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 "Mon destin", court récit (terminé)

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vilak

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MessageSujet: "Mon destin", court récit (terminé)   "Mon destin", court récit (terminé) Icon_minitimeMar 21 Juil 2015 - 0:35

Voici une nouvelle fan fiction que j'ai écrit cet après midi (au travail...).
Je vais surement faire de nombreuses modifications car je n'ai pas encore vérifié si cela collait au niveau des écart de temps avec mes autres récits.


Je suis né dans une ferme il y a plus de cinquante ans.

Mon père élevait quelques vaches sur ses terres.

Quand la crise du lait d’après guerre l’a mis sur la paille, il a pensé au suicide.

Le monde rural est un milieu dur mais où la solidarité n’est pas un vain mot. On ne compte pas sa peine pour aider un ami dans la panade.
Notre plus proche voisin, Kenshiro Procyon, un gros éleveur, nous a racheté nos terres un très bon prix et nous en a laissé l’usage.

Kenshiro, outre d’être le meilleur des hommes, était riche, vraiment très riche, et n’avait pas besoin de travailler, possédant de nombreux biens immobiliers dans la grande ville voisine. Mais son amour de la terre et des bêtes le faisait se lever néanmoins aux aurores.

Mon père a toujours eu une immense gratitude pour Kenshiro, c’est grâce à lui qu’il a toujours pu vivre et finalement s’éteindre l’année dernière, à 94 ans, dans la maison où, près d’un siècle auparavant, il avait vu le jour.

J’ai donc grandi entouré de vaches et de chevaux et mon amour des bêtes ne s’est jamais démenti, je n’ai d’ailleurs jamais pensé à faire autre chose de ma vie que de devenir éleveur.

Mes premières années, ma seule compagne de jeu était la petite Hara Harano, une furie de mon âge qui me dépassait d’une tête.

A mon entrée à l’école, je réalisais que ce n’était pas Hara qui était grande, mais moi qui était petit.
J’ai entendu quelques paroles désobligeantes et subi quelques moqueries mais avec deux ou trois paires de gifles bien étalées, j’ai su mettre un terme à tout cela. Tous mes camarades étaient fils d’agriculteurs.

Je ne devais pas avoir dix ans lorsque Kenshiro devint enfin père. Le petit garçon, Genzo, égaya nos soirées, nos deux maisons n’ayant pas cent mètres de distance. Il était étonnement mature et intelligent pour son âge et je me disais dans ma barbe « Il est trop malin pour faire ce métier, il partira à la ville où il vieillira vite... ». J’adorais ce petit bout de chou. Il est encore aujourd’hui mon meilleur ami.

Il a pleuré lorsqu’à 25 ans, je suis parti me former aux Etats-Unis sur les conseils, les injonctions presque, de mon père. Ce pays m’a émerveillé, j’y suis resté de nombreuses années.
L’occupation américaine d’après guerre nous avait tous un peu obligé à connaître l’anglais et j’avais un très bon niveau, mon adaptation fut donc relativement facile.

Bien sur, je connu le racisme, surtout le ressentiment envers les Japonais qui avait lâchement attaqué Pearl Harbour.
Mais c’était quand même nos femmes et nos enfants qui s’étaient pris deux bombes atomiques sur la gueule...

Engagé comme palefrenier dans un ranch au Texas, j’ai appris de nombreux rudiments de médecine vétérinaire. Grâce à ma connaissance des bêtes et quelques ancestrales techniques japonaises, j’ai pu en sauver certaines que l’on disait absolument perdues. Je suis devenu en quelque temps une espèce de sorcier qui avait un pouvoir magique, pouvoir que j’ai commencé à faire payer au prix fort. Et je me suis enrichis...

Mais, même si j’y retournais deux fois par an, le Japon, ou plutôt y vivre, me manquait. Sa simplicité, sa propreté, son sens de l’honneur, ses paysages surtout. Mais je gagnais trop d’argent dans ce far-west pour abandonner maintenant. Allez, encore 100 millions de plus (je parle en Yen !) et je rentre.

