaginaire. Le jeune garçon avait un doute sur la mort de Lucas. Avait-il un don ? Il lisait sur le tableau, une chose que personne ne se doutait : Lucas jouissait toujours de la vie, et même plus, il était heureux, il accomplissait ses rêves d’enfant sans aucun reproche.
- Oh ! Lucas, comme j’aimerais déjà être sur la mer, sauter sur les ponts, hisser les voiles, tenir le gouvernail. Crois-tu que j’en serais capable ?

Il leva les rideaux
- Il doit à peine être cinq heures. En tout cas, le ciel est clair, les étoiles brillent. On aura une belle journée, qu’en penses-tu ? Qu’est-ce que j’ai faim… Allez Lucas, je te laisse, je ne peux pas tenir en place. A tout à l’heure !

Friedrich se précipita dans le couloir.
Dans la cuisine, il prit une miche de pain et s’installa près du feu. Plongé dans ses pensées, les yeux fixés sur les flammes, Friedrich n’entendit pas Marianne.
- Déjà levé mon garçon !
Friedrich sursauta :
- Je ne t’ai pas entendu. Je n’arrivais plus à dormir.
Marianne prit une écuelle sur la table et se dirigea vers la cheminée.
- Tu ne vas pas manger qu’une miche de pain. Tiens voilà du bouillon.
- Oh ! Non, Marianne, je n’ai plus faim.
La tenancière lui mit l’assiette dans les mains.
- Je ne veux rien savoir, une longue journée t’attend. Il faut que tu manges.
Friedrich ne tenait jamais tête longtemps à sa bienfaitrice. Il avala d’un trait le bouillon de légumes, récupérant avec sa langue les morceaux de viande qui flottaient. Marianne s’assit à côté de lui, prit une autre assiette.
- Bon, eh bien, je vais y aller. La « Railleuse » est amarré au port, n’est-ce-pas ? C’est idiot comme question. Sûr que oui. A ce soir, Marianne.

Il sortit par la cour arrière. En ce début d’avril, la neige avait complètement fondu laissant la place à une herbe encore timide. L’air était toujours frais surtout au bord de la mer du Nord. L’auberge de Marianne se situait sur le quai. Des marins vaquaient déjà à leurs occupations quotidiennes quand le bateau était au port : affalés sur des tonneaux et des cordages, une bouteille de rhum dans chaque main, ils avalaient d’un trait leur alcool avant de se rendormir. Friedrich se sentait étranger à cette atmosphère chargée d’embruns. Il courut sur le quai à la recherche de sa frégate et de Pierre Chabron. Plusieurs navires de guerre attendaient le bon vouloir de leur capitaine. Luisant de propreté, ils avaient profité du long arrêt hivernal pour recevoir une remise à neuf presque totale. Leurs voiles étaient repliées et rangées. Les cordes étaient roulées sur les ponts et sur le quai.
Friedrich arriva devant la « Railleuse ». Les marins montaient des caisses de vivres. Un officier les commandait du pont, il élevait la voix pour se faire entendre. Il aperçut Friedrich alors que celui-ci grimpait la passerelle. Il lui fit signe.

- C’est toi, le nouveau ? l’interpella l’officier.
- Oui, monsieur.

Le marin le dévisagea.

- Bien le Capitaine t’attend sur la dunette.

La frégate était un trois-mâts carrés de trente mètres de long. Friedrich traversa le pont, longea la grille de la fosse qui occupait presque toute la largeur du pont. La dunette s’avançait jusqu’au milieu. Le garçon trouva Pierre, appuyé au bastingage. Il tenait des papiers qu’un autre homme lui expliquait. Ces sourcils se froncèrent sur une phrase ambiguë.
- C’est quoi cette histoire ? Tout est en ordre depuis une semaine et voilà qu’on m’interdit la mise à voile ?

L’intendant, chargé des paperasses de la longue administration française blêmit :
- Je… Je… vais voir si je peux arranger cela…

Le Capitaine le regarda, agita la main pour signifier que c’était inutile.
- Qui est ce fonctionnaire ?
- Armand Stanislas de Portemoine.
- Ouais, encore un arriviste. Vous allez voir de quel bois je me chauffe. Oser interdire le départ à Pierre Chabron… Vous pouvez disposer, Lieutenant.

L'officier commença à descendre de la dunette quand Pierre le rappela :
- A l’avenir, évitez de bégayer. Ce n’est pas une bonne manière de parler pour envoyer des ordres, compris ?
L’homme hocha la tête et s’éloigne. Friedrich n’osa plus avancer. Les colères de Piere Chabron étaient réputées. Le Capitaine l’aperçut avant qu’il eut le temps de s’éloigner.
- Friedrich, viens ici…
Il entoura affectueusement les épaules du garçon.
- Tu t’es repéré dans le labyrinthe des quais ?
- Oui, monsieur.
- Eh mon gaillard, ne sois pas timide. Un marin ne doit jamais se laisser impressionner par une voix coléreuse. Il y a un petit problème pour appareiller mais je vais vite régler cela.
Le Capitaine frappa le dos de son futur marin.
- En attendant, jeune mousse, visitons ce navire. Tu es ici au niveau le plus élevé. Tu peux voir tout ce qu’il se passe sur les deux ponts inférieurs. C’est la dunette. Tu gouvernes le vaisseau avec le gouvernail qui est là, derrière toi.

Friedrich suivit silencieusement les explications de son maître. Le bateau était une véritable merveille. Pierre lui montra sa cabine située sur l’étage inférieur, le pont que les marins lavaient et préparaient pour le départ, les mâts, la hune, la poupe. Le jeune homme ouvrait ses yeux marron pour capter toutes ces découvertes qui n’avaient rien à voir avec les cours théoriques que lui avait imposés son mentor pendant les longs mois d’hiver où il était arrivé à Dunkerque. Friedrich fit une prière silencieusement à Lucas, son protecteur, afin que son premier voyage se passe aussi bien que possible.