Finalement, après cinq Nöel à plus ou moins arnaquer les gens tout en sauvant de précieuses vies animales, j’avais enfin gagné la somme que j’estimais suffisante pour un retour triomphant au pays. Je dis donc au revoir à ce nouveau monde et partis prendre l’avion à Houston pour rentrer chez moi.

Devenu friand de Whisky, j’entrais dans une boutique acheter quelques fioles d’un élixir qu’on ne trouve nul part ailleurs. Et je tombais sur la plus belle femme de l’univers.

Cynthia venait d’entrer dans ma vie. Elle était non seulement merveilleusement belle, elle était également merveilleusement triste... Devenue Miss Texas à 20 ans, elle était allée de déception en déception. Elle avait eu son lot de promesses de rôles au cinéma qui se terminaient à chaque fois dans un lit avec un vieux bedonnant bavant de désir. Lassée de ce monde de requins, elle avait tout plaqué et avait retrouvé les plaisir simples du quartier calme où ses parents tenaient un drugstore très réputé.
Son père avait été un GI et fait la guerre du pacifique. C’est là, dans un camp de réfugié pour coréens, qu’il avait rencontré In Sook et qu’il l’avait ramenée aux USA pour en faire sa femme.

Cynthia m’a retourné le cœur et j’ai bien sur tout oublié sur le choc, ratant mon avion.

Je ne pensais qu’à elle, j’ai donc pris une chambre au motel d’en face, cherchant le moyen de l’aborder, de la côtoyer puis, finalement, de la conquérir.

Car je n’était pas seul sur la ligne de départ, mon aimée était courtisée par de très beaux jeunes hommes, grands et forts. Elle était belle, elle était, grâce au magasin de ses parents, un très beau parti et, ah indécrottables prétentieux, elle avait été miss Texas !

Mais moi j’étais riche, très riche et je me foutais qu’elle soit Miss Texas, Miss mes fesses ou Miss clocharde. Je l’aimais. J’estimais donc pouvoir tourner la situation à mon avantage.

Je rachetais le bar voisin, un sublime établissement, montrant ainsi mon aisance financière. Gràce à mes pitreries, mon sens de l’humour et mes prouesses avec un lasso lors des nombreuses soirées spéciales, je devins une attraction dans la ville et le bar ne désemplissait pas du tour de cadran que je passais quotidiennement derrière le comptoir. Encore une fois, je gagnais donc beaucoup d’argent et ce succès profitait aux commerces voisins. J’étais donc très apprécié dans le quartier.

Je me rendais souvent au drugstore, prétextant tel produit qui me manquait pour servir mes clients. J’invitais aussi la famille complète à chaque soirée spéciale du week-end, leur offrant la meilleure table et m’asseyant à chaque fois sur l’addition, justifiant cette largesse par les services qu’ils me rendaient. Evidemment, comme Cynthia venait à ces soirées, il y en avait très souvent et je les organisais dans le but qu’elle s’amuse elle. Parfois, quand un cow-boy un peu plus courageux que les autres l’invitait à danser, je sentais poindre en moi les affres de la jalousie et mon visage devenait rouge pivoine, ce qui amusait beaucoup le paternel qui me regardait discrètement un sourire complice aux lèvres.

C’est ainsi que petit à petit nos rapports de commerçant devenaient une amitié sincère.

Mes origines Japonaises ne dérangeaient pas trop sa famille, sa mère savait faire la part des choses. Je n’avais rien de commun avec les bourreaux qui ont martyrisé son peuple. De plus, elle se languissait de voir sa fille enfin retrouver le sourire car ses rêves de gloire ne s’étaient pas encore tout à fait éteints. Ils n’étaient pas dupes, ils se doutaient bien que j’avais des vues sur Cynthia mais mon respect et ma correction tranchait avec la relative vulgarité des autres prétendants. Et j’étais bien établi, j’avais de l’argent, ce qui ne gâche rien!