Il fit ensuite la connaissance des membres de l’équipage : le second du Capitaine, le Lieutenant Durant, l'accueillit avec un large sourire.

-Si tu as réclamations à faire ou des explications à demander, va voir Durant, dit Pierre, je ne pourrais pas toujours t’aider. Le Lieutenant Henry s’occupe des affaires administratives. Il règle toute la paperasserie, dont ta paye et le chargement que nous devons emmener. Tu rencontreras les autres plus tard. Bon, aujourd’hui tu t’occuperas du nettoyage du pont supérieur.

Il tapa le dos de Friedrich et le poussa en avant. Puis se tournant, il jura.

- Bon Dieu, voilà encore ce satané Patoulet. Il n’aura jamais fini de m’emmerder. Seigneur Patoulet, interpella Chabron, de nouveaux problèmes ?
Il descendit l’échelle et attendit impatiemment Patoulet. Celui-ci, un petit bonhomme, bien en chair, se déplaçait lourdement. Il épongea son front, reprit sa respiration et se lança dans un discours désordonné.
- Ah Monseigneur, la nouvelle vient d'arriver à l’instant. Un message de Monseigneur de Seigneuley vous autorisant à quitter le port.
- Attendez une minute, M. Patoulet ! Il y a à peine une heure, un certain Portemine refusait mes certificats et maintenant je peux partir ? Il faudrait peut-être vous mettre d’accord ? Qui est-il d’abord, ce Portemine ?
- Ce jeune homme me seconde dans l'administration de ce port, répondit Patoulet. Un jeune sot qui pense tout connaître de la gestion d’un port. Cependant, cet ordre de rester à quai venait de moi. - L’administrateur se redressa, prit un air sévère - Il semblerait que vos marchandises proviennent d’un entrepôt douteux. Je ne voudrais pas que votre équipage subisse un grave fléau parce que vous agissez inconsciemment en naviguant avec de la nourriture avariée.
Pierre Chabron fit un signe de la main, impatient.
- Certes, certes… Bon maintenant que tout est en règle, je vais préparer le départ.
Revenir en haut Aller en bas
Http://fictionsdeflo.wordpress.com
Carabibi

avatar

Messages : 2762
Date d'inscription : 27/11/2013
Age : 49
Localisation : Bruxelles

MessageSujet: Re: Chassé-croisé intemporel - en cours   Mer 8 Oct 2014 - 16:34

Fichue absence de notifications, je n'avais pas vu le chapitre précédent !
Je crois que je peux aussi deviner de quelle famille est Marina Laughing

Excellent nouveau chapitre, comme toujours ! Very Happy
Merci, Homnorak cheers
Revenir en haut Aller en bas
http://captaincara.deviantart.com/gallery/
venusia45

avatar

Messages : 4462
Date d'inscription : 02/02/2014
Age : 46
Localisation : dans ma soucoupe

MessageSujet: Re: Chassé-croisé intemporel - en cours   Mer 8 Oct 2014 - 16:56

Impressionnant !! Bravo ! Quelle productivité ! Et c'est toujours très bien écrit cheers Il est touchant ce gamin !
Revenir en haut Aller en bas
anterak 08

avatar

Messages : 11745
Date d'inscription : 16/05/2009
Age : 51

MessageSujet: Re: Chassé-croisé intemporel - en cours   Mer 8 Oct 2014 - 17:54

merci homnorak Very Happy Very Happy
Revenir en haut Aller en bas
Oscar1965

avatar

Messages : 6271
Date d'inscription : 20/01/2014
Age : 52
Localisation : Planète Bleue

MessageSujet: Re: Chassé-croisé intemporel - en cours   Mer 8 Oct 2014 - 18:27

venusia45 a écrit:
Impressionnant !! Bravo ! Quelle productivité ! Et c'est toujours très bien écrit cheers Il est touchant ce gamin !

Comme la dame! Et moi qui aime l'histoire, je suis bien servie!

Merci!
Revenir en haut Aller en bas
homnorak

avatar

Messages : 3349
Date d'inscription : 30/08/2013
Age : 43
Localisation : Belgique

MessageSujet: Re: Chassé-croisé intemporel - en cours   Mer 8 Oct 2014 - 19:02

Merci. Le chapitre suivant permettra de mieux situer ce personnage par rapport à l'histoire général.

Par contre, oui, ce texte écrit il y a 10 ans vient d'une recherche historique et j'ai du l'adapter pour que ça colle un peu et retirer le surplus inutile dans le cas présent. C'est difficile une réécriture, waouh. C'était un exercice. Mais je suis contente du résultat.

Mais le côté historique va s'arrêter parce que je n'ai pas le temps de rechercher. Un comble avec internet et la masse d'info Sad
Revenir en haut Aller en bas
Http://fictionsdeflo.wordpress.com
hikaru

avatar

Messages : 5356
Date d'inscription : 31/12/2012
Age : 45
Localisation : ESSONNE

MessageSujet: Re: Chassé-croisé intemporel - en cours   Mer 8 Oct 2014 - 19:30

Merci pour ce très beau chapitre Homnorak.
Ce garçon intrépide et courageux n'a pas froid aux yeux, suivre l'armée de terre et maintenant devenir marin. Quelle aventure ! cheers




Revenir en haut Aller en bas
homnorak

avatar

Messages : 3349
Date d'inscription : 30/08/2013
Age : 43
Localisation : Belgique

MessageSujet: Re: Chassé-croisé intemporel - en cours   Jeu 16 Oct 2014 - 9:24

Chapitre 6

Friedrich apprenait la vie de mousse à bord d’une frégate et celui de valet auprès du Capitaine. Dès le réveil, aux aurores, il l'aidait à s’habiller, apportait le repas puis nettoyait la chambre. Ensuite, tandis que le Capitaine faisait son inspection matinale, il rejoignait ses camarades pour lessiver les ponts et la dunette. Aux alentours de midi, il rejoignait Pierre pour un cours pratique de pilotage. Le Lieutenant Durant, le second officier, lui apprenait les principes du cordage et des voilages. Parfois, Friedrich participait aux manœuvres des voiles. Sous la protection de Pierre, il côtoyait peu les autres membres de l’équipage. Certains en concevaient de la jalousie à son égard mais jamais avec une franche hostilité. Ce qui était assez étonnant sur un navire de guerre. Mais voilà, en temps de paix, le bateau faisait du commerce et reléguait pour des jours meilleurs, l’abordage et le pillage des navires marchands.