Le père m’avait déjà glissé, sur le ton de la plaisanterie, deux ou trois allusions que je pris comme un encouragement. Bref, je sentais que les parents étaient dans ma poche, il ne me restait plus qu’à escalader la montagne..

J’avais très rarement l’occasion de me retrouver seul avec elle. En général c’était dans la boutique lorsque j’allais lui acheter quelque chose. Nous discutions de tout et de rien, je tâtais timidement le terrain. Pour la première fois de ma vie, j’étais complexé par mon apparence mais j’avais d’autres arguments.
Mais je n’avançais pas, elle ne se livrait pas.

Rêver joue et nuit de quelqu’un que l’on aime, que l’on côtoie quotidiennement et avec qui on pense n’avoir que très peu de chance est déprimant et mes espoirs s’amenuisaient puisque mon courage de parler faisait défaut.

Mais non, je n’y arrivais pas.

Cela dura un an...

Tout se décida lors d’un barbecue au début du printemps chez l’oncle de Cynthia auquel je fus invité un dimanche.

Après le repas, son père l’encouragea à me montrer le petit ruisseau derrière la colline. Nous marchâmes donc pendant quelques hectomètres, parlant de tout et de rien, et nous retrouvâmes devant un spectacle enchanteur. Malgré la différence topographique, ce paradis me rappela mon Japon natal. Alors me cœur se dilata, mon amour pour elle me submergea et je parlais enfin :
Je lui dis que mon pays me manquait et que j’y serai retourné probablement depuis longtemps, car j’avais « fait mes sous », si les sentiments que j’avais pour elle ne me retenaient pas ici.

« Je le savais mais pourquoi avoir attendu aussi longtemps pour me le dire ? » me répondit-elle.

Alors je lui parlais de cet espoir de la conquérir qui s’amenuisait de jour en jour et qui me tordait le cœur.
Elle me dit que j’étais un homme bon et que, même si elle se méfiait encore, elle pensait que j’étais l’un des plus honnêtes et droit qu’elle ai jamais rencontré et que, peut-être, son bonheur était au près de moi.

Nous avons fait l’amour dans l’herbe. J’en garde un souvenir merveilleux et tendre alors que la réalité fut sans doute plus bestiale.

Nous nous sommes fiancés le mois suivant et avons convolé avant la fin des beaux jours.

Pendant ce temps là, mon père devenait vieux et attendait mon retour pour reprendre la ferme familiale.

Nous en avons longuement discuté avec Cynthia et ses parents. Finalement, je leur laissais le bar et emmenais mon épouse de l’autre coté du Pacifique ou nous débutâmes une vie paisible, saine et heureuse.

Grâce à l’argent amassé au Texas, j’ai pu racheter les terres de mon père à son ami afin qu’il puisse vivre ses dernières années « chez lui ». Comme il en restait encore pas mal dans ma besace, j’ai acquis les terrains de derrière jusqu’au-delà du barrage. Finalement, lorsque Kenshiro a passé la main à son fils, avec Genzo on a tout mis en commun, laissant toutefois l’entière propriété de chacune des maisons à nos pères qui devinrent des retraités de carnaval, joyeux et pétant la forme, empiétant constamment sur nos plates-bandes. Notre propriété commune faisait 5 kilomètres carrés, ce qui faisait de nous parmi les plus grand propriétaires foncier de ce tout petit pays. Etant plus intéressé par la science, Genzo me laissa tout gérer comme bon me semblait.

Nous êumes une fille, Vénusia, et un fils, Mizar, et nous nous croyions heureux jusqu’à la fin des temps.

Puis vint la Leucémie...

Elle emporta Cynthia en trois mois. L’amour pour mes enfants me permit de me relever, mais j’en demeurais néanmoins brisé.

J’ai refusé de me remarier, Cynthia n’est pas remplaçable et j’ai donc élevé mes enfants seuls.