Les premiers jours en mer furent un enfer pour Friedrich. Peu habitué à la vie en communauté dans un espace confiné, secoué par les remous de la mer, pourtant calme à cette époque de l’année, il ne restait guère debout plus d’une heure. Après ce délai, de sévères nausées venaient troubler son travail de mousse et l’obligeaient à s’allonger sur sa couchette sous le regard ironique de ses comparses. Il espérait que ce mal de mer passerait assez vite… avant que Pierre Chabron, lassé d’un garçon maladif ne le renvoie à terre.

Et puis, il avait promis à Marianne de devenir un marin accompli en hommage à Lucas.

Friedrich gardait espoir. Le Capitaine connaissait la valeur du garçon. Ne lui expliquait-il pas chaque soir les subtilités de la Marine ? Il ne perdrait pas ainsi un temps précieux à l'instruire. Il devait savoir, lui, qu’il deviendrait bientôt un marin hors pair. D’ailleurs, au bout de quinze jours, ses nausées s’espacèrent, il réussissait à garder ses repas plus longtemps. De fait, il s’activait sur le pont faisant le double de sa tâche.

En quatre ans, il connut les subtilités de la marine marchande, les combats sous le drapeau de la marine royale, ceux en tant que corsaire, les abordages, les défaites, l'emprisonnement. Son intelligence et son entêtement le menèrent au commandement. Jean Bart, le corsaire dunkerquois et ami de Pierre Chabron, son mentor, lui acheta la charge de lieutenant et lui proposa la direction d'une frégate "La Sentinelle" lors d'une mission en mer du Nord. Accumulant les succès, Friedrich prit de l'assurance et décida d'avoir son propre navire. Il mit de côté une partie du butin récupéré lors des assauts contre les vaisseaux ennemis, oubliant de les déclarer à l'administration. Lors d'une escale à Dunkerque, il apprit l'assassinat de sa famille par des bandits. Il ne vit plus aucune raison de garder un pied à terre sur ce sol qui ne l'avait pas vu naître. Il donna son congé à ses supérieurs et amis et descendit au port de Hambourg à la recherche de l'armateur et marchand Van Denks, plus pirate que commerçant pour lui faire l'achat d'un brick, d'une puissance de feu et d'une rapidité exceptionnelles.

Harlock passa ainsi plus de temps sur mer que sur terre, louvoyant entre les vaisseaux des différentes nations. Il engagea son propre équipage : des forbans, des laissés pour compte, des pauvres ères qui n'attendaient plus rien de la vie. Il leur redonna une seconde chance et grâce à cela, il acquit un respect et une confiance absolue. Il renomma alors son vaisseau. L'Arcadia devint le porte-parole de la liberté absolue. Il accosta de moins en moins sur les côtes européennes, préférant aller plus loin à la découverte des nouveaux territoires. Il continua à piller des vaisseaux marchands, surtout les négriers, libérant ainsi des milliers d'africains, qu'il déposa sur des îles antillaises non colonisées ou sur les côtes d'Amérique Centrale. Il descendit vers le Sud, passa non sans difficulté le cap Horn où il crut à la fin de son aventure et remonta jusqu'au Pérou avant de tenter l'aventure du Pacifique. Il prêta assistance à des bateaux en perdition, indépendamment de leur provenance, créa son réseau de personnes sûres néanmoins confidentiel dans les colonies tout en se mettant à dos les administrations nationales par ses exactions de piraterie. Grâce à la Compagnie néerlandaises des Indes orientales, il réussit à pénétrer l'île de Dejima dans la baie de Nagasaki, le seul territoire que l'empire nippon concédait dans ses relations avec l'Occident pour les commençants néerlandais. Il allât même plus loin. Alors que l'Otona, le superviseur territorial, inspectait tous les navires et confisquait les armes et autres objets susceptibles de contaminer la culture japonaise, en dehors des livres et instruments scientifiques, Harlock eut l'autorisation de pénétrer plus loin dans l'Archipel, rendant jaloux ses compatriotes européens. Il mit en câle l'Arcadia, laissa la majorité de son équipage à Dejima, libre à eux de repartir sur d'autres bateaux, et monta une expédition à la découverte des merveilles du pays du Soleil Levant.
***
Habillé du vêtement traditionnel nippon mais néanmoins tout en noir, hakama noir en guise de pantalon, juban sous un kimono noué par un obi, le tout surmonté par un haori, une veste tombant jusqu'à ses genoux, les pieds chaussés des warabi, sorte de sandalettes en paille de riz, assez confortables après un temps d'adaptation, les cheveux mi-longs cachés sous la capuche de sa cape, Harlock voyageait sans but si ce n'est la découverte de cette civilisation si étrange à ses yeux d'occidental. Les villageois l'accueillaient avec méfiance mais comme il restait discret et serviable, ils lui offraient le gite et le couvert. Avec les compagnons autochtones qu'il avait embauchés, il apprit le maniement du katana, la langue et toutes ses particularités, provoquant hilarité autour de lui lorsqu'il commettait des erreurs. Il lui arrivait de prêter main forte lors de petits conflits inter-villageois mais refusait les remerciements et partait aussitôt.

Un matin à l'aube, ils rangeaient et nettoyaient leur camp pour continuer leur périple le long des parois escarpées d'une chaîne de volcans enneigés quand ils entendirent au loin des hennissements et une cavalcade. Un nuage de poussière entourait deux cavaliers qui poussaient des cris, pointant de longues piques sur le sol. Harlock porta la main à son katana, mit la capuche de sa cape sur la tête pour cacher la couleur de ses cheveux et fit signe à ses coéquipiers de se cacher dans les fourrés, prêts au moindre appel. Les chevaux était au trot au contraire de ce qu'il supposait mais à leurs pieds, il découvrit un enfant à peine plus haut que les genoux des animaux qui tentait d'échapper autant aux piques qu'aux sabots. Il s'interposa, obligeant les hommes à écarter leur monture tandis qu'il stoppait l'enfant et le mettait derrière lui.