Genzo fut d’un soutien sans borne. Astronome accompli, une histoire dont il n’a jamais voulu me parler l’avait mis aux bancs de sa confrérie et il projetait, avec sa fortune, de construire un centre de recherche spatiale privé dans ce coin où lui aussi il avait ses racines.
Je ne lui fut pas d’une grande aide mais je l’assistais du mieux que je pu dans la construction d’une petit merveille technologique sur le barrage.

Et je découvris avec passion l’astronomie...

Ah les étoiles, les planètes. Il devait y avoir de la vie sur ces mondes lointains.

Il fallait prendre contact avec leurs habitants. J’avais du très bon Whisky et je savais recevoir.

J’en fis une fixation, j’avais désormais un but dans la vie !

Lorsque Genzo me demanda d’engager son fils Actarus dans la ferme qui était devenu un vrai ranch texan, je me délestais sur lui des tâches de tous les jours, tâches qu’il exécutait à la perfection, et pu fonder un comité d’accueil des hommes de l’espace dont je m’occupais à plein temps et tenter d’établir contact avec ceux qui traversaient sans doute notre ciel.

Mais ce comité n’a pas beaucoup de succès et les autres membres, c’est à dire ceux que j’avais inscrit malgré eux, ne viennent pas aux réunions. C’est fort dommage, j’espère que les extraterrestres ne se vexeront pas lorsqu’ils viendront nous rendre visite.


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Oscar1965

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MessageSujet: Re: "Mon destin", court récit (terminé)   "Mon destin", court récit (terminé) Icon_minitimeMar 21 Juil 2015 - 2:41

J'aime bien ce récit, court, franc et sans fioritures... comme Riguel. C'est loin d'être mon perso favori mais ici tu as su le rendre attachant sans que cela devienne trop "guimauve".

Petite note: je ne crois pas que les américains aient occupé le Japon après sa capitulation à la fin de la guerre.

Bravo Vilak!
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vilak

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MessageSujet: Re: "Mon destin", court récit (terminé)   "Mon destin", court récit (terminé) Icon_minitimeMar 21 Juil 2015 - 10:13

Merci.

Si l'armée américaine a occupé le Japon de 45 à 52.

Le terme "occupation" a des connotations bien sombres pour nous mais là il s'agissait de quelque chose de très différent et d'infiniment plus doux puisque c'est une démocratie qui occupait une dictature et pas le contraire comme ce le fut pour la France en 40.


Un excellent article (pour une fois), sur wikipedia :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Occupation_du_Japon
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sweetcandy37

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MessageSujet: Re: "Mon destin", court récit (terminé)   "Mon destin", court récit (terminé) Icon_minitimeMar 21 Juil 2015 - 10:33

J'aime bien Riguel, il apporte une petite note d'humour dans le DA et cette histoire est vraiment intéressante et fort crédible ! Merci, merci !!!
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vilak

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MessageSujet: Re: "Mon destin", court récit (terminé)   "Mon destin", court récit (terminé) Icon_minitimeMar 21 Juil 2015 - 10:56

Merci d'avoir apprécié.
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venusia45

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MessageSujet: Re: "Mon destin", court récit (terminé)   "Mon destin", court récit (terminé) Icon_minitimeMar 21 Juil 2015 - 12:08

Merci Vilak ! Il est bien mené, ton récit Wink Rares sont les fics qui prennent Rigel pour perso principal. C'est net, sans lyrisme débordant, j'aime bien cheers
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hikaru

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MessageSujet: Re: "Mon destin", court récit (terminé)   "Mon destin", court récit (terminé) Icon_minitimeMar 21 Juil 2015 - 14:49

Ce récit de la vie de Riguel est très réaliste et bien mené. Merci Vilak.
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juliett_009

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MessageSujet: Re: "Mon destin", court récit (terminé)   "Mon destin", court récit (terminé) Icon_minitimeMar 21 Juil 2015 - 18:58

J'aime bien les fan-fics sur d'autres personnages que les traditionels... Merci!
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MessageSujet: Re: "Mon destin", court récit (terminé)   "Mon destin", court récit (terminé) Icon_minitime

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