Il engagea ensuite un combat inéquitable, ralenti par le fait qu'il protégeait l'enfant tout en évitant les coups de sabre de ses adversaires. Il éloigna le garçon, le poussant dans les buissons puis fit face aux deux samouraïs. Il réussit à en faire tomber un, l'assommant rapidement d'un coup de poigne tandis que le cheval s'éloignait au galop, mais ne put éviter l'attaque arrière. Il se retourna au cri de l'enfant pour voir arriver devant lui une lame. Il recula la tête cependant, il ne put éviter d'être touché. Il ressentit une douleur sur sa joue gauche ce qui décupla son ardeur à se battre. Toutes les tactiques vues pendant son engagement militaire dans les combats des fantassins et des cavaliers lui revinrent en mémoire. Il se jeta à la tête de l'animal, s'accrocha aux rênes que le samouraï laissait balancer pour mieux se battre, il tira un coup sec vers lui, ce qui changea le mouvement du cheval puis, sans réfléchir, il leva son katana et frappa la poitrine de son adversaire qui tentait de maintenir son équilibre par le changement de rythme brusque qu'Harlock avait imposé. L'homme tomba face contre terre pendant que son compagnon se relevait et attrapait sa lame. Cependant, il n'eut pas le temps de reprendre la bataille qu'Harlock le transperça de part en part.
Il resta debout un moment pour reprendre sa respiration. C'était la première fois qu'il tuait sur ce sol et il ne regrettait rien. Il essuya sa lame sur l'herbe, la rangea dans son étui. Il porta ensuite sa main sur sa joue pour essuyer le sang qui coulait, réveillant alors la douleur. La plaie semblait profonde. Il devait la nettoyer. Ses compagnons se précipitèrent vers les hommes morts pour les fouiller. Ils prirent les armes et le peu de nourriture.

- Oh non, c'est l'insigne du Daimyô Yamamoto Keichi, s'écria l'un deux.

Harlock leva la tête en signe d'incompréhension.

- Et ?
- Ses hommes sont réputés pour leur violence...
- Et leur intransigeance. Ils ont toute la confiance de leur maître, continua un autre.
- Ce qui veut dire que toute personne portant la main sur eux, les blessant... ou les tuant est condamnée à mort, compléta un troisième.
- Nous allons les enterrer. Le temps de les retrouver et nous serons loin, proposa Harlock dont le long corps se balançait d'une manière inquiétante pris d'un vertige subit.
- Chef, allez près de l'enfant, nous nous occupons d'eux.

Il hocha la tête, la main toujours sur son visage. Le petit garçon s'était recroquevillé et dormait épuisé, le corps parcouru de tremblements. Il nettoya sa blessure au bord de l'eau, se désaltéra et sortit un morceau de galette de riz des sacs à provisions emballés. Le combat avait été rapide mais épuisant. Il s'assit ensuite près de l'enfant et le regarda. Les pétales roses de l'arbre sous lequel il était adossé voletaient autour de lui, recouvrant aussi le corps du petit comme une couverture. Il dégrafa sa cape pour le draper et le maintenir au chaud. Des mèches blondes et raides sortaient de la masse de cheveux brunis par la saleté accumulée et encadraient son visage. D'où pouvait-il venir ? Il toucha une boucle pour l'examiner plus près. Non, il ne se trompait pas. Cette couleur, exceptionnelle dans ce pays, lui rappelait les épis de blés qui parsemaient les champs campagnards du Nord de l'Europe.
Le garçon se réveilla et eut un mouvement de recul en voyant cet adulte penché sur lui. Ses yeux d'un vert tirant sur le bleu, pailleté de violet aussi ternes que sa peau s'agrandissaient au fur et à mesure qu'il prenait conscience d'être entouré d'inconnus dans un lieu qu'il ne connaissait pas. Il se redressa prêt à prendre la fuite. Harlock tendit une main en guise d'apaisement.

- Tu n'as plus rien à craindre mon garçon, tenta-t-il de rassurer en utilisant le français par habitude.

L’enfant ne répondit pas. Il s'enfonça un peu plus dans sa couche tout en serrant dans sa paume le pendentif de son collier.

- Comprends-tu ce que je dis ? Non, bien sûr. Ta blondeur et la pâleur de ta peau me font penser que tu es européen mais tu es trop jeune pour avoir fait le voyage ainsi.

Il essaya en anglais, en portugais ou en néerlandais sans succès. Il répéta sa question en japonais. Toujours aucune réponse. Il se gratta la tête d'incompréhension.

- Qui es-tu ? Que fais-tu à ton âge sur les routes désertiques de ce pays ? Pourquoi te poursuivait-on ? Et quels étranges vêtements. Je n'en ai encore jamais vu tailler de la sorte…

En effet, l'enfant portait une chemise fermée par des boutons jusqu'au col rond, une petite veste aux manches courtes la recouvrait. Son pantalon était étroit, effiloché à la base. Il avait perdu ses chaussures. Ses pieds recouverts de chaussettes devenues marron par la poussière et trouées aux orteils et au talon, étaient ensanglantés. Harlock pointa son doigt dessus.

- Tu dois avoir mal. Tu es blessé comme moi ici, lui dit-il en japonais et en lui montrant la balafre. Il se leva, récupéra un récipient, alla à la rivière pour le remplir, prit un linge propre et retourna auprès du petit. Il lui tendit une galette de riz.
- Je vais te nettoyer tes blessures au pied. Mange pendant ce temps.

L'enfant porta la main à sa bouche, le pouce pointé vers ses lèvres, le poing fermé, mimant la déglutition. Intrigué par cette première communication, l'européen le regarda étonné.

- Bien sûr, tu as soif, n'est-ce pas ?

Il dégrafa de son pantalon la gourde en peau de boeuf, la déboucha et la lui tendit. Le garçon s'en empara précipitamment et la porta en bouche. L'eau dégoulina sur son menton. Pendant ce temps, Harlock approcha sa main vers ses pieds et commença à retirer le tissu qui les recouvrait tout en gardant un oeil sur son nouveau protégé pour guetter ses réactions. Dès qu'il toucha sa peau, l'enfant se raidit. Il lâcha la gourde qui roula sur le sol et serra à nouveau des deux mains son pendentif. Les yeux agrandis par la frayeur, il luttait pour ne pas retirer sa jambe et s'enfuir.

Harlock lui parla doucement puis se mit à fredonner une berceuse que sa soeur Marina chantait pour endormir leur petit frère. Il reprit son activité sur les pieds, nettoya les blessures, les massa un peu avant de les envelopper d'un tissu propre qu'il avait puisait dans ses vêtements.

Entre temps, les hommes avaient fini d'enterrer les deux cadavres et revenaient au camp. L'enfant eut un nouveau sursaut de terreur. Harlock maintint sa poigne sur la jambe.

- Ne t'inquiète pas. Ces hommes sont avec moi. Ils te protégeront, le rassura-t-il.
- Chef, nous ne pouvons pas nous attarder.
- Oui, vous avez raison. Kin, peux-tu remplir à nouveau ma gourde ? Je vais porter le petit sur mon dos, vous devrez vous partager le paquetage.
- Ne vous inquiétez pas, nous avons déjà réparti les charges. Qu'allez-vous faire du petit ?
- Je vais l'emmener dans un village pour le soigner.
- Est-ce prudent ?
- Qu'en penses-tu, toi ? questionna Harlock
- Au dernier village, j'ai entendu qu'il y avait un bonhomme excentrique qui vivait en ermite derrière cette montage, intervint Yuki. Il serait guérisseur. En tout cas, il est appelé pour soigner certains maux que même les médecins les plus réputés n'arrivent pas à guérir.
- Tu crois que nous pouvons le joindre ?
- Ce sera plus sûr que d'aller dans un village d'où venaient peut-être ces samourais.
- Bien allons-y.

Harlock regarda l'enfant. Il lui expliqua tout en le lui montrant qu'il allait le porter sur le dos.

- J'aimerais bien connaître ton prénom. Tu ne sais vraiment pas parler ?

Le garçon ouvrit la bouche, laissant échapper un son. Il déglutit et essaya à nouveau.

- Arutuse.
- Arutuse ? répéta Harlock.

Le petit secoua la tête.

- Artuse.
- Artus ?

Il hocha la tête puis tendit sa main qui tenait le pendentif.

- Père...
- Tu veux dire que ce bijou est un emblème de ta famille ?

A nouveau, il reçut un acquiescement.

- Kin, Yuki, Hitori, avez-vous déjà vu ce symbole ?

Les trois hommes secouèrent la tête.

- Non. Cette étoile est fabriquée d'une étrange matière. Je ne l'ai jamais vu ici.

Harlock examina plus près l'objet.

- Moi non plus. Qu'est-ce que cela peut-être ?

Artus referma ses doigts sur le bijou et le remit sous sa chemise. Il baissa la tête, découragé. Il sentit une main se poser sur ses cheveux.

- Viens. Nous devons quitter cet endroit. Nous nous sommes trop attardés.

Harlock s'agenouilla, lui désignant son dos. Il sentit les petits bras entourés son cou et les jambes sa taille. Il déploya sa cape qu'il mit par-dessus pour le recouvrir puis passa ses bras sous les genoux de l'enfant pour le maintenir.

- Allez, en route.
Revenir en haut Aller en bas
Http://fictionsdeflo.wordpress.com
anterak 08

avatar

Messages : 11745
Date d'inscription : 16/05/2009
Age : 51

MessageSujet: Re: Chassé-croisé intemporel - en cours   Jeu 16 Oct 2014 - 10:27

merci Homnorak cheers
Revenir en haut Aller en bas
Oscar1965

avatar

Messages : 6271
Date d'inscription : 20/01/2014
Age : 52
Localisation : Planète Bleue

MessageSujet: Re: Chassé-croisé intemporel - en cours   Jeu 16 Oct 2014 - 12:57

Artus au Japon! Cela promet! Et ce soigneur excentrique, ce ne serait pas Alphgar par hasard?

Homnorak a écrit:
Lors d'une escale à Dunkerque, il apprit l'assassinat de sa famille par des bandits. Il ne vit plus aucune raison de garder un pied à terre sur ce sol qui ne l'avait pas vu naître.

Pauvre Harlock... pale pale pale

Merci pour ce nouveau chapitre Homnorak!
Revenir en haut Aller en bas
Carabibi

avatar

Messages : 2762
Date d'inscription : 27/11/2013
Age : 49
Localisation : Bruxelles

MessageSujet: Re: Chassé-croisé intemporel - en cours   Jeu 16 Oct 2014 - 13:32

merci, pour ce chapitre, Homnorak !
Revenir en haut Aller en bas
http://captaincara.deviantart.com/gallery/
homnorak

avatar

Messages : 3349
Date d'inscription : 30/08/2013
Age : 43
Localisation : Belgique

MessageSujet: Re: Chassé-croisé intemporel - en cours   Jeu 16 Oct 2014 - 13:51

Oscar1965 a écrit:
Artus au Japon! Cela promet! Et ce soigneur excentrique, ce ne serait pas Alphgar par hasard?

Cela aurait été trop compliqué de faire un voyage dans le temps dans un autre pays...

et non pour Alphgar. J'ai quelqu'un d'autre en tête (lié à l'histoire d'Harlock le descendant, devinez Wink )

Le prochain chapitre commencera à faire le lien entre les deux époques. Il est presque terminé.
Revenir en haut Aller en bas
Http://fictionsdeflo.wordpress.com
hikaru

avatar

Messages : 5356
Date d'inscription : 31/12/2012
Age : 45
Localisation : ESSONNE

MessageSujet: Re: Chassé-croisé intemporel - en cours   Jeu 16 Oct 2014 - 16:19

Oh, mais qu'est-ce que Artus fait là tout seul ? Et pourquoi ces hommes le poursuivaient-il ? Où est Actarus ? confused

Merci Homnorak pour ce nouveau chapitre, même s'il en découle plus de questions, que de réponses. cheers

Alors, vivement la suite.  bounce
Revenir en haut Aller en bas
Gurendaizä

avatar

Messages : 10565
Date d'inscription : 29/10/2011
Age : 51
Localisation : A bord de Goldorak

MessageSujet: Re: Chassé-croisé intemporel - en cours   Jeu 16 Oct 2014 - 19:47

Magnifiques chapitres ! (eh oui j'avais pris un peu de retard !)

Merci homnorak ! cheers cheers cheers

_________________
Goldorak, Go !     グレンダイザー    Gurendaizä go ! 
Revenir en haut Aller en bas
venusia45

avatar

Messages : 4462
Date d'inscription : 02/02/2014
Age : 46
Localisation : dans ma soucoupe

MessageSujet: Re: Chassé-croisé intemporel - en cours   Jeu 16 Oct 2014 - 21:56

merci Homnorak ! Le mystère s'épaissit mais c'est très bien comme ça Laughing

:/ Le récit des soins du petit : pauvre gamin !
Revenir en haut Aller en bas
homnorak

avatar

Messages : 3349
Date d'inscription : 30/08/2013
Age : 43
Localisation : Belgique

MessageSujet: Re: Chassé-croisé intemporel - en cours   Lun 10 Nov 2014 - 12:41

Voici enfin la suite.

Le début de l'histoire se passe au printemps 1981.

Chapitre 7

Euphor - Automne 1979, année terrienne.
La grotte n'était plus qu'à quelques mètres devant eux. L'ascension durait depuis 3 heures et la fatigue, ajouté à l'atmosphère étouffante des résidus de lasernium se faisaient ressentir à force de grimper sur les chemins rocailleux ou accrocher à la paroi à s'en écorcher les doigts et les genoux. Ils étaient cinq : trois hommes et deux femmes, explorateurs scientifiques pour l'Institut Géologique et Archéologique euphorien. Ils étudiaient les sols et leur modification suite aux bouleversements climatiques qu'Euphor avait subis. La montagne se situait à seulement 100 km de la Capitale qui avait reçu le plus de bombardement au lasernium. Les cinq scientifiques arrivaient à l'entrée de la caverne lorsqu'une secousse leur fit perdre l'équilibre. Le dernier de la file, attaché aux autres par une corde autour de la taille, perdit pied sur la paroi et lâcha sa prise. Il pendait en équilibre maintenu uniquement par la taille. La femme au-dessus de lui, serra plus fort ses doigts contre la roche pour garder sa position. Heureusement, les autres étaient déjà arrivés et purent l'aider à terminer sa montée sur le rebord étroit. Le dernier scientifique réussit à s'agripper sur une proéminence et cherchait un appui pour ses pieds. Un autre tremblement commença à fissurer la roche et de petits cailloux se détachèrent et dégringolèrent, frappant le dos de l'alpiniste qui tentait tant bien que mal de se protéger la tête, en la baissant vers son torse. Les autres le tirèrent et enfin, il réussit à poser pied à son tour. Pendant ce temps, le responsable du groupe, presque indifférent à la scène qui se déroulait près de lui, s'était approché de l'ouverture de la caverne et scrutait l'ombre d'où semblait venir l'étrange phénomène du tremblement. Un grondement et un souffle chaud en sortaient, rendant l'atmosphère encore plus lourde. Il sortit une lampe de poche et la dirigea vers le fond. Le couloir était étroit et il ne put examiner le fond à vue d'œil. Il prévint ses compagnons et commença à pénétrer la grotte. Les autres, après avoir bu une gorgée et mangé une barre protéinée, rangèrent le matériel de montée, empoignèrent à leur tour leur torche et le suivirent.

- Vairan, tout va bien devant ? cria Cosina Portal, une femme de 35 ans, aux cheveux violets relevés sur le haut de sa nuque.
- Oui, répondit leur chef, sa voix éloignée indiquait qu'il avait pris une belle distance. C'est assez étroit mais je sens un peu d'air chaud. Il doit y avoir une ouverture.
- Il faudrait peut-être nous attendre.
- Je vous attends dès que j'arrive à la source de cet air.

Soudain, un grondement se fit à nouveau entendre et des stalactites s'ébranlèrent.

- Attention !

Les quatre membres de l'équipe se protégèrent de leur bras.
- Vairan ! Ça donne quoi devant ?

Le responsable ne répondit pas.

- Chef ! Vairan ! Vous nous entendez ?

Le silence fut la seule réponse. Ils reprirent le chemin avec plus d'empressement, inquiets de la situation de leur chef.
***
Vairan secoua la tête pour retirer les miettes de poussières de ses cheveux et reprendre ses esprits. L'air était suffocant et nauséabond. Il grimaça et pinça l'arête du nez tout en se mettant à genoux pour tâtonner le sol à la recherche de sa lampe. Il grogna en sentant le verre protecteur et l'ampoule en mille morceaux. Il ne voyait rien et n'entendait aucun bruit. 

- Il y a quelqu'un ? cria-t-il.

Seul l'écho de sa voix lui répondit.

- Me voilà dans de beaux draps, marmonna-t-il. Que vais-je faire ?

Soudain, un élancement frappa son crâne et amena une douleur insoutenable. Il se prit la tête entre ses mains avant de perdre connaissance.
***
- Vairan ! Vairan ! Ecoute-moi !

Le garçon, âgé de 12 ans à peine, s'éveilla, les yeux encore vitreux par la drogue injectée.

- Où suis-je ? Que s'est-il passé ?
- Je répondrai à tes questions, ne t'inquiète pas, lui répondit la voix par les haut-parleurs.

L'enfant voulut s'assoir mais il se rendit compte en tirant sur ses mains qu'elles étaient attachées de même que son corps était lié à une table surlaquelle des anneaux en fer retenaient ses poignets et ses chevilles. Un casque posé sur sa tête était relié à des machines par des fils. 

- Qu'est-ce que je fais ici ? Libérez-moi !
- Vairan ! Ecoute-moi ! Nous t'avons attaché pour te protéger. Tu t'agitais énormément à te faire mal.

Une lumière éblouit brutalement la pièce. Vairan se retrouva aveuglé tandis que des ondes de chocs traversèrent son corps  pendant que la voix continuait à parler.

-  Euphor est détruite. Ton cousin, le prince héritier Duke Fleed, s'est enfui à bord d'une machine qu'il nous a volée en laissant derrière lui une population à demi-mourante. Tu es maintenant l'héritier du trône et nous devons te protéger de ce traitre.
- Qui êtes-vous ? répéta le garçon.
- Des personnes qui te veulent du bien. Tu resteras ici en convalescence. Tu continueras ton éducation pour reprendre le flambeau du Roi d'Euphor. Tu devras cependant rester discret pour éviter que les alliés de Duke te récupèrent et fassent de toi le larbin de ton cousin. Quand il sera l'heure, tu le sauras.
- Je ne comprends pas ce que vous dites.
- Ça viendra, ça viendra. Chaque jour, tu recevras un traitement pour retirer le lasernium que tu as respiré en te sauvant. Tu te sentiras mieux après. Maintenant, dors. Repose-toi.

Les yeux du garçon se refermèrent.
***
Un grondement le sortit de sa léthargie. Où était-il ? Quel était ce bruit ? Deux petites lumières jaunes apparurent devant lui. Un raclement se répercuta sur le sol. Il sursauta et rampa jusqu'à la paroi aussi loin de l'endroit d'où venait le bruit. Il chercha dans son sac toujours accroché à son dos des allumettes. Il en craqua une qu'il leva au-dessus de lui. La vision qu'il eut lui fit lâcher le petit bâtonnet. 

- Qu'est-ce que c'est ? 

A nouveau, une douleur l'assaillit. Il lutta cette fois désespérément pour rester conscient. Il craque une deuxième allumette. Ses yeux ne l'avaient pas trompé. Devant lui se dressait un animal mythique aussi grand que la grotte dans laquelle il était tombé.

- Qu'est-ce que c'est ? Un dragon ? Comment est-ce possible ?

Il utilisa la moitié de sa boite pour examiner le lieu dans lequel il était tombé, surveillant attentivement l'animal qui ne semblait pas être agressif. Il avait fermé les yeux et ne faisait plus de bruit avec ses pattes. La caverne était recouverte d'un enduit lisse. Vairan découvrit un interrupteur électrique près d'un espace ouvert en face de lui. Il se redressa, marcha jusque-là sans quitter du regard le dragon. Il y avait peu de chance que la lumière fuse en touchant le petit boitier rond mais il devait essayer, pour endiguer la panique qu'il sentait l'envahir. Il trébucha, se cogna contre des obstacles qu'il ne put identifier au toucher en dehors de la sensation du métal froid. Lorsqu'il toucha le commutateur, une étincelle bleue jaillit puis les lumières l'éblouirent et l'obligèrent à porter un bras sur ses yeux. Choqué par ce qu'il voyait, bouche bée, il s'appuya contre le mur.

- Incroyable !

Devant lui se dressait un laboratoire scientifique, des consoles informatiques, des machines mécaniques, des pièces métalliques de toutes formes. Et plus surprenant, le dragon n'était pas de chair mais en acier brillant d'un rouge carmin aussi sombre que le sang.

- Ça alors... Qu'est-ce que cet endroit ? 

Il s'approcha vers une table, celle contre laquelle il avait perdu l'équilibre pour découvrir plusieurs écrans, des claviers, des manettes. Il appuya sur le bouton de démarrage, reconnaissable par le symbole universel. Aussitôt, l'ordinateur principal se mit en marche activant les autres appareils. La douleur qui s'était légèrement atténuée redoubla d'intensité. Vairan s'accroupit, les mains sur la tête dans une tentative pour la stopper. 

- Vairan, voici le moment de ta mission.

Il se tendit au son de cette voix. Il la reconnaissait. Chaque nuit, elle envahissait ses rêves ou plutôt ses cauchemars. Le matin, il n'en avait aucun souvenir en dehors de la fatigue qui l'accablait. Mais là, il ne pouvait pas se tromper. C'était bien celle de ses nuits.

- Nous t'avons préparé ce lieu avec soin pour que tu puisses l'utiliser dès que tu seras prêt. Or te voilà. Notre persévérance et notre espoir sont en toi. Nous t'avons préparé à ce rôle. Deviens le nouveau roi d'Euphor, reprend le pouvoir à l'usurpateur et dirige l'univers. 

Il serra les poings, luttant autant contre la souffrance que contre la force qui l'englobait par ces paroles. Elles avaient un goût de déjà-vu. Le pendentif autour de son cou se mit à briller. Une chaleur intense l'envahit. Ses muscles se contractèrent, sa peau craquela. Avant qu'il ne comprenne ce qui lui arrivait, il s'évanouit.

A son réveil, il se sentit plus lourd. La masse de son corps l'empêchait de se redresser. Il souleva une main vers ses yeux. Il poussa un cri à sa vue. Des doigts longs et osseux de couleur boue remplaçaient ses doigts si fins qui faisaient le bonheur des gens lors des concertos pour pianos auxquels il participait. Son autre main avait la même apparence. Ses vêtements déchirés laissaient apparaître son torse et son ventre de la même couleur que la main, d'une musculature à faire frémir les plus grands athlètes du bodybuilding. Il réussit à s'assoir. Ses jambes massives se terminaient par des pieds aussi larges que les sabots d'un pachyderme. Il s'appuya des deux mains sur la table pour se hisser, un mètre plus haut que sa taille habituelle. Que lui arrivait-il ? Pourquoi cette malédiction ? Qu'avait-il fait ? Lorsqu'il fut habitué à son nouvel équilibre, il regarda les écrans allumés. Devant lui, il vit des plans d'une machine étonnante. Il s'installa sur le fauteuil pour mieux les étudier mais son nouveau poids fit basculer l'assise qui se fracassa. Il sortit des décombres en jurant et resta debout en faisant défiler les schémas. Il ne savait pas à quoi servait cet engin. Aucune explication n'était donnée. Il se leva et s'approcha du dragon métallique. Il ressemblait étrangement aux monstres que Vega envoyait sur les planètes pour les conquérir. L'animal bougea et ouvrit un oeil. Prudent, Vairan s'arrêta mais le dragon avança doucement la tête pour le renifler puis la reposa sur le sol. 

- Qui es-tu ? Que fais-tu là ?

L'animal poussa un soupir, de la fumée noire sortit de son naseau. Vairan tendit une main vers lui. La peau n'était pas si froide qu'il le pensait, elle avait même une texture proche de la peau humaine. La technologie de pointe qui avait été utilisée était à un niveau qu'il n'avait encore jamais vu.
Soudain, il entendit un bruit venant du trou par lequel il était tombé. Il chercha une arme pour se défendre. Il avait oublié ses compagnons mais s'ils le voyaient dans sa nouvelle apparence, ils seraient effrayés et risqueraient de s'enfuir. Or, il ne voulait pas que cette découverte soit dévoilée. Il devait trouver un moyen de les mettre sous sa coupe. 

- Eh dragon ! interpella-t-il ainsi le monstre. Réveille-toi et aide-moi.

Contre toute attente, le dragon se redressa sur ses pattes. Sa taille arrivait presque à la hauteur du plafond. Sa queue remua légèrement. Ses yeux brillèrent d'une lueur jaune. Vairan trouva dans une armoire un arsenal d'armes dont il se souvenait en avoir vu lors de la conquête d'Euphor dans les mains des soldats verts de Vega. Il s'interrogea sur cette coïncidence. Se pourrait-il que cette caverne soit un des laboratoires de construction des Forces de Vega ? Cela voulait-il dire que le dragon était un des derniers monstrogoths créés par le Général Dantus, le génie scientifique, ministre de la défense, mort vaillamment dans un combat contre Goldorak sur Terre ? Il se rappela de l'annonce de son martyr par son professeur de stratégie guerrière, un géant à la peau rouge et aux oreilles pointues, aux mains épaisses qui pouvaient étrangler un veau à main nue. Vairan frissonna à ce souvenir. Cet être lui avait fait toujours peur. Il porta une main à sa bouche, réalisant que cette image venait de remonter subitement à sa conscience. Il s'affala sur le sol, contre l'armoire des armes, ses poings se fermèrent sur ses yeux comme pour enfoncer au loin cette idée.

- Non, non... Ce n'est pas possible ! C'est mon imagination ! Je n'ai jamais été au service de Vega. Non... C'est un cauchemar d'enfant.

La douleur assaillit à nouveau son corps. Il se roula en boule, se balançant d'avant en arrière, gémissant à la souffrance de ses os. Lorsque tout redevint calme, il respira profondément. Sa main posée au sol devant lui avait à nouveau l'apparence humaine. Il poussa un soupir de soulagement. Ceci n'avait été qu'un cauchemar. 

- Chef, chef, tout va bien ?

Beata Valqus, la deuxième femme du groupe, s'accroupit devant lui, inquiète en tendant une main pour toucher son front. Il recula à la sensibilité de ce dernier. Il se mit à genoux et se redressa. Devant lui, l'autre scientifique, Emilio Barta, examinait les ordinateurs. 

- Incroyable ! Regardez ça ! Un laboratoire secret !

N'obtenant aucune réponse, il se tourna vers ses coéquipiers qui étaient figés de terreur, les yeux fixés sur un point derrière lui. 

- Oh Fleedius ! Qu'est-ce que c'est que ça ?

Il fit un pas vers le monstre métallique mais stoppa dès que l'animal avança la tête.

- Chef ? Vairan ? C'est quoi ça ?
- Ça, répondit Vairan en insistant sur le premier mot, ça doit être un héritage du génie scientifique de l'empire de Vega.
- Génie ? répéta Bartas.
- Oui, malgré les atrocités qu'ils ont commises, nous ne pouvons pas nier que leurs créations étaient géniales ! Bien sûr jamais égalé par les autres nations en dehors de Goldorak.

Pendant qu'il parlait, il se rapprocha du dragon et tendit la main vers lui pour sentir le museau sur sa paume. Ses yeux brillaient de fièvre. Il se retourna vers son équipe.

- Mais laissons cela pour l'instant. Sur les écrans, il y a des plans. Voyez si nous pouvons les récupérer d'une manière ou d'une autre afin de les étudier plus profondément. Sinon, nous resterons ici quelques temps pour les analyser.
- Bien Chef. Mais, euh, vous êtes sûr que l'animal ne va rien nous faire ?
- Si je reste près de lui, je ne pense pas.

Il n'argumenta pas sa réponse, laissant les autres dans le flou de cette dernière phrase.
Revenir en haut Aller en bas
Http://fictionsdeflo.wordpress.com
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Chassé-croisé intemporel - en cours   

Revenir en haut Aller en bas
 
Chassé-croisé intemporel - en cours
Revenir en haut 
Page 3 sur 13Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4 ... 11, 12, 13  Suivant
 Sujets similaires
-
» Chassé croisé
» Thème de Novembre 2014 "Chassé-croisé" (fin le 23/11)
» CHASSE CROISE A NOTTING HILL de Jane Sigaloff
» Croisé . Sarazin ( En cours ) au 1.72
» Chassé croisé ... & Où est le point d'accroche ? ...

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Goldorak ... by Invincible ! :: Invincible : Espace Créatif ! :: Fan-Fictions-
Sauter vers: